Mois : mai 2018

Interview de Catherine Choupin

J’ai lu deux romans d’elle. A chaque fois, j’ai eu l’impression d’être un peu plus intelligente. Elle a une plume délicate, cultivée, élégante. Elle pourrait proposer des histoires ennuyeuses, surannées, ce n’est pas le cas.

Alors j’ai eu envie de la découvrir un peu plus et lui ai proposé de répondre à mes questions, ce qu’elle a accepté sans discuter.

Voici donc l’interview de Catherine Choupin.

 Première partie : la femme

M.P : Bonjour Catherine, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

C.C : Sensible. Passionnée, mais désormais sereine.

M.P : C’est vrai, ça fait quelques mots 🙂 

M.P  : Peux-tu nous décrire une journée typique ?

C.C :  Lecture ou écriture le matin, piscine l’après-midi ou promenade. Lecture ou écriture le soir.

M.P : As-tu des passions ou des hobbies autres que l’écriture ?

C.C : La lecture, la natation, la visite des cimetières et des parcs parisiens, les expositions de peinture. J’ai aussi une passion pour les (bons) gâteaux. Je connais bien les grands pâtissiers.

M.P : La visite des cimetières ? Qu’est-ce qui t’attire dans un endroit pareil ?

C.C : Les cimetières parisiens sont des jardins-musées à ciel ouvert. Ils sont toujours très beaux et très calmes, sauf à la Toussaint, et permettent de relativiser les choses. J’explique ma position vis-à-vis de la mort dans L’Homme qui aimait une statue du cimetière Montparnasse.

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Flash fiction inspirée par vous

Elle tient à peine sur ses jambes parce qu’elle tremble.  En réalité, c’est son corps en entier qui est agité de soubresauts. Elle claque même des dents. Sentira-t-elle l’impact ? Souffrira-t-elle ? Réussira-t-elle du premier coup ?
Les questions sont multiples. Les réponses inexistantes.

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Flash fiction inspirée par vous

Les escalators sont en panne. Comme tout le monde elle emprunte le large escalier qui la fera sortir de la gare. Deux marches sur sa droite, une jeune femme, écouteurs sur les oreilles, porte à bout de bras sa trottinette. Flemme de la replier pour un temps aussi court ? Certainement. L’objet ne la rassure pas. Il tourne autour de la roue, menace de faire tomber l’homme devant elle. Une nouvelle fois, la planche dérive sans que sa propriétaire ne s’en rende compte. Promptement, elle se baisse pour la retenir avant qu’elle ne le heurte. La propriétaire n’a rien remarqué. Imperturbable, elle continue de gravir les marches sans se préoccuper de rien.

Arrivé en haut de l’escalier, l’homme dont elle a sauvé la cheville se retourne et plante son regard dans le sien. Cette fois, c’est elle qui menace de chuter. Ses jambes mollissent. Son estomac se contracte. Elle ne l’avait pas reconnu. En même temps, il était de dos…

— Deborah ? Salut, comment vas-tu ?

— Bonsoir Antoine.

Leur gêne est flagrante. Elle baisse les yeux, se détourne, se demande de quoi elle s’est mêlée. Finalement elle aurait dû le laisser se débrouiller. Et s’il était tombé ma foi…

— Tu vas bien ?

Les mots sont bloqués au fond de sa gorge. Elle ne voulait plus jamais entendre parler de lui, encore moins le voir. Mais ils habitent des villes voisines, prennent tous les deux les mêmes transports… la faute à pas de chance. Ou à un destin qui aime s’amuser.

— Il y a un bar lounge qui vient d’ouvrir, tu as le temps de prendre un verre?

Non, absolument pas.

— Euh…

— Allez juste un, en souvenir du bon vieux temps.

Elle manque de s’étrangler. Il n’y a absolument rien de bon dans sa mémoire. Au contraire, elle est remplie d’amertume, de rancune, et de souffrance. Cet homme, elle l’a aimé plus que tout au monde. Elle pensait que la chose était réciproque jusqu’à ce qu’elle découvre qu’il ne se privait pas pour aller voir ailleurs, en particulier, chez ses amies.

Elle sait qu’elle n’est pas la seule à avoir vécu pareilles trahisons, il n’empêche, la douleur était bien réelle. Elle a même failli y succomber. Tandis qu’il attend sa réponse, elle se revoit sanglotant dans sa chambre, sous la douche, sur le chemin jusqu’au bureau, au bureau. Elle se rappelle cette boîte de comprimés qu’elle a avalés, juste parce que son agonie lui était insupportable.

C’est vrai, tout cela est loin derrière elle. Aujourd’hui, elle a remonté la pente. Mais elle n’a plus personne dans sa vie ; elle ignore même si un jour, elle sera capable d’aimer ou de faire à nouveau confiance. Tout ça à cause de cet homme qui l’a détruite et qui à présent, lui sourit et l’invite à boire un verre comme si de rien n’était.

— Alors ? Qu’en dis-tu ?

Elle se raidit.

— Il n’y a personne qui t’attend chez toi ?

Antoine hausse les épaules.

— J’ai le droit de boire un coup avant de rentrer, ne t’inquiète pas de ça.

Elle ne s’inquiète pas. Elle réalise surtout qu’il n’a pas changé.

Elle, si.

—Désolée, j’ai mieux à faire.

Il lève un sourcil. Elle le contourne, passe le portique et sort de la gare.

C’est idiot, mais elle sourit.

Et si j’osais ?

Oui pourquoi pas ? C’est une chose que je n’ai encore jamais faite alors, pourquoi ne pas l’oser ?

Donc voilà, je m’aventure, l’estomac un peu noué par le stress (un peu ? Quelle blague), à vous présenter la 2ème version du premier chapitre de book 12.

Certes, rien n’est définitif à ce stade, mais c’est une manière de vous présenter ce livre, de vous donner la tendance, et de recueillir, à chaud, vos premières impressions.

Allez, sans plus attendre, faites connaissance avec Fanny…

(suite…)

Pensée du jour…

C’est quand tu te fais mal que tu prends la mesure d’une chose : tu n’es pas assez reconnaissante les jours où tu ne souffres pas.

 

Je vous explique l’origine de cette pensée : hier soir, j’ai glissé dans mes escaliers, chute sur le dos… respiration coupée, douleur horrible… et devant mon petit garçon en plus :(.

La nuit fut bien compliquée, le réveil tout autant.

Une visite chez le docteur va s’imposer, mais au-delà de ces détails, mon “accident domestique” me rappelle qu’il ne faut rien tenir pour acquis. Et qu’il me faut chaque jour être reconnaissante pour ce que j’ai, même pour les choses au demeurant insignifiantes ou tellement naturelles que je n’y accorde jamais d’attention.

Je ne sais pas ce que vous en pensez ni si vous, vous vous rendez-compte tous les jours des bienfaits, petits et grands, qui colorient votre existence, mais voilà, j’avais envie de vous communiquer ma réflexion du matin.

Je vous souhaite une excellente journée, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve par chez vous. 🙂

 

BOOK 12

C’est avec joie que je vous annonce que ce matin, j’ai tapé ce petit mot, très court en soi mais ô combien important :

F I N

La première version de mon prochain roman est donc achevée. Je suis à la fois incrédule, déjà nostalgique et fière du travail accompli.

La route est cependant encore longue avant sa publication.

Dans l’intervalle, je vous laisse avec cette nouvelle que j’avais envie de partager avec vous, et sur ces quelques statistiques :

Flash Fiction inspirée par vous

Gare Saint-Lazare. Une gare immense, dans laquelle il est facile de se perdre. Ou devenir invisible.

Plusieurs lignes de métro passent par là. Elle en choisit une, n’importe laquelle, s’enfonce dans le couloir, arrive en station. Deux bancs sont occupés par des hommes, le corps dissimulés sous des couvertures.

Le troisième est libre ; elle s’y assoit, son sac de sport à ses pieds, regarde les gens aller et venir, les métros défiler.

Elle ne sait pas très bien quoi faire, ni surtout, où aller, alors elle reste à quai et se rappelle la conversation qui l’a menée ici :

— Comment ça, tu aimes les filles ? C’est une blague ?

Sa mère avait manqué de s’étouffer.

— Maman, s’il te plaît.

— Non, s’était-elle exclamée, en secouant fiévreusement la tête. Impossible. Je n’ai pas mis au monde une fille anormale. Je ne veux pas.

— Elle est peut-être malade, avait lancé son père, aussi attérré que son épouse.

— Je ne le suis pas. Aimer les filles n’est pas une maladie. C’est simplement une orientation sexuelle. Comme les hommes qui aiment les hommes, ou même les hommes qui aiment les femmes. Chacun la sienne, voilà tout.

Son père, soudain avait levé la main. Sa mère avait retenu de justesse le bras qui menaçait de s’abattre sur elle.

— Ne la frappe pas ! Nous allons voir avec le docteur.

— Je n’ai pas besoin de voir le docteur ! Je suis lesbienne, c’est tout.

— Ta gueule ! Il est hors de question que ma fille soit une gouinasse ! Que vont dire les voisins ?

— Je m’en fous !

— Pas moi. Et la famille alors ? Ils vont tous se foutre de ma gueule ! Se moquer de moi, de nous !

— C’est tout ce qui t’importe ? Ce que les gens vont penser de toi ? Mais il n’est question que de moi !

Cette fois, la gifle est partie. Elle a claqué, fort, l’a forcé à tourner la tête. Le regard de son père est devenu meurtrier.  Ses yeux sont sortis de leurs orbites. Les veines de son cou ont sailli. Elle l’a cru sur le point d’exploser.

— Dégage ! avait-il hurlé, la voix tremblante de rage. Dégage de chez moi, brouteuse de gazon. Fiche le camp ! Je ne veux pas d’une sale dégénérée sous mon toit !

— Papa…

Une nouvelle gifle, aussi forte que la première, que sa mère n’avait pas cherché à retenir.

— Casse-toi !

Elle avait cherché du soutien auprès de celle qui l’avait mise au monde. N’en avait trouvé pas.  Dans ses yeux, pas plus de chaleur que dans ceux de son père. L’un et l’autre ll’ont dévisagée comme si elle était une espèce de monstre.

Les épaules basses, elle avait trouvé refuge dans sa chambre. Les larmes avaient dévalé ses joues tandis qu’elle avait attrapé au vol quelques affaires qu’elle avait fourrées dans son sac de sport. Fais ton coming-out qu’ils lui avaient dit. Aujourd’hui, tout le monde sait ce que c’est et l’accepte. Tu verras, tes parents ne diront rien.

Elle avait fait son coming-out. Et elle avait vu. Non, tout le monde ne l’acceptait pas, au contraire. La chaleur cuisante sur sa joue le lui avait confirmé.

D’un revers de main, elle avait essuyé ses yeux, était sortie de sa chambre. Ils étaient là, les bras croisés. Pas la moindre hésitation ni le plus petit remord.

— Tu as 17 ans de toute manière, tu es en âge de te débrouiller.

Elle n’avait pas cherché à discuter, de toute façon, sa mère ne semblait pas plus affectée que ça de la savoir dehors, sans le sou. Sans rien.

Devant ses yeux flous, elle revoit le geste de son père qui lui claque la porte au nez… une larme menace. Elle se mord la joue pour la réprimer. Elle n’a pas le droit de pleurer, de montrer sa faiblesse ou son désarroi. Aujourd’hui, elle est à la rue. Ce n’est pas en se montrant sensible et vulnérable qu’elle s’en sortira.

Son regard se pose sur le banc d’à-côté, sur cette forme cachée sous des couvertures dégueulasses.

Les métros passent les uns derrière les autres, elle reste là, le cœur en morceau, la peur au ventre.

 

Retour sur Avril

Voilà un mois au cours duquel mon attention a été focalisée sur deux choses : l’écriture de book 12 et la création de ma première boutique en ligne.

Je souhaitais y consacrer tous mes efforts, tout mon temps libre, afin de pouvoir clore le mois avec la satisfaction d’avoir atteint deux énormes objectifs.

Nous voilà rendus à la fin du mois d’avril, alors, verdict ?

(suite…)