Année : 2018

J’ai été une mauvaise mère…

Rassurez-vous, il n’y a pas lieu d’appeler les services de la protection de l’enfance pour mon petit garçon, lequel me dit souvent que je suis la meilleure maman du monde… bon c’est vrai,  il n’en a pas testé d’autres 🙂

Non, si je vous fais cet aveu, c’est en raison de la manière dont j’ai traité mes romans depuis qu’ils ont été écrits et publiés. Je les ai négligés. Je ne leur ai pas donné toute l’attention qu’ils méritaient, loin de là. Je suis pourtant fière de chacun d’entre eux, mais voilà, une fois qu’ils ont été crées, je suis passée au suivant, puis au suivant, puis encore, au suivant. J’avais tellement d’idées qu’une histoire en a chassé une autre sans que je prenne le temps de vraiment m’occuper de la précédente.

Alors certes, le résultat est une plutôt belle production : 12 romans en 4 ans.

Pourtant, j’ai comme un arrière-goût amer. Cela m’aura pris des mois, des années, mais comme pour certaines autres choses, je réalise aujourd’hui que j’ai raté le coche. Je n’ai pas pris le temps de vous faire découvrir mes histoires comme il convenait ; comme elles le méritaient. J’ai écrit, publié quelques posts, fait un peu de publicité, mais ne suis pas allée beaucoup plus loin.

La raison ? La crainte d’en faire trop, de matraquer et finalement, d’obtenir l’effet inverse à celui désiré : saouler plutôt qu’attirer.

A tort, j’ai pensé que mes romans feraient seuls le travail. Qu’ils n’avaient besoin que d’une petite tape dans le dos et d’un mot d’encouragement. Cette petite tape finalement les a propulsés dans une espèce de trou noir sans fin.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce qu’à l’aube de la nouvelle année, je voulais vous faire part de mes projets, notamment pour ce blog.

En 2019, je tenterai de réparer ce qui peut l’être en mettant (enfin ?) à l’honneur mes romans publiés.  Je vous parlerai d’eux, vous raconterai où j’ai eu l’inspiration, et vous partagerai anecdotes et confessions.

Je prévois aussi de lire davantage de fictions et continuerai donc mes courtes chroniques “j’ai lu”.

Il y aura également des articles plus personnels et des concours pour gagner des livres dédicacés et toute sorte de cadeaux.

Enfin, j’ai le projet de parler de femmes qui sont inspirantes, essentiellement des femmes ordinaires qui d’une manière ou d’une autre, sont des héroïnes. Si je le peux – autrement dit, si j’ose, je les interviewerai. Après tout, j’écris des romans autour de cette thématique , pourquoi ne pas vous en proposer plus ? 🙂

Chemin faisant, certains autres projets viendront se greffer à ceux initiaux, mais vous l’aurez peut-être compris au travers de ces quelques lignes, je ne prévois pas d’écrire un roman l’an prochain. Attention, rien n’est définitif, d’autant qu’il me suffit de peu pour que l’envie de raconter une nouvelle histoire me démange. Cependant à l’heure où je vous écris ces quelques lignes, ce n’est pas la direction que je me vois prendre, exception faite du Nanowrimo. Je l’ai lamentablement raté cette année alors, si le physique tient la route, il y a fort à parier que je le retenterai. Pour le reste, j’envisage plutôt de me consacrer à mes bébés plutôt qu’à en faire de nouveaux.

Il est vrai que dans ma bucket list, j’avais confié que je souhaitais écrire au moins 50 romans avant de mourir. Cette aspiration n’a pas disparu, seulement avant de foncer tête baissée, il me semble important, nécessaire, pour ne pas dire vital, de faire une pause, de prendre soin de ceux qui existent déjà, puis de repartir dans de meilleures conditions.

Vous le savez si vous me suivez un peu, j’aspire à devenir une autrice à plein temps. Le concept anglo-saxon d’auteur-entrepreneur est mon idéal, l’objectif que je vise pour la reste de ma vie. J’en suis encore loin parce que je n’ai pas fait les choses correctement. C’est pourquoi, je vais tenter de redresser la barre. Cette année, j’ai donc pris plusieurs décisions qui devraient normalement m’y aider :

  • m’autodiscipliner comme jamais (du boulot en perspective)
  • arrêter de n’en faire qu’à ma tête et écouter les autres (madame je sais tout a vécu)
  • me professionnaliser en investissant dans des formations  – économiser pour pouvoir payer des formations plus avancées encore
  • apprendre à ne pas céder à la tentation (rester FOCUS et ne pas oublier que tout ce qui brille n’est pas de l’or)
  • croire en moi (pas toujours évident) et en finir avec le complexe d’infériorité

A titre plus personnel, je prévois en 2019 :

    • de prendre davantage soin de moi et de ma famille
    • d’aider au travers de l’association dont je fais désormais partie, une ou plusieurs personnes à concrétiser son projet et s’en sortir
    • de suivre plus souvent mon instinct au lieu d’écouter cette petite voix qui me retient souvent d’agir
    • de suivre ces 3 mantras :  

 “Enjoy ou profite et savoure “ : c’était celui de l’an dernier qui m’a plutôt bien réussi

“Lorsqu’il n’y a pas d’ennemi à l’intérieur, les ennemis à l’extérieur ne peuvent pas t’atteindre” : il s’agit d’un proverbe africain que j’aime beaucoup et qui me parle 

” Si tu veux le résultat, alors sois prête à faire ce qu’il faut ” 

 

En attendant de mettre tout cela en place, permettez-moi de vous souhaiter d’ores et déjà une excellente année 2019. 

Et n’oubliez pas :

Derrière chaque femme, une héroïne ♥

 

Quelques jours en Alsace avant Noël

Cette année, Monsieur et moi avons eu envie de prendre un peu de repos et de partir pour Noël. Notre destination était toute trouvée : l’Alsace. Nous avions en tête les marchés de Noël évidemment, mais aussi ces images romantiques de chalets, de neige, de feux de cheminée… c’est donc là-bas que nous sommes donc partis nous mettre au vert quelques jours. (suite…)

Mon évolution personnelle en 2018

Chaque année depuis un petit moment  – en fait, depuis 2014, j’apprends, j’évolue, j’ose et travaille sur moi pour surmonter mes démons, mes obstacles et poursuivre ma route avec une plus grande sérénité.

Tous les ans j’essaie de m’améliorer, de grandir et d’entreprendre de nouvelles choses, celles qui me font envie ou me tiennent à cœur, celles qui me correspondent.

2018 n’ a pas fait exception à la règle, au contraire, je crois que j’ai évolué dans le sens de la personne que je suis vraiment – celle que je souhaite en tous les cas devenir.

1. J’ai osé nouer une relation avec une personne sans-abri

Dans un article que j’avais posé sur ce blog “elle s’appelle Judith” je vous avais raconté comment j’étais entrée en contact avec une femme sans-abri que je croisais tous les matins alors que j’étais en pleines recherches pour Une femme en errance.

Judith n’occupe plus ce bout de trottoir depuis des mois; des gens du quartier se sont émus de son sort et l’ont prise sous leur aile.

Désormais, il y a ce monsieur qui fait la manche toute la matinée, avec sa béquille et son petit gobelet en carton. S’il ne dort pas sur un matelas comme le faisait Judith, il n’en demeure pas moins que tous les jours, je le croise.

Cette année, j’ai osé faire quelque chose d’autre que lui donner quelques pièces ou un ticket restaurant  :  à plusieurs reprises, je suis allée à la boulangerie tout en face, pour lui acheter quelque chose à manger. Vous trouverez qu’il n’y a probablement rien d’extraordinaire en ce geste et vous auriez raison. Seulement jusque-là, je n’osais pas. Comme je vous l’ai dit, je donnais argent et ticket restaurant, mais je n’aurais pas osé faire davantage : peur de l’interaction, du regard des autres aussi… Depuis des mois maintenant, je travaille sur moi pour chasser ces boulets qui m’empêchent d’être moi-même. Je ne dis pas que j’ai totalement réussi, mais en faisant des petits pas à chaque fois que j’en ai l’occasion, je suis en bonne voie.

2. J’ai posé ma candidature pour faire partie d’une association

Cela aussi, je vous en avais parlé dernièrement. L’idée me trottait dans la tête depuis un moment mais une fois de plus, je n’osais pas franchir le cap. Et vous savez pourquoi ? Parce que j’avais peur d’être acceptée. C’est vrai après tout, recevoir une réponse favorable à ma candidature veut dire nouveaux engagements, saut dans l’inconnu, dépassement des limites actuelles de ma zone de confort… cela me faisait bien plus peur que de recevoir une réponse négative. Aussi surprenant que cela puisse paraître, pour beaucoup de gens, le succès fait aussi peur que l’échec. Alors oui, j’avais peur d’être admise. J’ai hésité longuement et puis un jour, j’ai retenu ma respiration et déposé ma candidature.

Figurez-vous qu’elle a été acceptée. Je vais bientôt rejoindre le rang des bénévoles qui, sans être professeurs ou enseignants, aident les personnes incarcérées ou à mobilité réduite, dans des matières aussi différentes que les maths, l’économie, les science, l’anglais, le français…  Je me suis proposée pour un soutien en français, a priori, à destination d’un public incarcéré, dont ce ne serait pas la langue maternelle.  Le défi peut faire peur et sembler difficile mais je pense que chacun a son niveau a quelque chose à offrir, à partager.

3. J’ai appris (je continue d’apprendre) à faire mien ce concept pourtant archiconnu “nous n’avons qu’une vie”.

Je ne sais pas si vous, vous y réfléchissez quelquefois ni si cette petite phrase vous motive à tenter de nouvelles choses ou prendre des risques, mais personnellement, cette année, elle m’a été bien utile. Elle m’a permis de me libérer de pas mal de peurs et d’appréhension,, d’oser par exemple poster ma photo sur Facebook, d’entrer en contact avec des autrices pour leur poser des questions, de fermer puis rouvrir ce blog au risque de passer pour une girouette… C’est vrai, nous sommes tous ici pour un temps limité. A l’instant où nous en prenons vraiment – mais vraiment, conscience, notre regard change, en particulier sur ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire, et sur toutes ces choses, finalement peu importantes, qui jusque-là nous retenait. Au pire, on se trompe, on se ridiculise, on n’atteint pas son objectif, on n’obtient pas ce que l’on veut. Et alors ? Est-ce si grave ? Est-ce une raison pour ne pas le faire ? J’ai compris que non. Tant que cela ne porte préjudice à personne, nous pouvons faire ce qui nous tient à cœur  ; essayer est toujours mieux que regretter.

4. J’ai vécu davantage dans le présent.

Cette année, j’avais pour mantra “enjoy”. Je m’étais dit que je ferais tout mon possible pour apprécier chaque moment. Bon, cela a parfois été difficile, notamment à cause de mes migraines mais j’ai quand même essayé de dédramatiser et d’être reconnaissante, pour des grandes choses et d’autres, toutes simples, parfois évidentes ou peu importantes.

Enjoy c’est pour moi ” profite et savoure”. Cela a été un bon mantra pour 2018 et je pense qu’il sera à nouveau à l’honneur l’an prochain.

D’ailleurs, j’en choisirai 2 autres parce que j’ai trouvé que ça aidait à adopter une attitude positive notamment dans les moments où il est plus facile de se laisser aller à la démoralisation et à l’apitoiement sur soi.

***

En cette fin d’année 2018, la personne que je suis n’est plus tout à fait la même que celle que j’étais à son commencement. Elle a gagné en audace, en sérénité, en sagesse aussi, et tout le monde en a profité, aussi bien la femme, la romancière, la compagne que la maman.

J’aime la personne que je tente de devenir et j’espère pouvoir progresser encore l’an prochain dans cette direction.

Après tout, il est toujours préférable de décider de qui l’on veut être plutôt que d’évoluer sans s’en apercevoir en se laissant simplement balloter par les vents et les turbulences, non ? N’êtes-vous pas d’accord ?

J’ai lu : Toute une vie à vous aimer, de Catherine Choupin

C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve la plume fine et délicate de Catherine. Pour le troisième livre d’elle que je lis, j’ai choisi :

 

Résumé :

« Un premier amour ne s’oublie jamais, dit la chanson. Parfois même il dure toute une vie, chez ceux qui ont deux vies : celle de la réalité et celle du rêve. C’est le thème de ce livre. »

A l’automne de sa vie, Ariane reçoit la lettre d’un inconnu qui dit l’avoir aimée toute sa vie. Elle se souvient vaguement de ce camarade de collège, qui n’était guère démonstratif. Cette confession lui rappelle son premier amour, un amour pas comme les autres, pour son voisin de Montparnasse. Cet amour l’a hantée également.
L’auteur se penche sur le « vert paradis » des amours adolescentes, et tente d’en restituer la grâce avec humour et émotion.

Mon avis :

→ Sur la forme :

Catherine Choupin sait écrire et d’une très belle manière. Ce roman, comme les autres, se caractérise par une plume délicate, douce, sensible, agrémentée d’une pointe d’humour et de références culturelles. Signe que l’autrice est très douée : il reste en mémoire même après le mot fin. Elle sait nous toucher l’air de rien. A titre personnel, en tant que lectrice, c’est une chose que j’apprécie.

 → Sur le fond :

Largement autobiographique, Toute une vie à vous aimer nous fait remonter le temps, les années. Nous voici dans les années 60. Une silhouette, un regard et tout à coup, le cœur qui s’emballe. Celui de Marc, d’abord, qui tombe amoureux d’Ariane alors qu’ils ne sont que des gamins. Celui d’Ariane ensuite, qui s’entiche de ses jeunes voisins qu’elle aperçoit sur le balcon d’en face et qu’elle épie, puis tombe amoureuse de leur père, l’homme qui bouleversera son cœur et sa vie, à tout jamais.

Pendant une quarantaine d’années, nous vivons au rythme de ces battements de cœur, de ces rencontres fortuites. Nous voyageons dans le temps, dans l’espace, Brest – Paris, Paris – Brest , naviguons entre fantasme et réalité, espoirs et désillusions.

C’est pudique, tendre, bien construit et cela ne laisse pas indifférent.

Vous l’aurez je pense compris, Toute une vie à vous aimer m’a beaucoup plu. Catherine Choupin est de ces romancières que j’admire parce qu’elle a une plume et une voix, bien à elle, et qu’elle sait susciter l’émotion sans avoir besoin de sombrer dans le pathos ou le cliché.

Voilà donc une œuvre tendre que je vous recommande.

(Lien affilié – si vous achetez ce roman par ce lien, je gagnerai peut-être un centime ou deux 🙂 )

Et les gagnantes sont…

Le concours que je vous ai proposé s’est terminé dimanche, à minuit.

Il est donc temps de vous annoncer les grandes gagnantes :

Angélique T. : carnet rouge “papillon”
Nathalie C. : collier “papillon”
Emma : livres numériques dédicacés – Fanny, de l’ombre à la lumière – tome 1 et tome 2
Manou N. livres numériques dédicacés – Fanny, de l’ombre à la lumière – tome 1 et tome 2

Félicitations à vous mesdames  ; je vous propose de prendre rapidement contact avec moi pour que je puisse vous envoyer votre lot (mail, mp facebook ou instagram, comme il vous sied 🙂 )

Comment j’ai écrit un roman en moins de 30 jours

Sur Internet, fleurissent les promesses d’écrire un roman en 30 jours, en 60 jours, en 90 jours… et si je vous confiais qu’il y a un roman que j’ai écrit en 15 jours ? Vous avez bien lu, 15 !! J’ai mis quinze autres jours à le relire et le corriger et à la fin, du mois, je l’ai publié.

Alors certes, ce n’est pas le plus long roman que j’ai écrit (il n’a “que” 421 pages au format Kindle, 60 000 mots environ ) ni le plus intense, mais il a été celui que j’ai écrit le plus rapidement.

Ce roman, c’est Le choix de sa vie ; en réalité, mon tout premier publié sous le nom de Maude Perrier.

  

Dans cet article, je vous dis tout sur comment je suis parvenue à écrire un roman en moins de 30 jours !!

Tout a commencé par une prise de conscience. J’avais très jeune, écrit une histoire qui aujourd’hui est publiée sous le titre “Une rencontre inattendue“. Lorsque j’ai décidé fin 2014, de renouer avec mes vieux rêves d’écriture, j’ai repris ce roman, l’ai relu et me suis aperçue des incohérences et de tout un tas de petites choses qui faisaient que cette histoire tenait à moitié la route.

De cette expérience, j’ai tiré une conclusion : écrire au fil de la plume n’était pas bon pour moi. C’est vrai, j’avais écrit Une rencontre inattendue en me laissant entièrement guider par les personnages. J’avais une vague idée de la fin et de certains moments, mais tout était dans ma tête, nulle part ailleurs…. grosse erreur, d’autant que je n’avais pas choisi d’écrire quelque chose de simple : une maman en deuil, suicidaire, un petit garçon atteint du Sida victime d’expériences médicales, un “agent secret”, un séjour à Rio d’abord puis à New York et jusque dans une réserve Indienne…. bref, j’ai multiplié les difficultés à une époque qui plus est, où toutes mes recherches se faisaient en bibliothèque.

Consciente donc qu’il me fallait faire autrement pour Le choix de sa vie, je me suis résolue à faire un plan. Pas quelque chose de très détaillé, mais une véritable trame quand même, avec un début, une fin, et tout ce qui se passerait d’important entre les deux. J’ai également fait une présentation de mes personnages principaux : à quoi ils ressemblaient,où ils vivaient, quelle était leur histoire.

Ensuite, je suis partie de ce que je voulais écrire. Et là, c’était pour moi une évidence. Quand j’étais plus jeune, j’étais une fan d’une série américaine qui s’appelait Côte Ouest. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de la connaître, je vous laisse lire le synopsis proposé par Wikipédia : après 17 ans de séparation, Gary Ewing et son ex-femme Valene ont décidé de reprendre la vie commune. Ils partent se fixer loin de Dallas dans une résidence proche de la mer à Knots Landing, en Californie. À peine installés dans leur nouvelle demeure, ils font la connaissance de leurs voisins, les Fairgate et les Avery. La petite communauté mène une vie plus ou moins paisible… jusqu’à l’arrivée de l’intrigante Abby Fairgate !

Dans cette série, deux personnages m’ont tapé dans l’œil : une jeune femme du nom de Paige Matheson et un intriguant arrogant, cynique multimillionnaire, deux à trois fois plus vieux qu’elle : Greg Sumner. Certes dans Côte Ouest ils n’étaient que secondaires, mais leur histoire d’amour est celle qui m’a le plus enthousiasmée.

C’est vraiment tout naturellement qu’au moment de reprendre la plume, je me suis basée sur eux pour créer Jessica et Christophe. Elle est plus jeune que lui, ils ont eu une liaison, ils travaillent dans la même société, leurs bureaux sont cote à cote et même s’ils ne sont plus ensemble, sous la surface, la flamme n’est pas complètement éteinte.

J’avais donc bien en tête mes héros et l’histoire que je souhaitais leur faire vivre.

Bien sûr, je me suis éloignée de Côte Ouest par la suite, mais tout a commencé de cette manière.

Pour ce qui est de l’univers du roman, je ne me suis pas non plus aventurée en terre inconnue. Travaillant actuellement dans un cabinet d’expertise-comptable, j’en ai fait le décor de mon roman. Je vous rassure tout de suite, il n’y a pas chez moi de promotion canapé  ni de Sébastien, de rouges ou de jaunes, il n’y a aucune guerre frontale ou larvée. Simplement, en me servant d’un milieu familier, j’avais moins de risque de me tromper, d’employer un mauvais langage et d’écrire n’importe quoi.

Concernant les thèmes abordés, en 2015, j’aspirais à parler de choses profondes sous couvert de romance, mais j’étais encore loin de Fanny ou d’Une raison d’espérer. Les évocations se faisaient par touches subtiles (peut-être trop ?). Mon message était davantage “ne pas se fier aux apparences” en ce sens que même si Jessica avait été promue bras droit de Christophe parce qu’elle avait eu une liaison avec lui, il ne fallait pas croire pour autant qu’elle était nulle dans son travail. Bien entendu, du point de vue de ses collègues, c’était injuste et beaucoup lui en ont voulu. Le ressentiment, la jalousie, la rancune les ont aveuglés au point que jamais, ils ne sont allés plus loin, pour voir si leur relation n’était qu’une question de sexe ou s’il y avait de réels sentiments entre Jessica et leur patron.

J’avais aussi tenté d’aborder la question de la maltraitance enfantine sous un angle particulier : cette relation détestable entre Jessica et sa mère, Catherine, provenait de ce qu’enfant, Jessica avait été maltraitée par ses voisins de palier, mais jamais Catherine n’avait voulu la croire (je vous invite à découvrir le bonus Jessica pour lire le pourquoi du comment).

Bref, j’avais donc mes personnages, mon intrigue, mon décor. Je me suis alors fixé deux autres règles : faire un résumé de chaque chapitre pour ne pas me perdre en chemin et déterminer le nombre de mots par chapitre pour que tout soit équilibré

Je vous en ai parlé plusieurs fois ici, j’ai donc fait un tableau avec 21 cases représentant les 21 chapitres que je destinais à cette histoire.

Ensuite, j’ai arrêté mon nombre de mots à 3000. Pourquoi ? Parce qu’en écrivant le premier chapitre, c’est à peu près le nombre qui en est ressorti. (pour d’autres romans, ce sera 2500 voire, pour Une raison d’espérer environ 5 000).

En travaillant en amont de cette manière, je me suis encore plus imprégnée de l’histoire. Il m’arrivait même d’en rêver la nuit ! Du coup, elle devenait claire et très visuelle. J’ai vu l’enterrement du père de Jessica – cette scène qui ouvre le livre, et toutes les scènes qui ont suivi. Les retranscrire par écrit s’est avéré un jeu d’enfant.

Restait malgré tout encore un point important : le temps. À quel moment allais-je bien pouvoir écrire Le choix de sa vie ? Figurez-vous que j’étais tellement dans l’histoire que j’ai saisi toutes les opportunités qui se sont offertes à moi. J’ai principalement écrit sur mon téléphone, en sortant de ma douche, parce que je venais de voir la scène, ou dans les transports en commun (près de 3 heures par jour, ça a fait largement avancer les choses), puis au travail, pendant ma pause déjeuner ou dans des moments de creux. Tout le temps libre dont je disposais a été mis  à contribution. Il faut dire aussi que j’aimais tellement cette histoire que l’écrire était un vrai bonheur ; je n’avais à chaque fois qu’une hâte, m’y remettre.

Enfin, mon style d’écriture, influencé par mes lectures anglo-saxonnes, a facilité la réalisation de ce projet : des phrases courtes, simples, des descriptions, mais pas trop, beaucoup de dialogues, de l’émotion et du réalisme (notamment pour le sort de la voiture de Jessica après son vol dans le parking ou pour la sortie en mer à Saint-Barth).

Je n’avais pas – et n’ai toujours pas, la prétention d’écrire un roman digne d’un prix quelconque, je souhaitais seulement prolonger un peu de ce plaisir que j’avais éprouvé à l’époque où je regardais Côte Ouest en écrivant une histoire avec un type qui cache ses émotions et ses peurs derrière un masque d’arrogance, de suffisance et de cynisme, et cette femme, froide, accro à son travail, qui semble dépourvue de sentiments.

Comme un puzzle, toutes ces pièces se sont imbriquées. En partant de ce que je connaissais et de ce qui m’était familier, j’ai pu, écrire en deux semaines, les 60 000 mots que comporte Le choix de sa vie, et dans l’ensemble, cette histoire, première de la collection Une femme, un destin, vous a plu :