Catégorie : Book review

J’ai lu : La danse de la tarentule, de Claire Blanchard

Résumé : Quel drame a poussé Émilie à rompre les liens avec sa famille maternelle? Cela fait plus de vingt ans que la jeune femme n’a pas gravi les marches du manoir de son enfance, lorsque sa mère y rend son dernier souffle.  Un flot d’images se déverse dans sa mémoire.  L’Inde, Le Croisic, Paris ; et un fil conducteur : celui que tisse obstinément une mère oppressante, imprévisible, tarentule harceleuse au venin quotidien, qui jamais ne perd de vue sa proie, centre de sa ronde maléfique, sa danse funeste. Comment se construire lorsqu’une mère aimée au-delà de tout, au-delà du pire, inocule paroles et gestes toxiques que sécrète une folie sournoise et quotidienne ? L’impasse d’une naissance dans l’amour maternel peut-elle interdire de renaître à la vie ? Un récit poignant et percutant ! 

Mon avis :

→ Sur la forme :

L’écriture de Claire Blanchard est très agréable. Elle nous fait plonger la tête la première dans son récit. Au travers de sa plume, nous éprouvons les émotions d’Emilie, la narratrice. Nous ressentons l’espoir, la peine, la désillusion, la souffrance, l’amour, la rancœur, la violence. Le voyage émotionnel est intense, du début à la fin.

→ Sur le fond :

Emilie apprend le décès de sa mère. Avec ses enfants, elle retourne au Croisic, lieu de son enfance, pour assister à ses funérailles. Fatalement, les souvenirs refont surface. La maltraitance, les violences psychologiques et physiques, les brimades, les privations, les insultes à répétitions, les coups, la perte des êtres chers, le manque cruel d’amour… rien n’est épargné à la jeune Emilie. Et quand l’espoir d’un avenir meilleur surgit, il est réduit à néant par un nouveau coup du destin.

L’histoire aborde sans détour le sujet de la maltraitance infantile. Elle évoque les schémas qui se reproduisent de mère en fille. Elle parle aussi de ces familles bancales qui partagent de lourds secrets, de ces drames qu’il faut surmonter et des apparences qu’il faut toujours sauver.

Je vous assure qu’une fois commencé, vous serez tellement pris.e aux tripes que vous ne pourrez plus lâcher ce roman. Il est intense, bouleversant et tellement bien écrit qu’il transpire le réalisme. Pour tout vous dire, si Claire Blanchard écrivait une suite dans laquelle elle nous racontait par le menu, comment Emilie est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui, je me précipiterais dessus sans réfléchir à deux fois.

C’est donc sans la moindre hésitation que je vous recommande La Danse de la tarentule.

Mon coup de cœur de ce début d’année

J’ai lu : Te revoir à Penn Avel, de Marjorie Levasseur

‘Pour commencer l’année en douceur, j’ai eu envie d’une histoire sympathique et plaisante. En lisant le résumé de ce livre, je me suis laissé tenter.

J’ai donc lu :

Résumé :

Quatre années se sont écoulées depuis que Pauline, trente ans, est venue se terrer au Croisic dans la maison de sa grand-mère. Lors de son escapade annuelle à Nantes, elle fait la connaissance de Louis, un sans-abri septuagénaire qui la sauve in extremis d’un mauvais pas. Se sentant redevable, Pauline l’accueille dans cette grande maison. Louis est un homme mystérieux et méfiant, mais il accepte cette main tendue et se livre peu à peu à la jeune femme jusqu’à lui confier sa plus grande peine. 
Pauline ne se doute pas un seul instant à quel point cet élan de générosité va changer sa vie…

Mon avis :

→ Sur la forme :

L’écriture de Marjorie Levasseur est très fluide, très agréable à lire. Elle est douce, bienveillante, pleine d’empathie… quoi de mieux pour démarrer une nouvelle année livresque ?

Il est courant maintenant de lire des romans alternant les points de vue. Ainsi, nous sommes d’abord dans la tête de Pauline puis nous alternons entre Pauline et Tiburce, l’un des autres protagonistes de l’histoire. C’est plutôt bien mené, sans temps mort ni hésitation.

→ Sur le fond :

Pauline est la générosité incarnée. Pleine de bonnes intentions, elle recueille d’abord un SDF qui lui a sauvé la mise puis elle tente de changer le cours de son destin.  Se faisant, c’est sa vie à elle qui prendre une tout autre tournure.

Bon, je vous avoue que j’ai deviné assez tôt la fin de l’histoire, toutefois comme je l’ai dit récemment, cela ne m’empêche pas de prendre du plaisir à découvrir le déroulement de l’intrigue. Et puis je vous confesse que le personnage de Tiburce m’a bien plu : il n’a pas un physique de jeune premier ni celui d’un bad boy tatoué, musclé à souhait comme nous en rencontrons par centaine dans la littérature aujourd’hui ; pas de milliardaire à l’horizon ni de sportif. Non, cet homme est un être humain ordinaire, que la vie a blessé à de nombreuses reprises.

C’est une chose à laquelle je suis sensible. J’aime en effet ces histoires où les héros traînent des boulets aux pieds. J’aime suivre leurs aventures, voir comment ils vont arriver à briser leurs chaines.

Alors certes, dans Te revoir à Penn Avel, il n’y a pas un suspens de fou ni des moments de drame absolu. Pour autant, cette histoire est jolie et nous fait entrer dans une bulle bien agréable. C’est, je le crois, un livre à découvrir sous sa couette, par temps de pluie ou de grand froid.

C’est le premier roman que je lisais de cette autrice et je dois admettre que je me suis laisser emporter sans me faire prier dans cette histoire. Si vous avez envie d’un bon moment, rempli de douceur, je pense que ce roman pourrait vous plaire.

(Lien affilié – si vous achetez ce roman par ce lien, je gagnerai peut-être un centime ou deux 🙂 )

J’ai lu : Toute une vie à vous aimer, de Catherine Choupin

C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve la plume fine et délicate de Catherine. Pour le troisième livre d’elle que je lis, j’ai choisi :

 

Résumé :

« Un premier amour ne s’oublie jamais, dit la chanson. Parfois même il dure toute une vie, chez ceux qui ont deux vies : celle de la réalité et celle du rêve. C’est le thème de ce livre. »

A l’automne de sa vie, Ariane reçoit la lettre d’un inconnu qui dit l’avoir aimée toute sa vie. Elle se souvient vaguement de ce camarade de collège, qui n’était guère démonstratif. Cette confession lui rappelle son premier amour, un amour pas comme les autres, pour son voisin de Montparnasse. Cet amour l’a hantée également.
L’auteur se penche sur le « vert paradis » des amours adolescentes, et tente d’en restituer la grâce avec humour et émotion.

Mon avis :

→ Sur la forme :

Catherine Choupin sait écrire et d’une très belle manière. Ce roman, comme les autres, se caractérise par une plume délicate, douce, sensible, agrémentée d’une pointe d’humour et de références culturelles. Signe que l’autrice est très douée : il reste en mémoire même après le mot fin. Elle sait nous toucher l’air de rien. A titre personnel, en tant que lectrice, c’est une chose que j’apprécie.

 → Sur le fond :

Largement autobiographique, Toute une vie à vous aimer nous fait remonter le temps, les années. Nous voici dans les années 60. Une silhouette, un regard et tout à coup, le cœur qui s’emballe. Celui de Marc, d’abord, qui tombe amoureux d’Ariane alors qu’ils ne sont que des gamins. Celui d’Ariane ensuite, qui s’entiche de ses jeunes voisins qu’elle aperçoit sur le balcon d’en face et qu’elle épie, puis tombe amoureuse de leur père, l’homme qui bouleversera son cœur et sa vie, à tout jamais.

Pendant une quarantaine d’années, nous vivons au rythme de ces battements de cœur, de ces rencontres fortuites. Nous voyageons dans le temps, dans l’espace, Brest – Paris, Paris – Brest , naviguons entre fantasme et réalité, espoirs et désillusions.

C’est pudique, tendre, bien construit et cela ne laisse pas indifférent.

Vous l’aurez je pense compris, Toute une vie à vous aimer m’a beaucoup plu. Catherine Choupin est de ces romancières que j’admire parce qu’elle a une plume et une voix, bien à elle, et qu’elle sait susciter l’émotion sans avoir besoin de sombrer dans le pathos ou le cliché.

Voilà donc une œuvre tendre que je vous recommande.

(Lien affilié – si vous achetez ce roman par ce lien, je gagnerai peut-être un centime ou deux 🙂 )