Interview de Catherine Choupin

J’ai lu deux romans d’elle. A chaque fois, j’ai eu l’impression d’être un peu plus intelligente. Elle a une plume délicate, cultivée, élégante. Elle pourrait proposer des histoires ennuyeuses, surannées, ce n’est pas le cas.

Alors j’ai eu envie de la découvrir un peu plus et lui ai proposé de répondre à mes questions, ce qu’elle a accepté sans discuter.

Voici donc l’interview de Catherine Choupin.

 Première partie : la femme

M.P : Bonjour Catherine, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

C.C : Sensible. Passionnée, mais désormais sereine.

M.P : C’est vrai, ça fait quelques mots 🙂 

M.P  : Peux-tu nous décrire une journée typique ?

C.C :  Lecture ou écriture le matin, piscine l’après-midi ou promenade. Lecture ou écriture le soir.

M.P : As-tu des passions ou des hobbies autres que l’écriture ?

C.C : La lecture, la natation, la visite des cimetières et des parcs parisiens, les expositions de peinture. J’ai aussi une passion pour les (bons) gâteaux. Je connais bien les grands pâtissiers.

M.P : La visite des cimetières ? Qu’est-ce qui t’attire dans un endroit pareil ?

C.C : Les cimetières parisiens sont des jardins-musées à ciel ouvert. Ils sont toujours très beaux et très calmes, sauf à la Toussaint, et permettent de relativiser les choses. J’explique ma position vis-à-vis de la mort dans L’Homme qui aimait une statue du cimetière Montparnasse.

Deuxième partie : l’autrice

M.PComment es-tu arrivée à l’écriture ?

C.C : Difficile à dire, j’ai toujours écrit et eu envie d’être écrivain, mais je me suis lancée dans l’écriture en vue d’une publication seulement en 2010, après une lourde opération chirurgicale, qui m’a fait sentir la faux de près.

M.P : Tu t’es dit que tu n’avais rien à perdre à tenter l’aventure ?

C.C : Je ne me suis pas posé la question ainsi. Je me suis dit que c’était dommage de partir sans avoir dit ce que je voulais dire.

M.P : Autodidacte ou formation (ateliers, livres, coach, etc.) ?

C.C : Professeur de lettres classiques, j’ai travaillé la langue pendant toutes mes études et toute ma carrière.

M.P : Et cela se ressent dans ta plume et dans tes textes, que je trouve personnellement élégants et cultivés. Te lire est un plaisir.

M.P : Qu’aimes-tu le plus dans cette activité ?

C.C : Je ne sens plus le temps passer, je suis ailleurs, dans l’histoire que je crée. L’ennui au sens métaphysique n’existe plus.

M.P : As-tu une routine d’écriture ? Un moment particulier consacré à cela ?

C.C : Pas de routine. J’écris assez vite mon premier jet, mais pendant 3 semaines, je ne fais que cela, plus de 15 heures par jour et j’y pense en dormant. S’ensuivent deux ou trois mois de corrections et de mise à distance.

M.P : 15 h par jour, c’est impressionnant. Peux-tu nous présenter ton processus d’écriture ? Travailles-tu avec un plan ? Un résumé précis de chaque chapitre ? Est-ce un projet structuré ou écris-tu au fil de la plume en ne te laissant conduire que par ton imagination ?

C.C : Je pars seulement d’un schéma directeur qui s’est imposé dans mon esprit et qui tient en 3 lignes, je pense aussi à des scènes à faire, liées à ce schéma, et je commence souvent par ces scènes (la scène finale du bal dans La princesse et le Footballeur, par exemple). J’écris le début ensuite. En général, je suis mon schéma, mais pas toujours. Par exemple, pour Les deux destins de Rose, que tu as lu, je voulais d’abord en faire une déclaration d’amour à ma fille (avec le choix qui en découlait), mais au fil de l’écriture, j’ai fait un autre choix pour des raisons romanesques.

 M.P : Où trouves-tu ton inspiration ?

C.C : Dans les romans que j’ai aimés et dans ma vie, mais aussi dans mes rêves (du sommeil) ou mes rêveries. Je réalise souvent dans mes romans ce que je n’ai pu réaliser dans ma vie. Etant Gémeaux, j’aurais aimé vivre plusieurs vies. Seul le roman permet cela.

M.P : J’ai terminé Les deux destins de Rose – au passage, j’ai beaucoup aimé. Dans cette histoire, il est donné à l’héroïne l’occasion de remonter le temps et de changer le cours de sa vie. Aurais-tu aimé avoir cette possibilité ?

C.C : Oui, bien sûr. On y pense sûrement quand on n’a pas choisi les bonnes personnes et qu’on vit l’enfer. Le début du roman est autobiographique (et même édulcoré). Pour que l’attitude de la jeune héroïne soit crédible, j’ai imaginé qu’elle garde pendant une semaine la mémoire de la femme de quarante ans.

MP. Quel est ton genre de prédilection ? Saurais-tu expliquer pourquoi lui et pas un autre ?

C.C : Le roman sentimental ou psychologique, sans doute parce que ce sont les romans que j’ai toujours préféré lire. J’y cherchais le secret du comportement, parfois déroutant, des autres.

M.P  : As-tu trouvé ce secret ?

C.C : Je pense que oui, même s’il reste toujours des personnes déroutantes. Les lois de l’amour sont à la fois simples et complexes, il me semble que j’analyse assez bien désormais le comportement des autres, en particulier de ceux que je ne comprenais pas dans ma jeunesse.

M.P : Quel est parmi tous les livres que tu as écrits, celui que tu préfères ? Pourquoi ?

C.C : Le dernier, non parce que c’est le dernier, mais parce que j’y raconte l’histoire que j’ai toujours voulu écrire. Je l’avais déjà racontée dans un premier roman, mais le résultat n’était pas satisfaisant. Je viens de la réécrire entièrement avec la maîtrise de narration que m’a donné l’écriture des 17 romans qui ont précédé. Il s’agit de Toute une vie à vous aimer.

M.P : Quels auteurs/autrices admires-tu ?

C.C : Proust, Nerval, Baudelaire, Shakespeare.

M.P : Y a-t-il un livre dont tu aurais aimé être l’autrice ?

C.C :  La Lettre d’une inconnue de Zweig, d’où le sous–titre de mon dernier roman : La Lettre d’un inconnu.

M.P : Maison d’édition ou autoédition ? Peux-tu expliquer ton choix ?

C.C : J’ai pratiqué les deux et l’autoédition convient mieux à mon âme foncièrement libre et… impatiente.

M.P : Impatiente ?

C.C : Impatiente en amour et en édition. Quand on publie un livre chez un éditeur traditionnel, il se passe souvent une année entre le moment où on l’a écrit et le moment où il est publié. On est déjà passé à autre chose depuis longtemps, c’est un peu frustrant. En amour, c’est bien aussi d’obtenir ce que l’on désire au moment où on le souhaite le plus…

M.P : Quels sont tes projets ?

C.C : D’autres romans sentimentaux. J’en ai deux en tête pour le moment, je les laisse mûrir et je m’y mettrai quand je serai sûre d’être disponible pendant au moins quinze jours.

M.P : Où peut-on trouver tes romans, et te trouver toi ?

C.C : Mes romans sont en numérique sur plus de 200 sites (grâce à Librinova, plateforme d’aide à l’autoédition). Trois d’entre eux sont disponibles aussi en papier sur Amazon, grâce à l’aide d’amis informaticiens.

Moi, on me trouve … à la piscine 4 jours par semaine.

La question bonus :

M.P : Si tu croisais la route du génie d’Aladin, quels seraient les trois vœux que tu formulerais ?

C.C : Je sens la question piège, elle donne le vertige en tout cas. Evidemment, j’aimerais avoir suffisamment d’argent pour acheter un appartement avec vue sur le cimetière du Montparnasse ou sur le Jardin du Luxembourg, deux lieux où j’ai vécu mes plus grandes émotions. Je mets donc ce vœu en 3.

Mais je ferais passer en priorité la santé de ma fille : je souhaiterais qu’elle soit débarrassée de la maladie inconnue qui l’affecte depuis plus de 18 mois.

2e vœu : revenir en arrière quelques instants pour revoir mes parents vivants et pour recevoir à nouveau le baiser d’Emmanuel, bref revenir sur le balcon du 148, boulevard du Montparnasse quand j’avais 16 ans.

Un grand merci à Catherine pour m’avoir permis de la découvrir un peu plus au travers de mes questions.

Sa page Amazon

 (vidéo utilisée avec l’accord de Catherine)

4 commentaires sur “Interview de Catherine Choupin

  1. Merci Maude,
    C’est un tel plaisir de lire cet interview et les réponses de Catherine Choupin sont un vrai plaisir, ses romans sont un enchantement. Ils m’ont tellement appris. C’est une plume magnifique, des histoires originales. En plus, de savoir écrire à la perfection, elle possède un humour que j’adore.

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