Mes 10 manières de gérer les critiques ou les mauvais commentaires

Auteurs, comment gérer la critique ?

Il n’y a pas si longtemps, la moindre critique négative sur mes romans me heurtait durement, physiquement. J’avais l’estomac qui se nouait, le cœur qui battait plus vite, la gorge qui s’asséchait…

Aujourd’hui, les choses sont différentes. J’ai beaucoup travaillé sur moi, beaucoup lu surtout, et pris du recul.

Dans cet article, je vous partage quelques-unes des techniques qui me permettent désormais de publier un roman sans (trop) redouter les critiques. Parce que vous savez quoi ? Elles sont inévitables.

  1. Je me rappelle qu’il ne s’agit pas d’une attaque personnelle

Après tout, il m’arrive de dire qu’un roman ne m’a pas plu. Cela ne signifie pas pour autant que j’en veux à son auteur ni que je le déteste. Il n’y a absolument rien de personnel dans l’opinion que je formule. J’exprime un ressenti sur un travail, non sur une personne.

C’est la même chose quand une lectrice ou un lecteur qui n’aime pas mon roman me le fait savoir, en publiant par exemple un commentaire négatif. C’est l’œuvre qui est jugée, pas moi.

Cela peut sembler une évidence, mais pourtant, ça ne l’est pas. Parce que je tiens à ce que j’ai écrit, j’ai tendance à vouloir ne faire qu’un avec. Du coup, l’association : si on aime mon livre, on m’aime moi et si on déteste mon livre, on me déteste, est vite faite.

Or je ne suis pas mes romans. Une fois que j’ai compris ça, cela va déjà beaucoup mieux.

  1. Je prends du recul

Quelquefois, la tentation est grande de répondre. De se défendre. De s’emporter aussi.

Pour éviter les mots malheureux, il est préférable de fermer son ordinateur et de faire tout autre chose pour que l’adrénaline redescende.

Répondre sous le coup de l’émotion est juste le meilleur moyen de se planter. De dire des mots qui dépassent notre pensée. Or Internet n’oublie rien. Un faux-pas et le moment opportun, il vous reviendra à la figure. Alors même le bout des doigts me démange, j’y réfléchis à deux fois avant d’intervenir.

  1. Je l’ignore…

Quand la critique se résume à quelques mots très forts mais livrés sans aucune explication, par exemple « J’ai détesté », « ce livre est une horreur », « à éviter », « à fuir », je ne vois qu’une chose à faire : l’ignorer.

Que pourriez-vous faire d’autre ? Demander pourquoi ? Oui, bien entendu, mais je gage que la personne qui aura laissé un commentaire aussi laconique n’a pas l’intention de détailler, sinon, elle l’aurait fait.

Alors, plutôt que se ronger les sangs et chercher à comprendre ce qui a bien pu rebuter autant, plutôt que de se poser un tas de questions qui n’auront jamais de réponse, il vaut mieux ne pas s’appesantir. A faire l’inverse, on risque la nuit sans sommeil et la perte de confiance en soi.

Une critique en vaut-elle le coup ?

  1. … ou j’en tiens compte

A l’inverse du comportement numéro 3, si le commentaire négatif est détaillé, explicité, et justifié, si plusieurs critiques sont similaires, alors oui, là, je me pose des questions. Qu’une personne juge l’histoire cousue de fil blanc et je me dis, bon c’est son point de vue. Que plusieurs personnes regrettent la même chose et là, je me dis que le problème est réel et sérieux. Que mon récit a besoin d’être amélioré, voire, retravaillé.

Et que dire des critiques sur les fautes à gogo ? Là, j’avoue ne pas attendre qu’il y ait plusieurs retours avant de reprendre mon texte.

Autant les avis sur le fond sont subjectifs et sujets à discussion, autant les fautes d’orthographe ou de grammaires sont à prendre tout de suite au sérieux ; ne rien faire est le meilleur moyen de plomber indéfiniment son roman.

  1. Je ne la laisse pas me démolir

Les mots ont le pouvoir d’abattre, de mettre en pièce. De décourager aussi, si les retours tant attendus ne sont pas ceux espérés. Dans ce cas il est vrai, mon seul désir est de me cacher, de me morfondre, de panser mes plaies en me promettant que plus jamais je ne publierai, parce que la claque m’a fait très mal.

Oui… mais non.

Une critique, si elle est constructive, est bonne à prendre. Elle m’aide à améliorer mon écriture, à garder les pieds sur terre et à m’endurcir.

C’est à moi de savoir ce que je veux : écrire pour être lu par les autres ou écrire juste pour moi ?

Si je veux être lue, je dois accepter que mes œuvres soient attaquées. Cela ne doit pas m’empêcher de continuer à écrire et à publier encore, et encore. Au lieu de me cacher au fond d’un trou en me promettant de jamais ô grand jamais reproduire l’expérience, je prends un moment pour digérer, analyser, tirer le bon s’il y en a, puis relever la tête et poursuivre.

Aucune aventure qui vaut la peine d’être vécue n’est sans risque, sans heurts, sans up and down. C’est ainsi, et c’est très bien.

  1. Je n’oublie pas les autres critiques – les BONNES

Vous remarquerez que nous avons tendance à nous focaliser sur le négatif en oubliant le positif. Une critique incendiaire, et nous voyons tout en noir. Nous serions même prêts à renoncer… alors qu’à côté de celle-ci, il y a tellement de beaux retours, de lecteurs qui ont aimé ou adoré notre roman ! C’est aussi à eux que je pense dans ces moments-là, car d’eux viendra l’apaisement.

Pour une personne qui détestera, une, deux ou trois autres adoreront. C’est sur ces-dernières que je me focalise. A ces dernières que je pense.

  1. Je vais voir les bestsellers…

Et je constate qu’eux aussi ont leur lot de lecteurs déçus et mécontents. Personne n’y échappe alors pourquoi moi serai-je épargnée ? Cela fait partie du jeu, autant l’accepter tout de suite.

Il n’y a pas de plaisir pervers à découvrir que les autres livres ont également de mauvais retours. Simplement, cela permet de recadrer, de remettre les choses en perspective. Ne pas se croire plus immunisée qu’une ou un autre.

  1. J’accepte de ne pas pouvoir tout contrôler

Il y a quelque temps, j’avais écouté un podcast de développement personnel et j’avais retenu l’information suivante : nous ne pouvons contrôler que ce que nous faisons, pas ce que les autres en pensent ni comment ils agissent.

Et c’est absolument vrai. Je peux contrôler ce que j’écris, je ce que je produis et propose aux autres mais je ne peux pas maîtriser les réactions des lecteurs ni ce qu’ils écriront. Une fois ce principe intégré, ma manière d’aborder les critiques a changé.

  1. Je ne les regarde plus

D’accord, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand elles sont peu nombreuses, mais je crois que c’est comme tout, passé un certain stade, les clics sur Amazon (ou ailleurs) pour voir s’il n’y a pas eu une nouvelle critique s’espacent, et puis s’estompent.

 

  1. Je me rappelle le proverbe « la critique est facile, mais l’art est difficile »

Oui parce que mine de rien, si je publie un roman, c’est que j’AI ECRIT un roman ! J’ai créé une œuvre entièrement, une histoire avec un début, un milieu et une fin. Même si j’ai très envie qu’elle plaise aux autres, je n’oublie pas que j’ai fait quelque chose et que ceux qui critiquent n’ont peut-être jamais rien créé.

Même imparfaite, même de mauvaise qualité, mon œuvre a le mérite d’exister, d’être réelle. Elle est perfectible, elle peut être améliorée, mais avant tout, elle est et rien que pour cela, je dois être fière. Aucune critique au monde ne pourra me l’enlever.

Conclusion

Je vous l’accorde, les critiques peuvent être blessantes, frustrantes, déstabilisantes.  Il est nécessaire d’apprendre à les accepter pour ce qu’elles sont, en leur accordant la valeur qu’elles méritent, pas moins mais pas plus non plus. En tirer partie aussi, est le meilleur moyen de les rendre utiles.

Finalement, dans mon cas personnel, ce n’est pas la critique que je redoute. Ce qui m’effraie le plus, c’est de décevoir mes lectrices, de ne pas être à la hauteur de leurs attentes.

J’ignore comment y pallier autrement qu’en essayant de donner à chaque fois le meilleur de ma plume.

 

 

 

 

 

 

 

Comments

  1. Aydan says:

    Bravo pour cet article. Je suis entièrement d’accord avec toi sur tout ce que tu as dis….Bon maintenant, il faut appliquer tous ces précieux conseils plein de bon sens 😉
    C’est vrai que c’est compliqué de lire ou d’entendre une critique sur quelque chose que l’on a créé de toute pièce, sur laquelle on a passé tellement de temps, mis tellement d’énergie et toute son âme pour donner le meilleur. Je pense que ce processus d’acceptation de la critique se fait au fur et à mesure du temps, avec le recul. J’avoue redouter quand même les critiques face à mon roman, mais si elles permettent de l’améliorer et de corriger ce qui ne va pas, c’est une bonne chose 😉

    1. Maude says:

      Bien sûr que la critique est importante voire nécessaire mais elle ne doit pas être perçue comme autre chose qu’un avis personnel au risque sinon de nous paralyser et de nous décourager. ?

      1. Aydan says:

        C’est bien vrai. Je vais tâcher de m’en souvenir 😉

  2. Agnès says:

    Bonsoir,

    Les critiques sont toujours difficile à accepter mais elles servent aussi à avancer et parfois se remettre en question..?
    Car nous nous pensions bien dire ou bien faire mais les personnes en face ne l’on peut être pas interprété comme nous le pensions… ?

    1. Maude says:

      Bonsoir Agnès, non, c’est bien ce que je dis, d’une manière générale, nous sommes maîtres de ce que nous écrivons mais pas de la façon dont cela sera perçu par les autres 🙂
      Chacun est libre de choisir comment interpréter une critique 🙂

  3. Cyrille says:

    Merci pour cette chronique pleine de bon sens. Je n’ai pas encore édité, mais si je suis sûr de grincer des dents à la première critique négative. Pourtant tu m’auras prévenu !
    Je sais très bien, qu’à travers les forums et les réseaux sociaux une génération de “haters” sont juste là pour ça, se défouler anonymement et gratuitement sur toutes formes d’expression, mais non, pas moyen de garde mon calme, surtout quand on tombe sur des commentaires très constructifs comme : “il est pourri ton texte, c’est nul !”
    Dans les manuels de type “comment devenir auteur en 10 leçons”, il devrait y avoir un chapitre sur le sujet. Je rajouterais même, si toi aussi, auteur publié, tu n’as pas eu ta critique négative, ne t’inquiète pas, elle arrivera bientôt.

    1. Maude says:

      ah tiens j’aime beaucoup l’idée du manuel 🙂 Oui, la critique est un passage obligé. elle est je pense très formatrice.

Répondre à Maude Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

15 + quatre =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.