Interview de Manon, héroïne de La fin de l’hiver

Vous avez été nombreuses à me demander une suite à La fin de l’hiver. Vous vouliez savoir ce qui est arrivé à Manon et à Thomas. Vous avez de la chance, j’ai pu la rencontrer et l’interviewer. Vous allez donc avoir les réponses aux questions que vous vous posiez…

*** Interview exclusive ***

Maude : Bonjour Manon, cela fait du bien de te revoir après tout ce temps.

Manon : Cela fait un moment, oui.

Maude : Alors, comment vas-tu ?

Manon : Écoute, je vais bien, je vais même très bien.

(Un sourire éclaire son visage).

Maude : En effet, tu es resplendissante.

Manon : Merci…

Maude : Peux-tu nous en dire plus ? Cela fait plus de trois ans que nous avons fait ta connaissance. Nous avons envie de savoir ce que tu deviens, ce que vous devenez tous.

Manon : Trois ans ! Le temps passe vite tout de même ! Alors écoute, tu ne seras sans doute pas surprise de savoir que je ne travaille plus à la blanchisserie. J’ai donné ma démission peu de temps après être rentrée du Québec. Et j’ai créé ma société, Doux Bébé, avec les Brécourt.

Maude : Sophie et Etienne Brécourt ? Je me souviens très bien d’eux, tu les avais rencontrés lors de ton voyage au Canada.

Manon : Exactement. Sophie est une amie très précieuse. Elle m’a décidée à me lancer.

Maude : J’imagine que Thomas aussi t’a mis la pression, non ?

(Une lumière traverse son regard, un sourire énorme étire ses lèvres. Maman est fière de son fiston, aucun doute possible.)

Manon : Il est juste extraordinaire. Il m’aide énormément. C’est lui qui s’occupe du site internet de la boutique. Il a même créé une petite chaîne sur YouTube qui a pas mal d’abonnés. Il est vraiment très fort. Je suis immensément fière de lui.

Maude : Cela se voit et s’entend. Lui aussi doit être fier de sa maman.

Manon : Je crois, oui.

Maude : Finalement, ce voyage au Québec est la meilleure chose qui vous soit arrivée, non ?

Manon : Tu n’as pas idée à quel point il a changé nos vies. Nous sommes plus heureux que nous ne l’avons jamais été.

Maude : Voilà qui fait plaisir à entendre… Manon, il y a tellement de questions que j’aimerais te poser, si nous commencions par Doux Bébé ? Où en es-tu avec la marque ?

Manon : Elle séduit beaucoup. Les ventes sont en constante augmentation, aussi bien via le site que dans les boutiques où nous avons un présentoir. Notre chiffre d’affaires progresse, tout comme notre résultat net. C’est une très bonne surprise.

Maude : Chiffre d’affaires, résultat net… te voilà donc vraiment à la tête d’une entreprise.

Manon Qui l’aurait cru ? Certainement pas moi. Et cependant c’est ma réalité d’aujourd’hui. Figure-toi que l’an dernier un groupe de femme, chefs d’entreprise, m’a décerné le prix d’entrepreneuse de l’année.

Maude : Félicitations !

Manon : Merci Maude.

Maude : Doux Bébé est donc promis à un bel avenir ?

Manon Nous faisons tout pour. Thomas, les Brécourt, mes parents, Malika aussi, qui continue à honorer quelques commandes. Cette femme a beaucoup de talent, je refuse de m’en séparer. Ensemble, nous avançons. Tout n’est pas toujours rose bien entendu, il y a des hauts et des bas, des coups durs aussi mais nous les affrontons, et tous les jours, nous apprenons. Dans quelques mois nous aurons un autre défi à relever avec l’ouverture de notre première boutique physique.

Maude : Sérieusement ? C’est une excellente nouvelle ! Où sera-t-elle installée ?

Manon. A Montréal.

Maude : Montréal, tiens-donc…

(Là, c’est moi qui souris et Manon m’imite, parce que toutes les deux pensons à la même personne : Samuel)

Manon : C’est là-bas que Thomas et moi résidons maintenant. Je viens en France une fois par mois, environ mais notre maison n’est plus ici.

Maude : Est-ce que Samuel y est pour quelque chose ?

Manon : Oui, évidemment.

Maude : Vous êtes toujours ensemble ?

Manon : Pour tout te dire, nous sommes fiancés. Nous allons nous marier l’été prochain.

Maude : Encore une bonne nouvelle ! Vraiment, Manon, je suis super heureuse pour toi, pour vous.

Manon : Oh, il y a bien quelques mauvaises nouvelles quand même, va.

Son regard se rembrunit, je saisis aussitôt l’allusion.

Maude : Jean ?

Manon : Samuel, Sophie… ils m’ont poussée à tout avouer à ma mère. Au début, elle a refusé d’y croire. Tu sais, elle l’a toujours mis sur un piédestal. Il a fallu que je lui raconte certaines choses, que j’entre dans les détails pour qu’elle finisse par trouver mon histoire plausible. Et quand je lui ai dit qu’il était le père de Thomas, là, ça a été le coup de grâce. Elle s’est effondrée, littéralement. Elle a pleuré pendant des jours. Elle ne dormait plus, ne mangeait plus. Mon père n’était guère dans un meilleur état mais il a davantage encaissé le choc. Heureusement que Thomas était à Montréal à ce moment-là. J’ai pu m’occuper d’elle ; d’eux. Ils avaient besoin de moi, que je leur dise que tout ça c’était du passé, que désormais, il fallait voir devant. Que j’allais mieux aussi, qu’à présent, ma vie était différente.

Maude : Thomas ignore toujours qui est son père ?

Manon : Oui, et tant que je serai en vie, je ferai tout pour qu’il ne l’apprenne pas. Il a assez souffert comme ça.

Maude : Pas faux.

Manon : Tu sais, maman m’a incitée à me confronter à Jean. Nous sommes allés en Vendée tous les trois pour ça. Elle a voulu que je porte plainte aussi. S’il n’y avait pas eu Thomas, je l’aurais fait, là, non. Quand nous avons été face à lui, il a nié bien entendu. Il m’a accusé d’être une ratée, une jalouse, une mythomane qui prenait ses désirs pour la réalité. Il n’a pas réalisé que la femme qu’il avait en face de lui avait sacrément changé. Qu’elle n’était plus cette petite chose vulnérable, influençable, manipulable à souhait. Jean est resté le même mais moi, non, et je peux te dire qu’il est tombé de sacrément haut. Après ça, tu t’en doutes, mes parents ont coupé tout contact. C’est triste pour Sandrine et les enfants, mais ma mère a décidé de couper les ponts avec tout le monde. Elle n’a plus de frère. Moi, cela fait un moment que je n’ai plus d’oncle.

Maude : La femme que j’ai en face de moi est en effet bien différente de celle que j’ai connue au début de La fin de l’hiver.

Manon : Oh cette femme-là n’existe, et depuis un moment. Je crois que c’est depuis le soir où Thomas a découvert que j’avais été violée. Avant il me méprisait, me prenait pour une ratée – un peu comme tout le monde d’ailleurs, moi y compris – après, il est devenu mon plus valeureux soldat. Son amour et sa force m’ont aidé à redresser la tête jour après jour, à devenir plus forte, inébranlable dans l’adversité.

Maude : Manon, si je résume, après l’obscurité, la lumière ?

Manon : C’est joliment résumé, en effet.

Maude : Alors ? Si tu avais un message à faire passer, ce serait lequel ?

Manon : Je commencerais par dire aux gens qu’il ne faut pas se fier aux apparences parce qu’ils ne savent pas quel est le chemin parcouru par la personne qu’ils jugent. Je dirais ensuite que la vérité, aussi pénible soit-elle, est toujours meilleure que les mensonges ou les secrets. Fatalement un jour ils sont dévoilés et les dégâts sont irréparables. En revanche, dire les choses, même si ça blesse sur l’instant, ça permet d’avancer, de resserrer les liens aussi. Parler est nécessaire pour guérir des traumatismes aussi, garder tout pour soi en revanche, vous tue à petit feu.

Mon dernier message serait de suivre le conseil de mon amie Sophie : se créer un escalier qui mène à notre objectif mais ne monter qu’une marche à la fois. S’y on s’y essaie, qu’on est déterminé et qu’on travaille durement, alors on peut les monter toutes, une à une.

Maude : J’aime beaucoup ce conseil, il résonne particulièrement en moi.

Manon : Alors à ton tour de monter les marches, Maude.

Maude : Je m’y emploie… Manon, je te remercie d’avoir répondu présente pour cette interview. Je sais que de nombreuses personnes voulaient avoir de tes nouvelles.

Manon : Merci à toi, et à elles bien sûr. Savoir que les gens s’intéressent à vous est quelque chose de particulièrement émouvant. Cela fait vraiment chaud au cœur.

Maude : Il  ne me reste plus qu’à te souhaiter plein de bonnes choses pour Doux Bébé, et tout le bonheur du monde avec Thomas et Samuel.

Manon : C’est bien ce sur quoi je compte… à ce propos, j’espère que tu seras présente à notre mariage.

Maude : Je suis invitée ?

Manon : Et comment ! Sophie sera ma témoin mais je te réserverai une place au premier rang.

Maude : Dans ce cas ! J’ai très envie découvrir le Québec.

Manon : Et bien, voilà l’occasion rêvée.

(Rires)

*** Fin de l’interview ***

 

Voilà, après cette interview, Manon est repartie à ses affaires. Elle devait rester encore deux jours en France avant de retrouver ses deux amours et partir à la conquête de Montréal.

J’espère qu’elle aura su répondre à vos interrogations et que vous aussi, vous saurez monter une à une les marches de l’escalier qui vous conduira à la réalisation de vos rêves.

Comments

  1. Émérance says:

    Bonsoir, Maude,
    Comment te dire… Tu sais que l’histoire de Manon, me touche au plus profond du cœur. D’abord, parce que c’est une histoire tellement touchante, comme Manon qui nous parle de ses blessures, mais aussi, parce qu’elle est dotée une force incroyable, ce qu’elle n’imaginait pas. J’ai adoré ce petit bout de femme. Et puis, Manon, m’a permis “de rencontrer” une femme épatante, une romancière pourvu d’un immense talent. J’ai infiniment d’admiration et de respect, pour cette femme aussi.
    Alors, Maude, merci , je suis très émue de lire cette interview. Un grand bonheur d’avoir des nouvelles de cette héroïne, car c’en est une, à tout point de vue ♥♥♥

    1. Maude says:

      Merci beaucoup Emérance, je sais à quel point tu as aimé La fin de l’hiver 🙂

  2. Agnès ETHEVENET says:

    Bonjour,
    Quel plaisir de savoir ce que deviennent les héroïnes de tes romans !
    Je lui souhaite plein de bonnes choses pour pour ses projets.
    Merci encore pour cet interview.

    1. Maude says:

      Merci Agnès, je suis contente de voir que cette initiative plaît 🙂

  3. Sarah says:

    ? merci ?

    1. Maude says:

      🙂

  4. Maria says:

    J’adore les histoires qui finissent bien . Merci Maud pour ce bon moment !!!!

  5. Marie says:

    J’ai beaucoup aimé l’histoire de Manon, elle m’a ému. Connaître la fin de cette aventure, sous forme d’interview, je trouve l’idée géniale.
    Merci pour vos merveilleux livres.

    1. Maude says:

      Merci beaucoup Marie 🙂

  6. Geneviève says:

    Merci pour ce prologue inattendu. J’ai adoré l’histoire de cette femme et de son garçon. De cette résilience sur fonds de voyage. Quel merveilleux récit.

    1. Maude says:

      Merci Geneviève pour ce retour !! Si vous avez aimé alors j’en suis sincèrement ravie.

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