Flash fiction inspirée par vous

On pourrait croire que nous sommes jeudi 22 mars 2018, jour de grève dans les transports en commun. La rame est bondée. A chaque arrêt, plus de gens tentent de monter, incitant les voyageurs déjà privés d’air à se serrer davantage. Incitant ? Contraignant plutôt, en poussant si fort que les malheureux se retrouvent à suffoquer contre une doudoune, un sac, une vitre.

Certains fatalistes osent un sourire. La plupart râlent et fulminent. L’ambiance est électrique. On perçoit aisément le ras-le-bol, la tension, la fatigue aussi. Ces gens veulent simplement rentrer chez eux après leur journée de travail. Quoi de plus normal, en soi ? Hélas pour eux, ils doivent composer avec le malaise, la panne électrique, le suicide, les gens sur les voies… la joie des transports en commun en somme.

Elle, elle sort du lot.

L’expression sur son visage est calme. C’est à peine si elle lève la tête pour voir où en est la progression de son train.  A vrai dire, elle s’en moque un peu. Le monde pourrait s’effondrer tout autour d’elle qu’elle ne s’en rendrait pas même compte. Pourtant, elle aussi est contrainte de reculer et de suffoquer. Mais elle n’y fait guère attention.

S’ils sont tous ici, dans ce wagon, elle, est ailleurs. Les yeux rivés sur l’écran de son smartphone, elle se met même à éclater de rire. Un rire joyeux, spontané, qui attire vers elle pas mal de regards. Pourquoi se marre-t-elle alors qu’ils sont tous à bout de nerf ? Certains s’imaginent qu’elle regarde un film ou une série.

En fait, elle lit un roman. Elle est écrasée comme tout le monde mais elle parvient quand même à lire, et cela lui suffit.

Elle lit et en oublie tout le reste. Transportée aux côtés d’une héroïne qui la fait rire, trembler, pleurer aussi, elle n’a plus conscience de rien. Les bousculades, les soupirs, les noms d’oiseau… elle n’y fait pas attention et c’est finalement ça, qui rend son trajet si agréable.

Voilà donc toute la magie des livres. Ils ont réellement ce pouvoir, celui de vous transporter en un autre temps, un autre lieu. Ils sont capables de vous faire oublier l’instant présent, aussi désagréable soit-il, et vous faire sourire quand tout les autres sont prêts à se sauter à la gorge.

Il y a ce slogan que vous connaissez sans doute “pour voyager heureux, voyagez léger”. Avec votre permission, je le remplacerai par celui-ci “pour voyager heureux, emportez un livre.”

Comments

  1. Marie Kléber says:

    J’aime…
    Oui un livre nous offre cette évasion, ce voyage, nous permet de déconnecter, d’être ailleurs.
    Et dans une rame de métro bondé c’est le meilleur moyen de ne pas voir l’attente / le trajet passer.

    1. Maude says:

      Exactement Marie, le livre a cette capacité à nous faire oublier où nous sommes et parfois, c’est vraiment très appréciable.

  2. Émérance says:

    C’est un des endroits où j’ai le plus lu dans ma vie. Au point où lorsque j’arrivais à un moment palpitant de l’histoire, je soupirai d’agacement, car je devais refermer le livre car j’étais arrivée à destination.
    Comme disait, Victor Hugo: Lire, c’est voyager…

    1. Maude says:

      Je ressens exactement ça moi aussi, quand je sens que j’arrive en station j’essaie de lire plus vite lol
      Victor avait tout bon !!

Répondre à Maude Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quinze − onze =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.