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Comment me vient l’inspiration pour mes romans ?

Il y a quelques jours, sur Facebook, je vous ai brièvement confié comment me venait l’inspiration pour écrire mes romans. Je vous en ai parlé parce que depuis un petit moment une idée de roman trottait dans ma tête à cause d’une photo sur Internet et j’ai pensé que cela pouvait vous intéresser.

Une photo. Voilà donc ce qui peut m’inspirer.

Vous vous en doutez, il n’y a pas que ça… dans ce post, je vous partage la genèse de certains de mes romans et vous raconte comment et pourquoi j’en suis venue à parler de violence conjugale, de maltraitance animale ou encore, de prostitution occasionnelle.

Commençons par :

Cette histoire de femme battue a trouvé naissance d’abord et avant tout avec une chanson qui, en théorie, n’a rien rien à voir. A l’époque, j’écoutais en boucle une artiste québécoise que j’apprécie énormément pour ses textes très beaux et  puissants : lynda Lemay. Parmi ses chansons, il y en a une qui a résonné en moi au point que je me dise : et si j’écrivais un roman à ce sujet ?

Cette chanson, c’est :

Alors oui, il est question d’une mère qui bat sa fille et au début, je me suis dit, pourquoi pas ?

Et puis, en y réfléchissant, en me projetant dans l’histoire, en imaginant quelle intrigue je pourrais proposer, le cadre s’est élargi et le sujet de la violence conjugale est apparu. Là, il n’y a eu aucune hésitation, aucun doute. Ce thème a tout de suite éveillé ma curiosité et stimulé mon imagination. J’ai immédiatement eu envie de parler des femmes battues, de mettre ce sujet au cœur d’une histoire qui serait sombre, violente, cruelle mais aussi porteuse d’espoir.

Pour écrire ce roman, je me suis inspirée… de ma propre vie et de gens que j’ai côtoyés.

En effet :

— j’ai travaillé dans un cabinet d’avocats (d’ailleurs certaines scènes – en particulier l’une des premières, où pendant le pot, la femme d’un avocat veut récupérer le pain d’un pain surprise est une histoire vraie !!),
— j’ai eu une collègue dont le physique, comme Julie, était parfois sujet à moqueries ou à des réflexions déplacées,
— j’ai eu un collègue qui pendant longtemps, n’a pas osé affirmer qu’il était homosexuel ; ce fut douloureux pour lui et cependant, il a préféré faire croire autre chose, par crainte du regard des autres, du jugement, du rejet de ses parents. Pour tout vous dire, j’ai comme Julie, joué un moment le rôle de la potentielle petite-amie auprès de sa famille pour rassurer cette dernière qui s’inquiétait de ce que le fiston parisien était célibataire.

L’idée de faire d’une femme endettée qui travaille le jour et se prostitue le soir une héroïne, m’est venue après avoir vu un reportage à la télé (à l’époque, je la regardais encore un peu) dont le sujet précisément, était la prostitution occasionnelle. Le documentaire parlait de ces femmes qui avaient un emploi classique mais qui, en plus, vendaient leur corps pour boucler leurs fins de mois ou améliorer leur quotidien. Il n’était pas question de proxénétisme, de drogue, de violence ; leurs clients étaient monsieur-tout-le-monde. Ils achetaient leur service mais restaient respectueux de leur personne et de leur corps.

Ce reportage m’a intriguée au point que je me suis intéressée davantage à la question. J’associais la prostitution à la contrainte, à la violence, à la soumission ; j’ai découvert que pour certaines, elle pouvait être un choix conscient, délibéré, indépendant. C’est le cas de Camille même si elle aspire quand même à en finir avec cette double-vie.

Le thème principal de ce roman est la maltraitance animale, sujet qui ne me laisse pas indifférente. Plusieurs faits d’actualité m’ont choquée, révulsée, interpellée au point que j’ai voulu en parler dans un roman. Je n’ai cependant pas choisi l’angle de la violence volontaire. J’ai préféré parler de la négligence de certains propriétaires qui pour une raison ou une autre, laissent leurs animaux abandonnés à leur triste sort.

Cette photo en particulier, qui a circulé sur les réseaux, m’a horrifiée au point que dans le livre, on retrouve cet âne “en babouche”.

Sauver les animaux de ce propriétaire négligent est devenu le combat principal de Tessa, mon héroïne vétérinaire qui n’a pas froid aux yeux.

Quand j’étais plus jeune (glups) j’étais une inconditionnelle de deux/trois séries américaines. Côte Ouest (qui m’a inspiré Le choix de sa vie), A la Maison Blanche, et Cagney et Lacey, une excellente série policière, très réaliste, mettant en scène deux femmes détectives au caractère bien différent, dans le New-York des années 70/80 (preuve que j’en suis fan, j’ai déjà fait un clin d’œil à cette série dans la deuxième partie de mon roman Une rencontre inattendue 🙂 ).

Dans l’un des épisodes de Cagney et Lacey, l’une des héroïnes surmonte le décès de son père en buvant outre mesure. La lumière est alors faite sur sa situation : elle est (sans le réaliser ou l’admettre), alcoolique.

Cet épisode, tellement emprunt de réalisme, tellement douloureux, si parfaitement joué, est resté gravé dans ma mémoire. Ainsi, lorsque j’ai repris la plume, que j’ai trouvé un sens à mon écriture en voulant la mettre au service des femmes, j’y ai repensé. C’est ainsi que l’alcoolisme au féminin est devenu le sujet de Sans modération.

Dans cette histoire courte, l’héroïne est une jeune femme aveugle. Pour la créer, je me suis inspirée de cette femme au look BCBG que j’ai souvent croisée le matin, dans les couloirs du RER. Avec sa canne, elle avançait avec assurance et détermination, comme si la vue ne lui faisait pas défaut.

Lorsque j’ai voulu m’essayer à l’écriture d’une histoire courte et tenter un appel à texte dont le thème était l’hiver, j’ai immédiatement songé à elle.

***

Trouver une idée de romans n’est pas difficile. Vous l’avez vu, le sources d’inspiration sont partout.  L’expérience personnelle, l’actualité, un événement, une chanson… tout peut servir de base à une intrigue. Qu’est-ce qui me fait choisir un sujet plutôt qu’un autre ?  Ce pourrait être des considérations marketing ou le côté tendance, à la mode, du sujet, mais non. Ce qui me décide c’est lorsque j’imagine l’intrigue et qu’un tas d’émotions me submergent. Je songe alors à vous et vous imagine, le livre entre les mains, éprouvant la même chose que moi.

 

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