Interview de Shana Keers

 

Elle fait partie de ces plumes que j’avais envie de découvrir cette année. Je me suis donc attelée à lire son roman, Immoralité. En même temps, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur elle. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai demandé si elle accepterait de répondre à quelques unes de mes questions, et elle a accepté.

Aujourd’hui, voici donc l’interview de Shana Keers.

 

Première partie : La femme

 

M.P : Bonjour Shana, pour commencer, peux-tu te présenter en quelques mots ?

S.K : Eh bien, il n’y a pas grand-chose à dire sur moi ?

J’ai bientôt 47 ans (oh, mon Dieu). Je suis mariée, j’ai trois grands enfants et j’habite en pleine campagne limousine.

 

M.P : A quoi ressemble une journée type ?

S.K : Écriture, corrections, réseaux sociaux, écriture, corrections, réseaux sociaux. Lol

 

M.P : Waouh, tu es donc une autrice à plein temps ?

S.K : C’est ça, et j’en suis très fière.

 

M.P : Quelles sont tes passions en dehors de l’écriture ?

S.K : La lecture, mais l’écriture en autoédition est chronophage et je manque de temps. Sinon, cela n’a pas forcément de rapport, mais j’aime tout ce qui demande de la réflexion (Mathématiques, échecs, logigrammes par exemple) et tout ce qui me demande un apprentissage approfondi.

 

M.P : Quelle genre de lectrice es-tu ?

S.K : Je suis une lectrice compulsive. Je suis capable de lire pendant des heures, voire des jours, puis de totalement arrêter pendant plusieurs semaines.

 

Deuxième partie : L’autrice

M.P : Comment es-tu arrivée à l’écriture ?

S.K : Par le plus grand des hasards. Je l’ai souvent expliqué. J’ai découvert une plateforme de lecture gratuite. J’ai commencé par lire tout un tas de magnifiques pépites, puis je me suis dit que je ne risquais rien à poster deux ou trois chapitres pour m’amuser. Je n’avais jamais rien écrit de ma vie, ni même l’envie de le faire auparavant.

 

M.P : Comment alors as-tu eu l’idée de ces deux ou trois chapitres ? Avais-tu malgré tout une histoire en tête ?

S.K : Absolument pas. J’ai cherché quelques prénoms dans ma tête. Pour le lieu, j’ai pris la ville où ma fille aînée suit ses études pour plus de facilité. J’ai ajouté un chat, parce qu’elle en a un et que je trouvais l’idée sympa et une vieille 205 comme la sienne pour rester dans des repères connus. Je suis partie totalement à l’aveugle. Sans trame. Sans idée de la suite et encore moins de la fin. C’est venu au fur et à mesure.

 

M.P : Qu’aimes-tu le plus dans cette activité ?

S.K : La liberté de tout pouvoir écrire. Pour moi, l’écriture n’a aucune limite.

 

M.P : As-tu une routine d’écriture ? Un moment particulier dédié à cela ?

Pas vraiment. J’aime beaucoup écrire le soir très tard, ou la nuit. C’est un moment de calme propice à l’imagination. Mais j’écris aussi très tôt le matin car je dors peu, et même la journée.

 

M.P : Si je ne me trompe pas, ton genre de prédilection est la romance érotique, peux-tu expliquer ton choix ?

S.K : Je ne l’explique pas moi-même. Cela vient peut-être du fait que, dans la mesure où je ne m’interdis rien en écriture, j’ai envie d’aller au bout de mon récit en donnant tous les détails, hot ou non. ?

 

M.P : Je suis en train de lire Immoralité et je dois dire que le sujet est osé puisqu’il est question d’une relation incestueuse entre un demi-frère et une demi-sœur. Pourquoi ce thème risqué ?

S.K : A vrai dire, lorsque j’ai commencé à écrire cette histoire, je ne me suis jamais posé la question de l’interdit et encore moins des réactions que pourraient avoir les lectrices. Comme je l’ai dit plus haut, j’écrivais pour m’amuser. Je n’ai jamais pensé éditer mes écrits.

 

M.P : Quelles ont été les réactions de tes lectrices alors ?

S.K : A ma grande surprise, excellentes. Mais à l’époque, j’avais mis un point d’honneur à donner dans le synopsis des détails expliquant très nettement les liens entre les deux héros. Ce qui n’a pas été le cas lorsque je me suis retrouvée en maison d’édition. Mais ça c’est une autre histoire.

 

M.P : Penchons-nous à présent sur l’édition. D’abord éditée de manière traditionnelle, tu t’es tournée vers l’autoédition, comment en est-tu venue à prendre cette décision ?

S.K : Rentrer dans l’édition traditionnelle a été pour moi une surprise. J’ai été contactée, alors j’ai saisi l’opportunité sans savoir où je mettais les pieds. Je me suis juste dit que, dans la mesure où beaucoup faisaient des démarches à n’en plus finir pour faire éditer leur roman, je ne pouvais pas refuser une proposition sur un plateau d’argent. Sauf que, être tributaire des autres, devoir accepter les compromis, ce n’est pas pour moi.

 

M.P : Tu as été contactée suite aux chapitres que tu avais postés sur la plateforme d’écriture ?

S.K : Oui c’est exact. J’ai été contactée quelques semaines après la fin de la publication de la saison 1 de LIVE TO LOVE sur cette plateforme.

 

M.P : Qu’est-ce qu’il te plait dans l’autoédition ?

S.K : La liberté. Celle de pouvoir tout gérer de A à Z sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Même si l’autoédition est chronophage et m’empêche d’écrire autant que je le souhaiterais, j’aime l’idée que je suis la seule décisionnaire. Si je réussis, c’est grâce à moi. Si je me plante, je n’aurais à m’en prendre qu’à moi.

 

Une philosophie que j’aime beaucoup et que je partage…

M.P : Tes romans ont l’air de très bien fonctionner, as-tu une stratégie mise en place pour arriver à pareil résultat ? Un secret bien gardé ?

S.K : Le succès est relatif et peut être éphémère, j’en suis totalement consciente. Je ne prétends pas avoir un quelconque succès, ni même être à la hauteur de tous les écrivains de ce style qui publie en maison d’édition. Je fais de mon mieux. J’essaie même de faire toujours mieux. Je ne compte pas mon temps, ni l’énergie que je déploie. Je passe des heures sur le net à chercher des techniques, à prendre exemples sur d’autres. Je peaufine. J’adapte en fonction de mes objectifs. C’est un travail de longue haleine. On verra s’il est payant sur le long terme ?

 

M.P : Quelle est ta définition du succès ?

S.K : C’est une question difficile. Je pense que le succès c’est tout d’abord de pouvoir vivre convenablement de son travail et d’avoir la reconnaissance de son public, c’est-à-dire qu’il soit capable d’acheter ton futur roman les yeux fermés, sans se poser de questions, parce qu’ils ont une totale confiance en ce que tu leur proposes. Et bien sûr, qu’il te recommande à leurs amis. Il n’y a rien de mieux que le bouche à oreille pour atteindre le succès.

 

M.P : Pourquoi avoir choisi d’écrire sous un pseudo ?

S.K : Parce que, comme je l’expliquais plus haut, j’écrivais sur une plateforme gratuite. J’avais donc créé un pseudo et, de par le nombre d’abonnés, je n’ai pas souhaité en changer quand j’ai signé mon contrat d’édition. Avoir un pseudo, surtout lorsque l’on écrit de l’érotique, permet de se protéger un peu. J’ai répété de nombreuses fois que ce n’est pas parce que l’on écrit dans ce style là que l’on est obsédée ou perverse, au même titre qu’un auteure de policier n’est pas forcément un meurtrier en puissance. Seulement, il y a des personnes à l’esprit étriqué qui ne comprennent pas très bien ce genre et font des amalgames. Ce peut être ennuyeux dans le quotidien, même si, aujourd’hui je me rends compte que l’on ne peut pas se cacher éternellement.

Par contre, avec le recul, si j’avais su que je basculerai dans l’édition, j’aurais peut-être réfléchi plus longuement au choix de ce pseudo justement.

 

M.P : Il ne te convient plus ?

S.K : Comme je l’ai dit, je n’ai pas eu le temps de réfléchir à la question puisque j’ai gardé mon pseudo de départ. Je m’y suis faite avec le temps, mais peut être que sinon j’aurais choisi quelque chose de moins américanisé.

 

M.P : J’ai vu que tu avais créé ton propre site, peux-tu nous partager un peu de cette aventure ?

S.K : Ce site m’a donné du fil à retordre, c’est le moins que l’on puisse dire. Lorsque j’ai choisi de passer en autoédition, il m’est apparu évidemment de créer ma boutique en ligne pour proposer des livres dédicacés à mes lectrices et aussi des produits dérivés. Disons que c’est un moyen détourné de leur faire plaisir, dans la mesure où, participer à des salons comme le salon du livre de Paris est un peu compliqué et surtout relativement cher pour un auto-édité.

D’après ce que je peux voir, peu d’auto-édités se lancent dans une boutique en ligne. Cela demande du temps, surtout en termes de création de site. A moins d’avoir les moyens de prendre un webdesigner pour le faire. Sauf que, comme pour le reste, je n’ai pas voulu que quelqu’un le fasse à ma place. Et, dans la mesure où je n’avais jamais fait ce genre de choses, j’ai dû apprendre au fur et à mesure toutes les facettes de la création d’un site. Nuits blanches, gros stress, cerveau en ébullition, j’ai eu la totale. :p

 

M.P : Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

S.K : Maintenant que mon site est enfin opérationnel, c’est un gros poids en moins dans mon planning. Il me reste encore la fin des corrections de la saison 2 de LIVE TO LOVE. Elles avancent à grands pas et, ensuite, j’aurais tout le loisir de reprendre l’écriture comme je le faisais auparavant. J’ai trois projets en cours et des tonnes d’idées. Mais même sous la torture, je ne te dirai rien. Hahaha.

 

M.P : Même pas une idée parmi les tonnes que tu as ? ?

S.K : Nada, je suis une tombe et il faut bien entretenir un peu le mystère sinon ça n’est pas drôle :p

 

M.P : Je termine avec la question bonus qui, je le crois, permet en peu de connaître beaucoup de ta personnalité : Si tu croisais la route du génie d’Aladin, quels seraient les trois vœux que tu formulerais ?

S.K : Le premier serait sans doute d’avoir le don d’omniscience. Cela m’éviterait de passer autant d’heures à apprendre et donc j’aurais plus de temps à consacrer à l’écriture.

Le second serait de ne plus avoir besoin de dormir. Quelle perte de temps !

Le troisième serait d’avoir la faculté de lire dans les pensées des autres pour savoir s’ils sont honnêtes ou non. Je déteste les mensonges et les faux-semblants.

 

M.P : Tu y as été confrontée dans ta vie d’autrice ?

S.K : Bien sûr ! Je réponds ça comme une évidence, je sais. Mais le milieu de l’écriture est un milieu un peu bizarre où règne quelquefois une ambiance un peu glauque et où la jalousie a malheureusement toute sa place. Cependant, j’en ris plutôt que de me morfondre. Après tout, si l’on parle de moi, en bien ou en mal, c’est que l’on me porte un minimum d’intérêt, et c’est toujours mieux que d’être totalement transparente. ? Les profiteurs, les envieux existent partout. Il faut juste faire en sorte qu’ils ne polluent pas ton atmosphère trop longtemps. J’aime les gens sincères et désintéressés, alors je fais régulièrement un grand ménage de printemps. Même si l’on est en hiver ?

Shana, je te remercie beaucoup pour avoir accepté de répondre à mes questions. Je te souhaite plein de réussite future, et c’est sincère ?

 

Pour retrouver Shana, vous avez le choix :

Son site internet : https://shanakeers.com

Sa Page Amazon

Son compte Twitter 

Sa page Facebook

Son compte Instagram

Son compte Google +

Son profil Booknode

Immoralité :

Live to love :

 

Comments

  1. Je suis un peu surpris sans l’être complétement de faire des envieux dans ce métier
    y as tu déjà été confrontée Maude ?

    1. Maude says:

      Non, pas à ma connaissance, mais sans doute est-ce parce que je ne suis pas une autrice à succès 🙂

  2. celine says:

    Et je suis entierement d’accord on te porte de l’intérêt des qu’on parle de toi que ce soit en bien ou en mal et en mal, je pense même que la personne est obnubilé par toi..bisou

    1. Maude says:

      Ce sont les risques de la visibilité aussi, c’est toujours à double tranchant. Ceci dit, toute réussite a un prix je pense.

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