Je veux conduire…

au sens figuré, comme au sens propre, car j'ai mon permis depuis mes 18 ans mais je n'ai JAMAIS conduit de ma vie !

Bref, il y a un an, un an et demi, dans un bouquin, pour expliquer son propos, l'auteur s'est servi d'une image qui m'est restée en mémoire (et pourtant je la perds). En gros, chacun est soit conducteur de son véhicule -comprendre, sa vie-, soit passager. La plupart d'entre nous sommes passagers; quelqu'un conduit à notre place, dans la direction qu'il a choisie et nous, nous nous laissons porter.

Cette image me plait de plus en plus parce qu'elle illustre une envie nouvelle : devenir indépendante et décider pour moi-même. En clair : ne plus recevoir de consignes, ne plus passer huit heures derrière un bureau pour servir les intérêts de quelqu'un d'autre alors que ces huit heures, j'en aurais bien besoin moi, pour écrire mes livres, pour lire, pour profiter de mon fils... pour faire tout à un tas de choses. Il ne s'agirait pas de me lever à 11 heures et de trainasser non, il s'agirait d'occuper mon temps à quelque chose qui à mes yeux est utile et source d'épanouissement. Notre temps est limité disait Steve Jobs...

Je vous l'avais annoncé hier : mes idées sombres s'évanouiraient ; aujourd'hui, mon désir d'écrire, d'en faire une occupation à plein temps est ravivé. Ecrire mais aussi lire les autres, les aider, et développer autour de cette activité quelque chose de positif et de rentable.

En y songeant, je souris parce que jamais de ma vie je n'ai eu l'esprit entrepreneurial. Tout ce qui de près ou de loin touche au commerce m'a toujours rebutée (c'est certainement la raison pour laquelle je suis si nulle en marketing).

Les gens changent parait-il (enfin certains), et oui, aujourd'hui j'ai cette envie. Tout à l'heure encore alors que j'étais au bureau, je me disais que c'était peut-être la dernière année que je faisais ça. Que peut-être l'an prochain, j'aurai démissionné et serai en mesure de passer mon si précieux temps à autre chose de plus intéressant pour moi. Non pas que je n'aime pas ce que je fais ; sans que ce soit la passion, j'y ai trouvé du plaisir, mais depuis quelque temps, je n'y suis plus. L'idée de prendre le volant me fait les yeux doux et c'est vers elle que mes bras se tendent, que mes jambes courent.

Ce désir est d'autant plus ardent que la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, n'a rien de rassurant. Autrefois le CDI était considéré comme le Saint Graal mais ce n'est plus le cas. Les licenciements qui laissent sur le carreau un tas de gens prouvent bien qu'il n'y a plus aucune garantie et qu'avoir un plan B devient vital. Je pense qu'il devient nécessaire de pouvoir aussi compter sur soi-même, et dans mon cas, je n'ai plus envie de remettre mon destin entre les mains d'une tierce personne qui n'a certainement pas les mêmes aspirations ni les mêmes objectifs que moi (vous vous rappelez : conduire sa voiture plutôt qu'en être simplement le passager...).

Donc voilà où j'en suis : désireuse de devenir auteur-entrepreneur, de créer mon emploi. Hélas, c'est en terre anglo-saxonne que le phénomène se répand et la littérature française sur le sujet est bien maigre. Or ce qui vaut pour les Etats-Unis ne vaut pas nécessairement pour nous. Autrement dit, je ne sais pas du tout comment arriver à cet objectif.
J'exagère un peu : je sais en théorie mais c'est insuffisant. Et je suis malgré tout encore très frileuse pour ne pas dire timide. Ecrire des romans oui, travailler sur moi, sur mon site, apprendre le marketing oui, mais un pas à la fois.
Il n'en demeure pas moins que cette idée de prendre le volant fait sérieusement son chemin. Beaucoup d'obstacles se dressent, et comme je le disais, ils ont tendance à me faire baisser les bras, à me décourager. Je sais que le renoncement n'est pas la solution, je sais aussi qu'il faut être patiente et ne pas espérer de résultats immédiats, mais parfois (souvent !) quand la douche froide vous tombe dessus, elle vous blesse. J'imagine que c'est un moyen de tester l'endurance, la détermination, la volonté et le courage, une façon d'opérer une sélection naturelle entre ceux appelés à réussir dans ce domaine et les autres.

Ai-je ce qu'il faut ? Ai-je cette détermination ? Cette volonté ? Ce courage ? Suis-je endurante ?

Je dirais oui, parce qu'il faut ces qualités pour arriver au bout d'un livre, en particulier quand, comme moi, vous faites ça seule dans votre coin, quand vous oubliez d'enregistrer régulièrement ce que vous avez écrit, ou que vous effacer un chapitre et qu'il vous faut tout recommencer ; il les faut aussi pour continuer lorsque les ventes s'affaissent ou que vous avez l'impression que personne ne s'intéresse à ce que vous avez à dire,
et je dirais non parce qu'un grain de sable suffit parfois à me faire tomber, me démoraliser. Je me raisonne seule et rebondis, mais je me rends compte qu'un rien peut me faire vaciller, ce qui n'est pas très bon signe non plus. Il me faut plus de confiance en moi, et de la discipline, un mot dont j'ai toujours eu horreur.

Aujourd'hui pourtant je réalise qu'elle est essentielle au succès. A moi d'adopter de bonnes habitudes et de les répéter tous les jours. Pour citer Jim Rohn (je lui dois beaucoup) : Le succès ce ne sont que quelques disciplines suivies tous les jours.

Hier j'ai dit que je ne consulterai Facebook que 3 fois par jour : en voilà une
J'en ai commencé une autre aujourd'hui : manger des amandes parce qu'il parait que c'est bon, en particulier pour les maux de tête (sujet sensible pour moi)
Ecrire ici tous les jours, en voilà une troisième

Il serait bon que je m'en fixe une quatrième : écrire de nouvelles pages de mon roman bien entamé mais sur lequel je bloque pour le moment. Un écrivain pro n'attend pas l'inspiration, il se met au travail TOUS LES JOURS !

J'ai plus d'une fois lu que le plus dur était de commencer ; je crois qu'en fait, le plus dur est de continuer chaque jour, peu importe la saison ou nos états d'âme.

Ce que j'ai fait aujourd'hui pour avancer sur le chemin de de l'indépendance :

- améliorer mon site et trouvé un widget très sympa permettant la mise en valeur des articles et du blog

Pas énorme...

 

Mes trois notes positives :

- J'ai commandé les cadeaux pour les participants au concours... étant une grande habituée du "j'ai le temps" et de tout faire à la dernière minute, cette fois, j'ai pris les devants, pour le cas où. Il en va de ma crédibilité tout autant que du respect que je dois au personnes qui se sont inscrites. C'est idiot mais je suis contente parce que j'ai brisé mon naturel "no stress ".

- Mon fils est dans les nuages (le soleil n'aura pas duré). Je ne suis pas ravie mais ce qui me fait plaisir, c'est qu'il nous l'ait dit; à moi d'abord puis, quand son père lui a demandé, il le lui a confié. Je le revois encore, se tenir debout et lui dire 'je suis dans les nuages" , son père lui a répondu "qu'est-ce que nous avions dit ? " et lui d'avouer " de rester dans le soleil". Ma fierté c'est son honnêteté. Il aurait pu ne rien dire car personne ne lui avait posé la question aujourd'hui.

- Je viens de terminer une aventure de bêta lecture qui a commencé voilà presque un an. C'est émouvant et avoir pu être utile, aider, encourager, supporter, motiver... ça aussi c'est une des dimensions de ma personne. Comme l'écriture, c'est quelque chose que j'adore faire, dans lequel je me sens pleinement moi.

A demain...

Comments

  1. Émérance says:

    Chère Maude
    C’est un réel plaisir de te lire tous les jours. J’attends ce rendez-vous avec une impatience non dissimulée.
    Cela fait un an et demi que l’on se “connait”, d’abord par tes livres, et ensuite parce qu’un jour j’ai osé toquer à ta porte sur FB. J’avais envie de découvrir l’autrice que tu es. Je devrais dire plutôt que tu étais. Parce que même, si la femme a évolué, dans l’écriture tu es devenue une autrice plus affermie. Ça se ressent beaucoup dans tes romans.
    Il y a quelque mois de cela, tu n’aurais jamais parlé publiquement de ton fils. En fait tu restais un écrivain de l’ombre. Il en a fallut du temps aussi pour que tu oses montrer ton visage.
    Je peux aussi témoigner que tu es une personne sur laquelle on peut compter. Et ça doit pourtant te pomper de l’énergie. J’espère que la satisfaction que tu en retires en vaut le coup.
    Et puis il y a ce rêve, ce désir de devenir plus autonome, de ne plus dépendre des autres, de décider de ce que sera ta vie. Tout simplement t’épanouir en réalisant TON RÊVE. Alors je n’ai qu’une chose à dire OSE ! Le plus néfaste ce n’est pas d’échouer, non ! c’est de ne pas avoir OSÉ.

    1. Maude says:

      Merci madame !

  2. Cécilia says:

    Très très joli post. Je ne peux que saluer ta motivation, ton talent et ta réussite à venir !

    1. Maude says:

      Merci, tu seras l’une des premières, sinon la première (;)) à le savoir.

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