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Un roman sentimental où les relations se nouent au bureau

Il y a Julie, une femme complexée par son physique, qui cherche ses partenaires sur librestrentenaires.com, et Antoine son collègue qui tente désespérément de cacher son homosexualité. Il y a cette complicité née au bureau, qu’une succession d’évènements va transformer en véritable amitié. Et il y a Mathieu, un avocat aussi brillant que séduisant. Dès son arrivée, les vies de Julie et Antoine s’en trouvent bouleversées, mais tous les deux ignorent encore jusqu’à quel point…
Ces rencontres-là est un roman sentimental qui vous invite à pousser les portes du cabinet d’avocats Dutilleul & associés et à faire la connaissance de deux héros marqués par la vie et par le regard des autres.

Avis de lectrices

J'ai a-do-ré !! superbe écriture , l'histoire est très bien mené, les personnages sont attachants, j'ai ri avec l'humour et la répartie de Julie et l'incrédulité d'Antoine, et on se délecte de la relation qui se crée avec Mathieu, le fin est comme on l’espère, vraiment génial , je le recommande
Pitoizet
Bon livre bien . Les personnages sont touchant de vérité. J'ai passé un très bon moment avec cet auteur. Je recommande ce livre.
Annick
Histoire moderne et touchante. Une romance intense sans être à l eau de rose ! Une passion qui donne des envies d évasion
Client Amazon

Un avant-goût du voyage que vous ferez

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Lire un extrait

Chapitre premier

C’était le mauvais jour pour Julie. Le jour où elle allait mal, vraiment, vraiment, mal. Le jour où elle perdait pied aussi et faisait un peu n’importe quoi. Le jour maudit où elle se rappelait avec le plus d’acuité qu’elle avait du sang sur les mains, et que les années avaient beau passer, il ne s’effaçait pas.

En arrivant à son travail ce jour-là, Julie salua à peine ceux qu’elle croisa sur sa route. Ce n’est que lorsqu’elle aperçut Antoine, les yeux rivés sur son écran, les mains tapant fiévreusement sur son clavier, qu’elle sentit son humeur perdre un tout petit peu de sa morosité.

— Salut grosse, lui lança son collègue sans même arrêter la cassette qui tournait dans son magnétophone.

— Salut, répondit Julie en s’installant dans le bureau en face du sien.

Tandis qu’elle étudiait son apparence, un rictus moqueur s’étira sur ses lèvres.

— Quoi ? soupira Antoine en appuyant sur la touche pause et en retirant son casque. Qu’est-ce qu’il y a ?

Comme à son habitude, Julie n’y alla pas par quatre chemins.

— C’est quoi ce sweat ? Il est horrible !

Antoine jeta un œil au vêtement. D’une couleur turquoise très lumineuse, il arborait en lettres capitales violettes le mot PARIS.

— Qu’est-ce qu’il a de si horrible ?

— Il fait mal aux yeux ! Et il est moche. Tout simplement moche, horrible.

— Je l’ai acheté quand Caroline est venue à Paris l’an dernier. Elle l’a trouvé très beau, elle. Il paraît que le turquoise fait ressortir le bleu de mes yeux, termina le secrétaire en battant des cils.

— Personnellement je le trouve immonde. Je crois que je ne m’en servirais même pas comme torchon pour mes meubles. Mais puisqu’il te plaît alors…

— Oui, il me plaît. Et puis d’abord est-ce que je passe en revue ta tenue moi ? Tous les matins c’est la même chose ! Faut toujours que tu critiques…

— Excuse-moi. C’est juste… C’est plus fort que moi. Tu as quarante ans, tu n’es pas mal, mais tu t’habilles vraiment comme un naze !

— Dis carrément que j’ai des goûts de chiotte, bougonna Antoine avant de remettre son casque audio.

Julie chercha son regard et sans ciller lâcha :

— Je te le dis carrément, tu as des goûts de chiotte Antoine.

— Bravo, merci, maintenant je fais la gueule !

Tout en grimaçant, il mit en marche son magnétophone et reprit la frappe de ses courriers ; ni l’un ni l’autre ne desserrèrent plus les dents. Lorsque Pierre Estrange, l’avocat pour lequel travaillait Antoine les salua, ils répondirent à son bonjour du bout des lèvres.

— Waouh, quelle ambiance ici ! observa Pierre en les regardant tous les deux d’un air interrogateur.

— Julie s’est moquée de mon sweat, râla Antoine. Alors je boude.

— Antoine, tu veux bien me rappeler ton âge ? Quarante, je crois, non ? Et toi Julie ? Vingt-huit ?

— Que veux-tu, nous sommes de grands enfants.

Mais déjà, Antoine retrouvait le sourire.

À l’approche de midi, tous les collaborateurs du cabinet Dutilleul & associés se regroupèrent dans la salle de réunion où un pot était organisé en l’honneur de l’arrivée d’un nouveau collaborateur : le neveu de Nicolas Dutilleul. Antoine et Julie retrouvèrent les autres assistantes du cabinet dont Jacqueline, cinquante ans et Muriel trente-quatre ans.

— Regardez la mère Chinan, ricana Muriel en désignant la femme de l’un des avocats associés de Nicolas Dutilleul. Toute l’année c’est surimi low cost et pain sec, et comme par hasard, dès qu’un pot est organisé, elle est collée devant la table des victuailles !

— Mange merde, lâcha Julie en acceptant la coupe de champagne que lui apportait Jacqueline.

Elle la but d’une traite et partit en chercher une seconde.

— Doucement Julie, les festivités n’ont pas encore officiellement commencé, lui conseilla Muriel. — Ne vide pas tout de suite toutes les coupes, ça ferait mauvais genre.

— T’inquiète mu-mu, la petite tient bien l’alcool, la rassura Antoine en jetant à la dérobée un coup d’œil à sa collègue.

Julie ne réagit pas. Dans la poche de son jeans, elle sentit le vibreur de son téléphone portable et, sans plus prêter attention à quiconque, elle se mit à lire ses messages.

— Qui est-ce ? demanda Antoine en se penchant par-dessus son épaule pour regarder l’écran.

— Stéphane. Mignon, tu ne trouves pas ? Vingt-cinq ans, musclé, tatoué, coach sportif. On a rendez-vous ce soir dans un bar juste à côté de la salle de sport où il donne ses cours.

Sans qu’il ne s’en doutât, les yeux d’Antoine se mirent à briller.

— Tu vas le rencontrer alors qu’il sera encore tout transpirant ?

— Euh non, je pense qu’il aura pris sa douche.

— Dommage…

— Pourquoi ?

Lorsque leurs regards se rencontrèrent, Antoine sentit le rose lui embraser les joues. Pour éviter de répondre, il retira son sweat qu’il posa sur le dos d’une chaise et chercha tant bien que mal une réponse appropriée.

— Je sais que tu aimes les mecs Antoine, ce n’est pas la peine de jouer la comédie, observa tranquillement Julie en ne quittant pas le regard bleu azur qui semblait fiévreux.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

Alors que tout autour d’eux, les gens faisaient silence pour écouter Nicolas faire son discours et présenter le nouveau collaborateur, Julie entraîna son collègue un peu à l’écart.

— Tu peux me le dire, insista-t-elle en l’encourageant d’un sourire. Cela ne change rien pour moi.

Pris au dépourvu, Antoine bafouilla.

— J’aime autant les filles que les mecs si tu veux tout savoir.

— C’est vrai ?

— Absolument.

— Avec combien de fille es-tu sorti dis-moi ?

Nouvelle question désarmante.

— Zéro pour le moment, mais…

— Mais rien. À quarante ans, si tu n’es jamais sorti avec une fille et que tu baves à l’évocation d’un mec en sueur, c’est que tu es gay point barre. Pas hétéro, pas bi, gay. À cent pour cent.

— Julie, s’affola Antoine en regardant autour de lui si par hasard, une oreille indiscrète ne traînerait pas. Baisse d’un ton veux-tu ? Nous parlons de moi là !

— Ne t’inquiète pas, ils sont tous occupés à jouer les faux-culs avec Monsieur Dutilleul et à faire semblant de s’intéresser à ce qu’il a à dire… Quand ils ne sont pas en train de s’empiffrer, termina la jeune femme en lui désignant Aline Chinan, les joues gonflées par tous les petits fours dont elle se goinfrait. 

Dans un même rire complice, les deux amis la suivirent du regard tandis qu’elle mettait plusieurs sandwiches de pain surprise dans une assiette, et qu’elle trottait vers son mari, Édouard, pour l’inciter à manger.

— Vas-y chéri, l’imita Antoine en changeant l’intonation de sa voix. Aujourd’hui tu peux y aller, c’est jour de fête.

Alors que Nicolas présentait son neveu à ses collaborateurs, Julie explosa de rire. Elle ne baissa le son qu’au moment où elle reçut un grand coup de coude dans l’estomac.

— La vache tu m’as fait mal !

— Baisse d’un ton, je crois que tout le monde t’a repérée, y compris monsieur Dutilleul et son neveu… Soudain, le regard d’Antoine se fit plus avide, plus intense, un brin gourmand. Un sourire approbateur se dessina sur ses lèvres. Pas mal le neveu, formula-t-il en ne le quittant plus des yeux. Je devrais peut-être écouter ce qu’il a à dire.

— On s’en fiche de ce qu’il a à dire, décida Julie en portant ses yeux sur son téléphone portable. Que penses-tu de celui-là ? Martin, trente ans. Commercial. Pas de tatouage, mais il a de très beaux yeux. Non ?

Antoine regarda rapidement les photos sur l’écran de son téléphone portable. 

— Pas mal en effet. Mais je préférais celui d’avant… Ou celui que nous avons sous notre nez.

Julie leva la tête de son écran tactile pour regarder à quoi ressemblait le neveu Dutilleul. 

— Ce type est une girafe, s’exclama-t-elle en reprenant une coupe de champagne.

— Oui, mais qui dit grande taille… dit grande taille… gloussa Antoine.

De nouveau Julie explosa de rire.

— Dis donc, lui fit-elle observer, il suffit de te faire dire que tu es gay pour que tu te déchaînes ? Tu n’as jamais eu une telle attitude avant.

— Désolé ma belle, je n’ai jamais dit que j’étais gay… Ceci étant, entre ton coach sportif et Mathieu, je ne parviens plus à contrôler certaines pulsions.

— Mathieu ? Qui est Mathieu ? Je ne t’ai parlé que d’un Stéphane et d’un Martin ?

— C’est moi Mathieu.

Julie passa d’un Antoine déconfit à un homme aux épaules carrées qui les dépassait tous les deux d’une, voire de deux bonnes têtes.

— Je suis le neveu de Nicolas… Je crois que tous les deux vous avez raté une partie du discours de mon oncle.

— Et donc ? l’interrogea Julie avec une franche insolence. Nous allons être punis ?

Antoine ouvrit de grands yeux mortifiés.

— Je m’appelle Antoine, je travaille avec Pierre, s’empressa-t-il enserrant la main de Mathieu Dutilleul. Elle, c’est Julie, l’assistante de votre oncle.

Le regard de Mathieu se porta sur les yeux vert amande de Julie avant de glisser ostensiblement plus bas, sur la poitrine généreuse de la jeune femme. Aussitôt celle-ci se raidit ; son regard se fit glacial.

— On peut se tutoyer Antoine si ça ne te fait rien. Personnellement, je préférerais.

— Pas de problème, fit Antoine, les yeux rivés sur Julie. Tu veux un verre de jus de fruit Juju ?

— Non, répondit sèchement Julie en tournant le dos à Mathieu sans prendre la peine de serrer la main qu’il lui tendait.

Les deux hommes la regardèrent s’approcher du buffet pour s’emparer d’une coupe de champagne.

— J’ai fait ou dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? interrogea Mathieu, perplexe.

— Ne t’inquiète pas. Aujourd’hui n’est pas un bon jour pour elle. Elle se vexerait d’un rien.

Antoine s’excusa peu après et s’empressa de rejoindre Julie qui buvait en tapant furieusement sur son téléphone portable.

— Qu’est-ce qu’il t’a fait ?

— C’est un connard, claqua Julie en répondant à un message de Stéphane. Un de plus.

— Tu trouves ? Il a l’air plutôt sympa.

— Ce n’est plus ta tête qui parle là Antoine fait gaffe.

— Moins fort ! Ce n’est pas utile d’ameuter tout le cabinet.

Julie considéra son ami au travers de sa coupe à moitié vide.

— Arrête de jouer les hétéros avec eux, ils ne sont pas dupes. Si personne n’ose t’en parler, c’est par manque de couille, c’est tout. Ils sont tous hypocrites, et toi aussi.

Sa brusquerie, son ton acide, déconcertèrent Antoine autant que ses paroles le blessèrent.

— Il s’agit de ma vie, je fais ou dis ou joue à ce que je veux ! Et d’abord cela ne regarde personne !

— C’est vrai, admit Julie en reconnaissant volontiers qu’elle était allée un peu loin. Excuse-moi. Je crois que j’ai un peu forcé sur le champagne.

— Alors, arrête.

— Ce type m’a gavée.

— Qui Mathieu ?

Julie ouvrit la bouche pour s’expliquer avant de se raviser.

— Oui… Laisse tomber.

D’un pas décidé, elle posa sa coupe sur la table du buffet. Tout à côté d’elle, se trouvaient les restes d’un pain surprise ; elle fit signe à Jacqueline et Muriel de s’approcher.

— Ça vous dit de faire une petite blague à madame surimi ?

— Qu’est-ce que tu veux faire ? demanda Muriel, toujours partante pour se venger de la femme de son patron qu’elle ne supportait pas.

— On parie qu’elle voudra récupérer les restes de ce pain ?

— Elle l’a déjà fait à Noël si tu te rappelles…

Un sourire mauvais au coin des lèvres, Julie emporta la croûte sèche du pain surprise et disparut de la salle de réception. Lorsqu’elle fut de retour, Antoine et leurs deux collègues lui sautèrent immédiatement dessus.

— Tu en as fait quoi ?

— Poubelle.

Les yeux de Muriel s’arrondirent.

— Non, tu plaisantes ?

— Non Madame. Il est à la poubelle, avec les sachets vides de pistaches et de cacahuètes.

— Julie… la gronda Jacqueline. Si elle l’apprend…

— Elle est blindée d’argent. Ne me dis pas qu’elle n’a pas les moyens de s’offrir autre chose que les restes d’un pot payé par le cabinet !

Julie ne le réalisa pas, mais une nouvelle fois, sa voix avait porté, et Aline Chinon l’entendit. Elle se retourna vivement et fusilla d’un regard noir les quatre secrétaires.

— Merci Julie, je vais prendre pour toi, soupira Muriel.

— Désolée, c’est plus fort que moi. Cette bonne femme m’exaspère.

— Qui ne t’exaspère pas aujourd’hui ? observa Antoine.

Ce n’était pas très gentil de sa part, mais Julie se montra bonne joueuse.

Quand son téléphone vibra dans sa poche, elle s’éloigna pour répondre avant de retrouver Antoine, en pleine conversation avec les jeunes avocats du cabinet Dutilleul & associés.

— On sort ce soir ? lui demanda-t-elle sans préambule. On va boire un verre ?

— Ah enfin ! Depuis le temps que j’attends ton invitation ! se moqua Benoît.

— Joli ce pull, enchaîna Raphaël. Il te va très bien.

— Je parlais à Antoine, claqua Julie, sans relever le compliment. Elle s’efforça de garder un visage impassible, mais devant tous ces regards masculins qui la déshabillaient sans même se cacher, elle se mit à bouillir.

Avec brusquerie elle tira Antoine par le bras.

— Je croyais que tu avais un rendez-vous avec un beau Stéphane ? Ou un Martin, je ne sais plus.

— J’ai annulé.

— Pourquoi ?

Julie haussa simplement les épaules.

— Pas envie ce soir, on verra demain. Alors tu es libre ou non ?

Antoine la considéra en silence.

— J’ai deux cassettes de conclusions pour mon client de La Madeleine à taper. Je dois lui envoyer le tout avant demain matin…

— Youpi, encore une soirée excitante que tu vas passer derrière ton écran d’ordinateur.

— Ne commence pas tu veux…

— Tu m’énerves, je n’y peux rien, c’est comme ça. Tu n’en as pas marre de ce train-train qu’est ta vie ? Travailler tous les jours et tous les soirs puis rentrer tous les week-ends chez papa maman, et recommencer la semaine suivante ?

— Bon sang ce que tu es déprimante aujourd’hui ! Pourquoi…

— Est-ce que tu es heureux Antoine ? Est-ce que la vie que tu as, te plaît ? Honnêtement, de toi à moi.

— Bien sûr que non, reconnut Antoine avec un soupir las. Tu te doutes bien que si j’avais le choix, j’aimerais avoir autre chose que mon travail.

— Comme quoi ?

— L’amour par exemple.

— Et tu penses le trouver derrière ton écran ?

— Pourquoi pas ? Regarde-toi. Tu squattes les sites de rencontres, et tous les soirs tu fais la connaissance d’un beau mec.

— Tu es inscrit sur un site de rencontres ?

— Non, admit Antoine, tout penaud. J’y suis allé faire un tour, mais je ne suis pas inscrit.

— Alors comment crois-tu rencontrer l’homme de ta vie ?

— Je ne sais pas, dans la rue peut-être ?

— Quelle connerie ! Si c’est vraiment ce que tu désires, il faut que tu te remues les fesses ! Change ta garde-robe, change ta façon de vivre ! Sors davantage dans des lieux où tu serais susceptible de rencontrer les gens qui t’intéressent ! Tu n’es plus tout jeune, il faudrait que tu commences à le réaliser…

— Merci de me remonter le moral… Et si on parlait de toi pour changer ? Toi qui traites les hommes comme des mouchoirs à usage unique. Qu’est-ce que tu cherches ? Tu as attiré un tas de beaux mecs, mais n’en as gardé aucun plus d’une soirée. Pourquoi ? Ne me dis pas qu’aucun n’a voulu te revoir. Je ne peux pas croire que tu sois si nulle au lit…

À cette dernière remarque, Julie se mit à rire.

— Oh non j’assure de ce côté-là tu peux me croire.

— Alors quoi ? Qu’est-ce qui fait que tu es toujours célibataire ? Cela fait cinq ans que nous nous côtoyons et je ne t’ai jamais connu avec un petit ami. Un mec pour un soir si, plein de fois, mais aucun petit ami.

— Si je suis célibataire c’est parce que je le souhaite. Je veux un mec pour passer une bonne soirée, mais pas plus. Pas d’amour. Pas de plan sur un futur à deux… Tu veux tomber amoureux, moi non, chacun son truc. Je souhaite uniquement passer du bon temps.

— Ça, c’est une bonne philosophie de vie.

Mathieu Dutilleul les gratifia tous les deux d’un sourire avenant, mais lorsqu’il rencontra le regard de Julie, celui-ci tomba d’un coup.

— Oh pardon, j’espère que je n’ai rien interrompu…

— Non ne t’inquiète pas, le rassura Antoine. 

— Si justement, cette conversation était privée.

— Julie…

— Si cela peut te rassurer, je n’ai pas entendu grand-chose.

— Je m’en moque. Il est impoli d’écouter les autres et plus encore de s’immiscer dans leurs discussions.

— Eh bien dis-moi, es-tu aussi agréable avec tout le monde ou bien seulement avec les petits nouveaux ? C’est quoi ? Une forme de bizutage ?

Le regard furieux de Julie croisa à nouveau le sien.

— Pauvre con, lui jeta-t-elle avant d’aller chercher une coupe de champagne et de disparaître de leur vue.

— La vache, marmonna Mathieu, interdit, sidéré. Elle n’est pas commode.

— Demain elle ira mieux, assura Antoine en posant sa main sur son épaule.