Catégorie : De plume à plume

Interview de Catherine Choupin

J’ai lu deux romans d’elle. A chaque fois, j’ai eu l’impression d’être un peu plus intelligente. Elle a une plume délicate, cultivée, élégante. Elle pourrait proposer des histoires ennuyeuses, surannées, ce n’est pas le cas.

Alors j’ai eu envie de la découvrir un peu plus et lui ai proposé de répondre à mes questions, ce qu’elle a accepté sans discuter.

Voici donc l’interview de Catherine Choupin.

 Première partie : la femme

M.P : Bonjour Catherine, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

C.C : Sensible. Passionnée, mais désormais sereine.

M.P : C’est vrai, ça fait quelques mots 🙂 

M.P  : Peux-tu nous décrire une journée typique ?

C.C :  Lecture ou écriture le matin, piscine l’après-midi ou promenade. Lecture ou écriture le soir.

M.P : As-tu des passions ou des hobbies autres que l’écriture ?

C.C : La lecture, la natation, la visite des cimetières et des parcs parisiens, les expositions de peinture. J’ai aussi une passion pour les (bons) gâteaux. Je connais bien les grands pâtissiers.

M.P : La visite des cimetières ? Qu’est-ce qui t’attire dans un endroit pareil ?

C.C : Les cimetières parisiens sont des jardins-musées à ciel ouvert. Ils sont toujours très beaux et très calmes, sauf à la Toussaint, et permettent de relativiser les choses. J’explique ma position vis-à-vis de la mort dans L’Homme qui aimait une statue du cimetière Montparnasse.

(suite…)

Interview d’Anäis W.

Je l’ai découverte par différents biais mais surtout par son roman Au-delà des tours.

J’ai eu envie de l’interviewer dans le cadre de ma rubrique ” de plume à plume” et elle a accepté.

Voici donc l’interview vérité d’Anaïs W.

  

 Première partie : la femme

M.P : Bonjour Anaïs, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

A.W : A la fois courageuse et hésitante, enthousiaste et pleureuse, motivée et fainéante, folle et raisonnée. L’amour du partage avant tout.

M.P : A quoi ressemble une journée typique dans ta vie de tous les jours ?

A.W : Même en travaillant à la maison, j’ai un planning assez rigoureux. Levée à 8h, une heure pour me préparer, un peu de yoga ou lecture de développement personnel. J’attaque une heure de travail (écriture ou blogging, emailing, organisation d’évènement…) avant une courte pause en-cas, puis re-travail jusqu’à 12h30. Je prends plaisir à cuisiner, à partager avec mon conjoint qui travaille aussi à la maison et nous réattaquons à 14h. Trois fois par semaine, je vais au sport en milieu d’après-midi (1 h de muscu, 30 min de spa:-P ) puis je « bossouille » un peu avant de tout arrêter. Ma journée se finit soit devant un film, soit devant une bière dans un bar en écoutant un concert ^^

Il faut faire preuve de discipline, mais j’ai la liberté de ne pas travailler quand je suis à plat, de partir me promener quand le soleil est au rendez-vous et de décaler mon travail comme bon me semble

M.P : As-tu des passions ou des hobbies autres que l’écriture ?

A.W : Difficile à dire, je suis plutôt de nature curieuse et touche à tout. Je n’ai donc pas d’autres passions qui me prennent un temps fou, mais plusieurs petites activités au quotidien, dont celles que j’ai mentionnées plus haut : la cuisine, le sport, les randos… Bien sûr, je bouquine aussi ! Même si comme beaucoup, je ne prends pas le temps de le faire assez.

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Interview de Shana Keers

 

Elle fait partie de ces plumes que j’avais envie de découvrir cette année. Je me suis donc attelée à lire son roman, Immoralité. En même temps, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur elle. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai demandé si elle accepterait de répondre à quelques unes de mes questions, et elle a accepté.

Aujourd’hui, voici donc l’interview de Shana Keers.

 

Première partie : La femme

 

M.P : Bonjour Shana, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

S.K : Eh bien, il n’y a pas grand-chose à dire sur moi ?

J’ai bientôt 47 ans (oh, mon Dieu). Je suis mariée, j’ai trois grands enfants et j’habite en pleine campagne limousine.

 

M.P : A quoi ressemble une journée type ?

S.K : Écriture, corrections, réseaux sociaux, écriture, corrections, réseaux sociaux. Lol

 

M.P : Waouh, tu es donc une autrice à plein temps ?

S.K : C’est ça, et j’en suis très fière.

 

M.P : Quelles sont tes passions en dehors de l’écriture ?

S.K : La lecture, mais l’écriture en autoédition est chronophage et je manque de temps. Sinon, cela n’a pas forcément de rapport, mais j’aime tout ce qui demande de la réflexion (Mathématiques, échecs, logigrammes par exemple) et tout ce qui me demande un apprentissage approfondi.

 

M.P : Quelle genre de lectrice es-tu ?

S.K : Je suis une lectrice compulsive. Je suis capable de lire pendant des heures, voire des jours, puis de totalement arrêter pendant plusieurs semaines.

 

Deuxième partie : L’autrice

M.P : Comment es-tu arrivée à l’écriture ?

S.K : Par le plus grand des hasards. Je l’ai souvent expliqué. J’ai découvert une plateforme de lecture gratuite. J’ai commencé par lire tout un tas de magnifiques pépites, puis je me suis dit que je ne risquais rien à poster deux ou trois chapitres pour m’amuser. Je n’avais jamais rien écrit de ma vie, ni même l’envie de le faire auparavant.

 

M.P : Comment alors as-tu eu l’idée de ces deux ou trois chapitres ? Avais-tu malgré tout une histoire en tête ?

S.K : Absolument pas. J’ai cherché quelques prénoms dans ma tête. Pour le lieu, j’ai pris la ville où ma fille aînée suit ses études pour plus de facilité. J’ai ajouté un chat, parce qu’elle en a un et que je trouvais l’idée sympa et une vieille 205 comme la sienne pour rester dans des repères connus. Je suis partie totalement à l’aveugle. Sans trame. Sans idée de la suite et encore moins de la fin. C’est venu au fur et à mesure.

 

M.P : Qu’aimes-tu le plus dans cette activité ?

S.K : La liberté de tout pouvoir écrire. Pour moi, l’écriture n’a aucune limite.

 

M.P : As-tu une routine d’écriture ? Un moment particulier dédié à cela ?

Pas vraiment. J’aime beaucoup écrire le soir très tard, ou la nuit. C’est un moment de calme propice à l’imagination. Mais j’écris aussi très tôt le matin car je dors peu, et même la journée.

 

M.P : Si je ne me trompe pas, ton genre de prédilection est la romance érotique, peux-tu expliquer ton choix ?

S.K : Je ne l’explique pas moi-même. Cela vient peut-être du fait que, dans la mesure où je ne m’interdis rien en écriture, j’ai envie d’aller au bout de mon récit en donnant tous les détails, hot ou non. ?

 

M.P : Je suis en train de lire Immoralité et je dois dire que le sujet est osé puisqu’il est question d’une relation incestueuse entre un demi-frère et une demi-sœur. Pourquoi ce thème risqué ?

S.K : A vrai dire, lorsque j’ai commencé à écrire cette histoire, je ne me suis jamais posé la question de l’interdit et encore moins des réactions que pourraient avoir les lectrices. Comme je l’ai dit plus haut, j’écrivais pour m’amuser. Je n’ai jamais pensé éditer mes écrits.

 

M.P : Quelles ont été les réactions de tes lectrices alors ?

S.K : A ma grande surprise, excellentes. Mais à l’époque, j’avais mis un point d’honneur à donner dans le synopsis des détails expliquant très nettement les liens entre les deux héros. Ce qui n’a pas été le cas lorsque je me suis retrouvée en maison d’édition. Mais ça c’est une autre histoire.

 

M.P : Penchons-nous à présent sur l’édition. D’abord éditée de manière traditionnelle, tu t’es tournée vers l’autoédition, comment en est-tu venue à prendre cette décision ?

S.K : Rentrer dans l’édition traditionnelle a été pour moi une surprise. J’ai été contactée, alors j’ai saisi l’opportunité sans savoir où je mettais les pieds. Je me suis juste dit que, dans la mesure où beaucoup faisaient des démarches à n’en plus finir pour faire éditer leur roman, je ne pouvais pas refuser une proposition sur un plateau d’argent. Sauf que, être tributaire des autres, devoir accepter les compromis, ce n’est pas pour moi.

 

M.P : Tu as été contactée suite aux chapitres que tu avais postés sur la plateforme d’écriture ?

S.K : Oui c’est exact. J’ai été contactée quelques semaines après la fin de la publication de la saison 1 de LIVE TO LOVE sur cette plateforme.

 

M.P : Qu’est-ce qu’il te plait dans l’autoédition ?

S.K : La liberté. Celle de pouvoir tout gérer de A à Z sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Même si l’autoédition est chronophage et m’empêche d’écrire autant que je le souhaiterais, j’aime l’idée que je suis la seule décisionnaire. Si je réussis, c’est grâce à moi. Si je me plante, je n’aurais à m’en prendre qu’à moi.

 

Une philosophie que j’aime beaucoup et que je partage…

M.P : Tes romans ont l’air de très bien fonctionner, as-tu une stratégie mise en place pour arriver à pareil résultat ? Un secret bien gardé ?

S.K : Le succès est relatif et peut être éphémère, j’en suis totalement consciente. Je ne prétends pas avoir un quelconque succès, ni même être à la hauteur de tous les écrivains de ce style qui publie en maison d’édition. Je fais de mon mieux. J’essaie même de faire toujours mieux. Je ne compte pas mon temps, ni l’énergie que je déploie. Je passe des heures sur le net à chercher des techniques, à prendre exemples sur d’autres. Je peaufine. J’adapte en fonction de mes objectifs. C’est un travail de longue haleine. On verra s’il est payant sur le long terme ?

 

M.P : Quelle est ta définition du succès ?

S.K : C’est une question difficile. Je pense que le succès c’est tout d’abord de pouvoir vivre convenablement de son travail et d’avoir la reconnaissance de son public, c’est-à-dire qu’il soit capable d’acheter ton futur roman les yeux fermés, sans se poser de questions, parce qu’ils ont une totale confiance en ce que tu leur proposes. Et bien sûr, qu’il te recommande à leurs amis. Il n’y a rien de mieux que le bouche à oreille pour atteindre le succès.

 

M.P : Pourquoi avoir choisi d’écrire sous un pseudo ?

S.K : Parce que, comme je l’expliquais plus haut, j’écrivais sur une plateforme gratuite. J’avais donc créé un pseudo et, de par le nombre d’abonnés, je n’ai pas souhaité en changer quand j’ai signé mon contrat d’édition. Avoir un pseudo, surtout lorsque l’on écrit de l’érotique, permet de se protéger un peu. J’ai répété de nombreuses fois que ce n’est pas parce que l’on écrit dans ce style là que l’on est obsédée ou perverse, au même titre qu’un auteure de policier n’est pas forcément un meurtrier en puissance. Seulement, il y a des personnes à l’esprit étriqué qui ne comprennent pas très bien ce genre et font des amalgames. Ce peut être ennuyeux dans le quotidien, même si, aujourd’hui je me rends compte que l’on ne peut pas se cacher éternellement.

Par contre, avec le recul, si j’avais su que je basculerai dans l’édition, j’aurais peut-être réfléchi plus longuement au choix de ce pseudo justement.

 

M.P : Il ne te convient plus ?

S.K : Comme je l’ai dit, je n’ai pas eu le temps de réfléchir à la question puisque j’ai gardé mon pseudo de départ. Je m’y suis faite avec le temps, mais peut être que sinon j’aurais choisi quelque chose de moins américanisé.

 

M.P : J’ai vu que tu avais créé ton propre site, peux-tu nous partager un peu de cette aventure ?

S.K : Ce site m’a donné du fil à retordre, c’est le moins que l’on puisse dire. Lorsque j’ai choisi de passer en autoédition, il m’est apparu évidemment de créer ma boutique en ligne pour proposer des livres dédicacés à mes lectrices et aussi des produits dérivés. Disons que c’est un moyen détourné de leur faire plaisir, dans la mesure où, participer à des salons comme le salon du livre de Paris est un peu compliqué et surtout relativement cher pour un auto-édité.

D’après ce que je peux voir, peu d’auto-édités se lancent dans une boutique en ligne. Cela demande du temps, surtout en termes de création de site. A moins d’avoir les moyens de prendre un webdesigner pour le faire. Sauf que, comme pour le reste, je n’ai pas voulu que quelqu’un le fasse à ma place. Et, dans la mesure où je n’avais jamais fait ce genre de choses, j’ai dû apprendre au fur et à mesure toutes les facettes de la création d’un site. Nuits blanches, gros stress, cerveau en ébullition, j’ai eu la totale. :p

 

M.P : Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

S.K : Maintenant que mon site est enfin opérationnel, c’est un gros poids en moins dans mon planning. Il me reste encore la fin des corrections de la saison 2 de LIVE TO LOVE. Elles avancent à grands pas et, ensuite, j’aurais tout le loisir de reprendre l’écriture comme je le faisais auparavant. J’ai trois projets en cours et des tonnes d’idées. Mais même sous la torture, je ne te dirai rien. Hahaha.

 

M.P : Même pas une idée parmi les tonnes que tu as ? ?

S.K : Nada, je suis une tombe et il faut bien entretenir un peu le mystère sinon ça n’est pas drôle :p

 

M.P : Je termine avec la question bonus qui, je le crois, permet en peu de connaître beaucoup de ta personnalité : Si tu croisais la route du génie d’Aladin, quels seraient les trois vœux que tu formulerais ?

S.K : Le premier serait sans doute d’avoir le don d’omniscience. Cela m’éviterait de passer autant d’heures à apprendre et donc j’aurais plus de temps à consacrer à l’écriture.

Le second serait de ne plus avoir besoin de dormir. Quelle perte de temps !

Le troisième serait d’avoir la faculté de lire dans les pensées des autres pour savoir s’ils sont honnêtes ou non. Je déteste les mensonges et les faux-semblants.

 

M.P : Tu y as été confrontée dans ta vie d’autrice ?

S.K : Bien sûr ! Je réponds ça comme une évidence, je sais. Mais le milieu de l’écriture est un milieu un peu bizarre où règne quelquefois une ambiance un peu glauque et où la jalousie a malheureusement toute sa place. Cependant, j’en ris plutôt que de me morfondre. Après tout, si l’on parle de moi, en bien ou en mal, c’est que l’on me porte un minimum d’intérêt, et c’est toujours mieux que d’être totalement transparente. ? Les profiteurs, les envieux existent partout. Il faut juste faire en sorte qu’ils ne polluent pas ton atmosphère trop longtemps. J’aime les gens sincères et désintéressés, alors je fais régulièrement un grand ménage de printemps. Même si l’on est en hiver ?

Shana, je te remercie beaucoup pour avoir accepté de répondre à mes questions. Je te souhaite plein de réussite future, et c’est sincère ?

 

Pour retrouver Shana, vous avez le choix :

Son site internet : https://shanakeers.com

Sa Page Amazon

Son compte Twitter 

Sa page Facebook

Son compte Instagram

Son compte Google +

Son profil Booknode

Immoralité :

Live to love :

 

Interview de Caroline Costa

Aujourd’hui c’est Caroline Costa qui se plie au jeu des questions / réponses.

 

Première partie : la femme

 

M.P : Bonjour Caroline, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

C.C : Je suis une femme du XXIème avec mari, enfants, chat, travail à plein temps et copines !

 

M.P : C’est quoi être une femme du 21ème siècle ?

C.C Pour moi la femme du XXIième est libre, active et elle a le choix (activité professionnelle, vie personnelle). Elle pense à elle et peut se réaliser en dehors des schémas convenus jusqu’il y a peu.

 

M.P : A quoi ressemble une journée typique dans ta vie de tous les jours ?

C.C : Je me lève assez tôt pour préparer le petit déjeuner que nous prenons en famille puis c’est l’inévitable bousculade pour se préparer ^^

Je vais au travail en train ce qui me permet de lire et de bavarder avec mes copines. Puis je retrouve mes collègues que je connais depuis plus de dix ans !

Le soir, j’aime me détendre en cuisinant et les enfants me racontent leur journée en chipant des morceaux de carottes ou de fromage…. Le soir, après le dîner j’en profite pour lire ou écrire.

 

M.P : As-tu des passions ou des hobbies autres que l’écriture ?

C.C : Je trouve l’histoire et surtout l’archéologie fascinantes. Quand je peux, je regarde des émissions historiques ou achète des magazines spécialisés. J’aimerais pouvoir écrire des romans historiques, même si ça serait m’éloigner de ma zone de confort…

 

M.P : C’est bien d’élargir sa zone de confort, pourquoi ne t’y essaies-donc tu pas ?

C.C : J’y pense… Beaucoup pour être totalement sincère ! Pour le moment j’accumule les informations. Je ne m’imagine pas commencer à écrire sans documentation (souci de cohérence quand tu nous tiens…). Mais j’y vois aussi une forme d’égoïsme en cherchant à satisfaire ma propre curiosité intellectuelle ^^ Et si je peux en sortir un roman, tout le monde sera content !

(suite…)

Interview de Marie Lerouge

Une femme, un destin, est un concept que j’ai crée pour ma collection de romans : chacun présente une héroïne à un tournant de sa vie.

J’ai souhaité élargir cette idée en m’intéressant à des femmes réelles qui ont choisi, à un moment ou un autre de leur vie, de prendre la plume et d’écrire.

Ces femmes sont à l’origine de ces livres que nous achetons, lisons, apprécions ; elles ne sont pas forcément célèbres (pour le moment) mais elles gagnent à être connues.

La rubrique de plume à plume est ainsi l’occasion de faire leur connaissance et de découvrir aussi bien la femme que l’autrice.

La première à accepter de répondre à mes questions est une femme dont j’ai fait la connaissance récemment, et dont le livre Le choix de Pénélope, m’a séduite. Je vous en avais parlé ici.

Pour inaugurer de plume à plume, je vous présente…

Marie Lerouge

Première partie : la femme

M.P : Bonjour Marie, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

M.L : Je suis une femme mûre, mariée depuis longtemps et mère de trois fils adultes. Ceci dit, je n’ai pas l’impression que l’âge, ni le statut familial ou social me définissent vraiment. Je me considère plutôt comme la somme de mes multiples expériences. Je suis une femme libre de mes choix, passionnée par ce qui m’entoure et avide de découvertes.

M.P : Je rebondis sur ta dernière remarque. Une femme libre de tes choix… as-tu toujours été ainsi, avec cet état d’esprit ?

M.L : Toujours ! Avec des compromis. Par exemple, j’ai choisi de suivre mon mari dans ses différents postes en France et à l’étranger au détriment de ma carrière de journaliste parisienne car il n’a pas toujours été possible pour moi de rebondir professionnellement. Même si ce choix m’a coûté, il m’a permis de vivre des expériences incroyables, de rencontrer des tas de gens, d’être confrontée à des cultures différentes et m’a conduit vers l’écriture. Au final, je ne regrette rien. Maintenant, je suis libre de mon temps, ce qui est un luxe.

M.P : Peux-tu nous décrire à quoi ressemble une journée type ?

M.L : Écrire est devenu mon activité principale, mon travail. J’insiste beaucoup là-dessus auprès de mes proches, même si ce travail ne me fait pas vivre. C’est une activité qui rythme mes jours, mais sans aucune régularité. Je suis incapable de me dire : aujourd’hui, je vais travailler de telle heure à telle heure. J’écris en priorité et à côté de ça, je vis, c’est-à-dire que je me plonge dans la réalité quotidienne qui nourrit mon inspiration.

M.P : Tu insistes beaucoup auprès de tes proches… est-ce à dire qu’ils ont du mal à concevoir qu’écrire peut-être un travail au même titre que n’importe quel autre ?

M.L : Pour eux, ce n’est pas un travail, c’est un hobbie. Je m’en suis fait une raison. Mon mari et mes fils ne me lisent pas. Plus par pudeur que par indifférence, je crois. Mais je sais par la bande qu’ils sont fiers de moi, même s’ils n’osent pas me le dire en face.

M.P : La femme, Marie Lerouge, a-t-elle des hobbies, des passions, qui n’ont rien à voir avec l’écriture ?

M.L : Je suis très curieuse. Ce qui me passionne, c’est d’aller voir ailleurs ce qui se passe, et comment vivent les autres, que ce soit derrière une porte, au bout de ma rue ou au bout du monde. Donc, j’aime les voyages, et puis la photo, la lecture, la marche et tout ce qui touche à la culture : expos, ciné, architecture… J’adore aussi la déco et les loisirs créatifs : patchwork, broderie, encadrement, bijoux… Le jour où je n’aurai plus envie d’écrire, j’apprendrai la menuiserie pour retaper les vieux meubles que je récupère.

M.P : C’est intéressant, tiens. D’ordinaire les gens sont catégorisés, intellectuels ou manuels, toi, tu sembles à même de combiner les deux…

M.L : Je n’apprécie pas trop les catégorisations. Pour faire marcher ses mains, il faut aussi faire marcher son cerveau. Les deux relèvent du processus de la création. Assembler les mots pour en faire un roman ou assembler des bouts de tissus pour en faire un patch, pour moi, ça revient au même. Mieux, pendant que je couds, je peux réfléchir à des scénarios de romans. Régine Deforges, une romancière libre et frondeuse s’il en était, brodait. Elle avait même écrit un ouvrage sur le point de croix avec sa copine de plume Geneviève Dormann qui vient de nous quitter.

Deuxième partie : l’autrice

M.P : Abordons l’écriture, comment en es-tu arrivée là ?

M.L : Naturellement et à l’adolescence comme beaucoup d’écrivains. Je suis une pure littéraire que les sciences rebutent. J’ai eu la chance, après la fac, de pouvoir réaliser un de mes rêves en devenant journaliste de presse écrite dans le domaine économique. Etre payée pour faire ce que j’aimais plus que tout : écrire et voyager, je trouvais ça extraordinaire. Du reportage, je suis passée facilement au roman, sans les contraintes de délai, de longueur ou d’objectivité. Une vraie liberté, mais j’ai gardé mes réflexes de journaliste et je me documente beaucoup pour être crédible et éviter l’approximation.

M.P : Dirais-tu que le journalisme est une bonne école pour écrire des romans ?

M.L : Non. La démarche est très différente. Le journaliste n’a pas recours à l’imagination. Au contraire, il doit coller aux faits, être synthétique et clair, sans effets de style. En revanche, je n’ai aucune difficulté à couper dans mes textes au moment des corrections éditoriales. J’ai l’habitude.

M.P : Pour le coup, tu as largement répondu à la question suivante : Autodidacte ou formation (ateliers, livres, coach, etc) ?

M.L Formée sur le tas et par la lecture.

M.P : Tu fais donc partie de celles et ceux, tel Stephen King qui disent que pour écrire, il faut beaucoup lire ?

M.L : Pas forcément. Au contraire, ça peut être décourageant de se dire, après les avoir lus, qu’on n’écrira jamais mieux que Proust ou Céline, pour donner deux exemples dont les styles s’opposent complètement. Pour écrire, je crois qu’il faut d’abord avoir le goût des mots et des histoires. Ça peut venir d’ailleurs, des contes entendus dans l’enfance par exemple, du cinéma… Mais il est essentiel aussi de maîtriser la langue, de connaître la grammaire et surtout d’avoir quelque chose à dire.

M.P : J’adore écrire parce que je trouve ça libérateur. Et toi, qu’aimes-tu le plus dans cette activité ?

M.L : C’est vrai. Écrire peut être une façon de se libérer de certaines angoisses, de blessures anciennes ou d’un trop plein d’imagination. Dans ce cas, il n’est pas obligatoire d’être publié. On peut aussi se contenter d’écrire pour son tiroir. Pour ma part, écrire me permet de m’isoler dans ma tour d’ivoire pour inventer une nouvelle réalité, vivre par procuration de nouvelles expériences. J’avoue que c’est aussi une façon de fuir la réalité justement. Marguerite Duras disait que quand on écrit, on ne vit pas. Je suis d’accord.

M.P : Où trouves-tu ton inspiration ?

M.L : Partout. Dans les propos des gens que je capte dans la rue, les transports, les cafés (je note des bouts de dialogues, des expressions dans un petit carnet et j’ai lu que Katherine Pancol faisait ça aussi) ; dans les films, les livres, les magazines ; dans les paysages… Par exemple, l’idée de Happy Solo est venue d’un article du magazine ELLE, récupéré dans la poubelle de mon immeuble (depuis, ma voisine me les passe ?). L’une des idées de mon prochain roman a été inspirée par un reportage vu à la télé sur la façon dont sont rédigés les horoscopes. En fait, je suis une glaneuse : j’adore récupérer ce qui traîne pour le transformer.

M.P : Quel est ton genre de prédilection ? Saurais-tu expliquer pourquoi lui et pas un autre ?

M.L : Dans mes lectures, je suis assez éclectique, avec une préférence pour le roman contemporain. Dans mon écriture, je suis cataloguée Romance. Un genre qui a ses codes que je respecte, mais que je m’efforce d’élargir. Dans mes romans, il y a souvent plusieurs intrigues amoureuses parallèles et j’essaie de mélanger les générations. Je traite aussi, à ma façon que j’espère légère, de thèmes pas forcément porteurs, comme la mort dans Et son ombre sera légère, la maladie dans Vers les beaux jours, ou le handicap dans Le choix de Pénélope.

Pour répondre à la seconde partie de ta question, la romance m’offre le cadre idéal pour exprimer toute la palette des sentiments en tendant vers ce qu’on appelle la littérature blanche. L’historique est un genre qui demande trop de recherches. Je serais incapable d’écrire un polar ou un roman fantastique. »

M.P : Tu as écrit pas mal de romans, quel est celui que tu préfères et pourquoi ?

M.L : Comment choisir entre ses bébés ? Je les aime tous. Puisque tu m’y obliges, je vais tricher en en citant deux : L’héritière comblée (qui va reparaître bientôt) parce qu’il est lié à la période provençale de ma vie et que le héros me touche beaucoup ; Le choix de Pénélope (Harlequin-HQN) parce qu’il rassemble mes thèmes de prédilection : le voyage, l’art et la tolérance.

M.P : Si je te suis bien, il y a une part autobiographique dans tes livres ?

M.L : Aucun de mes livres publiés n’est autobiographique et pourtant, j’habite chacun d’entre eux en y instillant mes expériences, mes passions, mes valeurs… Mais c’est le cas pour chaque romancier, je suppose.

M.P : En tant qu’autrice comme en tant que lectrice, y-a-t’il des auteurs/autrices que tu admires ?

M.L : Question délicate. A part les auteurs que je connais personnellement ou virtuellement et que je ne peux pas tous citer, je répondrais sans trop réfléchir, mais en respectant la parité :
– Chez les contemporains francophones : Delphine de Vigan, Marc Dugain, Maylis de Kerangal, Sylvain Tesson, Fred Vargas, Emmanuel Carrère…
– Chez les classiques : Marguerite Duras, Anaïs Nin, Aragon, Prévert et presque toute la littérature russe.
J’en oublie plein.

M.P : Y a-t-il un livre dont tu aurais aimé être l’autrice ?

M.L : Aujourd’hui, ce serait Seule Venise de Claudie Gallay que je viens juste de relire. Parce que dans un style très simple, avec des phrases courtes, à la première personne du présent, elle plonge le lecteur au cœur de son récit. On a l’impression de la suivre dans les rues d’une Venise hivernale. On ressent toutes ses émotions, on souffre avec elle. C’est magique. J’aimerais être capable d’écrire comme elle.

M.P :  Bravo, en quelques lignes, tu as su me donner envie de découvrir ce livre… mais revenons à toi. Tes livres sont-ils publiés dans une maison d’édition ou en autoédition ? Peux-tu expliquer ce choix ?

M.L : Quand j’ai été publiée pour la première fois en 2011, l’autoédition n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui et plutôt décriée. Depuis, ça a changé heureusement, mais j’ai toujours préféré me reposer sur un éditeur pour la fabrication et la promotion de mes romans, non sans déceptions, parfois. Alors l’autoédition, oui, j’y réfléchis pour des manuscrits restés dans mes tiroirs ou dont j’ai récupéré les droits, mais j’ai toujours un peu peur de m’y lancer.

M.P : De quoi as-tu peur ?

M.L : Je prends le prétexte d’avoir à assumer la fabrication et la promotion pour ne pas oser faire le plongeon. Pour être honnête, je ne suis pas sûre de moi et j’ai besoin d’être rassurée par l’approbation d’un éditeur.

M.P : Nous venons d’entamer une nouvelle année, quels sont tes projets ?

M.L : Tu me donnes l’occasion de te donner la primeur de deux annonces :

– J’ai signé un contrat avec les Editions du 38 pour une romance à paraître normalement au printemps dans la collection Corail et je suis très contente d’entreprendre une collaboration avec cet éditeur qui publie déjà certains des auteurs que j’apprécie.

– Un mariage si simple et L’héritière comblée, mes deux premiers romans édités, vont reparaître très bientôt, en ebook et en poche, aux éditions Prisma. Je suis heureuse qu’on puisse les redécouvrir à un prix attractif chez un éditeur qui s’appuie sur un groupe puissant. »

M.P : Félicitations ! L’année s’annonce donc particulièrement intéressante et chargée ! Alors si nous voulons nous tenir informés de toute ton actualité, et si nous souhaitons se procurer tes romans, comment faisons-nous ? Où peut-on trouver tes romans, et te trouver toi ?

M.L : Mes romans, sur Amazon et toutes les plateformes de vente en ligne, et aussi sur le site de Harlequin-HQN pour mes 3 titres publiés chez eux en version ebook. Mes 3 titres papier publiés chez Il était un bouquin et chez Nisha peuvent être commandés en ligne, chez Cultura pour un retrait à la Fnac ou chez son libraire habituel en insistant un peu (ou pas). On me trouve sur ma page Amazon et sur ma page Facebook : Marie Lerouge Auteure. Et s’il y a des commandes, avis aux amateurs, je serai de passage à Livre Paris avec mon stock. Je suis aussi présente dans certains salons que j’annonce sur ma page.

M.P : Allez, je termine avec la question bonus qui, je le crois, permet en peu de connaître beaucoup de ta personnalité : Si tu croisais la route du génie d’Aladin, quels seraient les trois vœux que tu formulerais ?

M.L : Généralement, j’aimerais que les rapports humains soient plus apaisés, que les gens prennent le temps de se parler sans agressivité, de s’écouter, de tenter de se comprendre, d’accepter leurs différences… ça réglerait pas mal de problèmes, je crois.

Personnellement, j’aimerais avoir le temps d’accomplir le reste de mes rêves, parmi lesquels voyager et écrire encore et toujours. »

M.P : Marie, je te remercie d’avoir répondu à mes questions avec franchise et générosité. Je te laisse le mot de la fin…

M.L : D’abord, merci Maude de m’avoir choisie pour inaugurer ta rubrique Plume à plume. Je suis très touchée. J’ai hâte de lire les prochaines. Et enfin, puisqu’il est question de femmes, de destins et de liberté, et qu’il me reste un troisième vœu à formuler au génie d’Aladin, ce serait que les femmes aient la liberté de choisir leur destin partout dans le monde.

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