Mes règles d’or d’écrivain

Vous avez envie d’écrire un roman, une nouvelle, un texte court ? Ce chemin est délicieux mais parsemé d’embûches, de pièges et d’obstacles. Dans ce post, je vous partage quelques règles qu’il faut avoir en tête  tout le long de cette belle aventure.

Règle #1 : Ne prenez pas l’affaire trop au sérieux

Avant toute chose, ayez à l’esprit qu’écrire un livre est avant tout une aventure excitante qui doit provoquer un tas d’émotions mais certainement pas l’ennui ou la contrainte.

L’écriture ne doit pas non plus vous rendre malade. L’image de l’écrivain alcoolique, dépressif, torturé et cependant génial n’a pas à vous coller à la peau.  Vous n’avez pas besoin de tomber dans les bas-fonds de la dépression pour raconter votre histoire.

Considérez vraiment ces heures où vous écrivez comme des instants privilégiés. Réalisez que vous êtes en train de vivre votre rêve et profitez-en. Vous avez le droit d’être ému par ce que vous avez écrit, d’en rire ou d’en pleurer, d’en souffrir même, car cela fait partie de l’expérience, mais gardez en tête que c’est avant toute chose un voyage.

Ne vous mettez pas de pression inutile. Ne placez pas la barre si haute que vous savez pertinemment que vous ne pourrez pas l’atteindre. Ne vous mettez pas volontairement des bâtons dans les roues. Soyez relaxe.

Ne vous prenez pas non plus la tête sur la longueur de votre récit. Ce devait être un roman et finalement votre récit a la taille d’une novella ? D’une nouvelle ? D’une microstory ?  Qu’importe.

Vous aurez toujours la possibilité de développer si vous tenez vraiment à allonger votre texte (en particulier si vous voulez le soumettre à un concours qui a des exigences en terme de longueur), mais vous pouvez tout aussi bien en rester là.

Si vous avez dit tout ce que vous aviez à dire sur le sujet que vous vouliez traiter, c’est vraiment tout ce qui importe. Un texte court peut être génial, il peut transporter le lecteur pendant qu’un roman de 300 pages le laissera indifférent.

C’est toujours la même chose : ce qui compte c’est ce qui est dit et la manière dont c’est dit.

Règle #2 : Supprimez ce qui n’est pas important

Lorsque vous écrivez, ayez votre lecteur à l’esprit. Pensez à lui et à l’expérience que vous voulez lui donner. Vous avez envie qu’il vous lise jusqu’au bout n’est-ce pas ? Vous ne voulez pas qu’il s’endorme ou s’ennuie pas vrai ?

Alors supprimez de votre texte (ou abstenez-vous) toutes les phrases à rallonge. Toutes celles où, lorsque nous arrivons au point final, nous avons oublié le début.

Utilisez aussi la ponctuation à bon escient. Pensez au point d’exclamation pour marquer des émotions, une intonation, aux virgules et aux points-virgules pour permettre au lecteur de respirer, de souffler.

Prenez autant soin de la forme que du fond. Des dialogues plats, insipides, qui n’ont pas grand sens, qui n’apportent rien, sont à bannir.

Des descriptions soporifiques qui endorment, celles qui poussent le lecteur à tourner rapidement les pages sans même les lire, aussi.

N’hésitez pas à rayer,  supprimer, à effacer tout ce qui est inutile. C’est du remplissage ; cela agace, déplaît et rebut.

Comme le dit Stephen King, il faut éliminer tous les mots superflus pour ne garder que l’essentiel. N’ayez donc pas peur de trancher dans le vif.  Oui, ça réduit le nombre de mots ou de pages, mais dites-vous que c’est pour le bien de l’histoire et de vos lecteurs.

Si vous pouvez aussi éviter les clichés, c’est très bien. Après tout, même si vous racontez Roméo et Juliette ou 50 nuances de Grey, vous pouvez faire preuve d’originalité. Évitez autant que possible de donner au lecteur une impression de déjà lu. Faites que l’histoire soit la vôtre, même si elle en rappelle d’autres.

Enfin, supprimez la narration qui décrit ce qu’un dialogue a déjà expliqué. Cela fait doublon et pareil, c’est inutile.

Règle #3 : Donnez à votre lecteur ce qu’il veut

Étudiez votre propre comportement de lecteur. Qu’est-ce qui vous fait aimer un livre ? Adhérer à un style ? Devenir fan d’un auteur ? Qu’est-ce qui vous a plu ou déplu dans une histoire ? Pensez à cela lorsque vous écrivez, tenez-en compte.

Réalisez aussi qu’aujourd’hui encore plus qu’hier, l’offre est importante. Le lecteur a l’embarras du choix, et il est pressé. Il ne veut donc pas se tromper lorsqu’il ouvre un livre. Ou s’il se trompe, il le referme aussitôt et en choisit un autre.

C’est ainsi. Le lecteur ne se force pas. Parallèlement, le temps consacré à la lecture ( de livres, pas de post Facebook), diminue.

Il vous appartient alors de lui donner ce qu’il attend.

Selon le genre dans lequel vous écrivez, assurez-vous d’y mettre les ingrédients attendus :

    • de l’amour pour une romance,
    • des meurtres et du suspens pour un policier,
    • de scènes coquines pour de l’érotisme,
    • de l’humour pour une chick, etc

Insistez bien sur les aspects qui permettent de classer votre livre afin de ne pas décevoir le lecteur. Soyez original aussi, surprenez.

Même si le genre a ses codes, vous pouvez en casser quelques-uns. Vous pouvez aussi tous les respecte. C’est à vous de voir. Mais donnez au lecteur la plus belle expérience de lecture possible.

Règle #4 : Montrez au lieu de dire

C’est une règle d’or que vous retrouvez dans tous les livres qui traitent d’écriture.

Vous ne devez pas raconter ce qui arrive à vos protagonistes, vous devez le montrer.

Par exemple l’un de vos héros est enrhumé ? ne dites pas Paul est enrhumé. Dites que Paul éternue sans discontinuer, et qu’il a les yeux rouges et gonflés et laissez au lecteur le soin d’arriver lui-même à la conclusion.

Si vous vous contentez de raconter, le lecteur n’a aucun effort à faire, aucun travail d’imagination. Votre récit perdra de son intérêt.

En revanche, si vous permettez au lecteur de s’identifier aux personnages, si vous lui faites se poser des questions, si vous lui donnez de quoi éprouver et ressentir, là, il adhérera.

Annabelle a le cœur brisé après sa rupture avec Sylvain ? Comment cela peut-il être montré au lecteur ? Réfléchissez à des moyens de faire transparaître cette blessure en invoquant les cinq sens de votre lecteur. Songez à comment peut se manifester physiquement une peine de cœur. Et comment elle peut se traduire dans des actes ou des paroles. Servez-vous des descriptions et des dialogues.

Essayez de vous imaginer en train de montrer le chemin à votre lecteur et, plutôt que de le prendre par la main pour le conduire à destination, vous le laissez vagabonder, admirer le paysage, faire tout seul le cheminement jusqu’à ladite destination. C’est ainsi que vous le captiverez. Planifiez

Règle #5 : Planifiez

Autant vous le dire tout de suite, il y a des partisans et des opposants à cette règle.

Certains y voient un cadre nécessaire pendant que d’autres estiment qu’elle bride leur imagination.

Voici mon avis tout personnel.

D’une manière générale, je suis réfractaire à la planification. Je l’ai toujours perçue comme un frein à la spontanéité.

J’ai donc écrit un roman “au fil de la plume”. J’aimais beaucoup ça. Je me sentais libre, spontanée. L’histoire roulait toute seule.

… ouais sauf qu’elle roulait dans toutes les directions à la fois. Elle roulait tellement bien qu’en me relisant, je me suis aperçue qu’elle avait plus d’un pneu crevé.

L’histoire écrite au fil de la plume s’est résumée à une succession de scènes plus ou moins bien ficelées, mais parfois sans grande cohérence. Le “j’écris comme ça vient” a abouti non pas à un roman sans queue ni tête, mais à un roman qu’il m’a fallu retravailler pendant longtemps.

Et que dire de ces instants où vous contemplez le curseur sur votre écran et vous vous demandez : et maintenant, j’écris quoi ?

Cela ne m’est pas arrivé très souvent mais je ne fais pas de mon cas une généralité.

Quand on écrit au fil de la plume, on a plus de chance de succomber au syndrome de la page blanche.

Pour mes romans suivants, j’ai fait un plan… un plan à ma sauce, c’est à dire pas super hyper détaillé. Là où certains auteurs font un résumé de leur histoire sur une dizaine de pages, voire plus, moi, je me borne à un tableau. Les colonnes correspondent aux chapitres. Dans chaque colonne, je résume le chapitre, j’y ajoute des références, parfois des morceaux de dialogues. C’est vraiment très succin mais cela me suffit.

Il n’est pas dit que ma méthode soit la vôtre mais sachez qu’avec un plan :

  • vous pouvez retrouver votre chemin toutes les fois où dans votre récit, vous vous êtes égaré
  • vous pouvez dès le départ vous assurer que votre histoire tient la route niveau cohérence
  • vous gagnez un temps fou au moment d’écrire

Lorsque vous avez pris le temps de tracer votre retour, tout devient plus facile, et plus rapide.

C’est à vous de voir (et de tester) ce qui vous convient, mais je vous assure qu’avec un minimum de planification, vous y gagnez beaucoup.

Règle #6 : Sauvegardez régulièrement

Cela peut sembler une évidence mais prendre l’habitude de sauvegarder – et à plusieurs endroits – est une de ces habitudes qui peut vous éviter pas mal de sueurs froides.

Combien de fois ai-je dû réécrire tout un chapitre parce que j’avais oublié de le sauvegarder ?

Combien de fois ai-je écrasé le mauvais fichier ?

C’est le genre de choses qui, lorsque vous vous en apercevez, vous donnent vraiment des sueurs froides. Vous avez les boules, vous êtes dégoûté même. Vous aviez écrit un truc super et voilà, plus aucune trace. Il n’y a plus qu’à refaire mais c’est bête, vous avez oublié cette phrase qui allait super bien dans le dialogue, ou cette scène qui, lorsque vous l’aviez écrite, vous avait enthousiasmé.

Pour éviter cet écueil, maintenant j’enregistre sur mon ordinateur mais aussi et surtout, je m’envoie par email le fichier sur lequel j’ai travaillé.

D’ailleurs je vous conseil de ne pas vous limiter à votre ordinateur : si le disque dur vous lâche, vous allez ramer pour tout récupérer, si tant est que cela soit possible.

Préférez une double ou une triple sauvegarde : un disque dur externe ou une clé USB, dans le Cloud, le drive de google, ou même par email. L’essentiel est d’avoir toujours un accès à vos écrits, quoi qu’il arrive.

Règle #7 : Respirez

Quand l’inspiration est là, il est difficile de s’arrête. Nous avons bien trop peur qu’elle nous fuit et qu’ensuite, il nous faille des jours pour la retrouver.

Lorsque je suis immergée dans une histoire, je ne vois pas le temps passer ; plus rien n’existe si ce n’est mon désir d’écrire, et d’écrire encore. Il m’est arrivé d’écrire non-stop de 6 heures du matin à 14 heures, en me contentant d’un simple grignotage aux alentours de midi. Bien mal m’en a pris parce qu’ensuite, c’est la tête qui tourne, l’estomac qui se noue… et pour moi qui suis migraineuse, le mal de tête qui arrive, m’handicapant pendant les 3 ou 4 jours qui suivent.

Heureusement, mon rythme de vie fait que je ne peux pas écrire autant que je le voudrais, et de manière non stop.

Peut-être le pouvez vous. Dans ce cas, et même si chacun fait comme il le sent, prenez soin de vous et de votre santé. Pendant les phases d’écriture, dormez normalement, mangez, buvez de l’eau… même si l’histoire vous captive, ne tombez pas malade, ce serait idiot.

Règle # 8 : Ne vous découragez pas

Ecrire est difficile, écrire sur la durée encore plus. Pour peu que l’inspiration vous ait fuit, que la page blanche vous fasse de l’œil, pour peu que vous vous soyez relu et que le résultat ne vous ait pas emballé, le risque d’être démotivé est là.

Ne cédez pas à ses sirènes.

Personne n’attend de vous que vous écriviez l’oeuvre parfaite dès le premier jet. Bien au contraire, tout le monde sait que la première version d’une histoire est destinée non à figurer dans le top 100 d’Amazon mais dans la corbeille de votre ordinateur.

Alors ne paniquez pas devant l’ampleur des dégâts.

Si vous avez perdu votre inspiration, relisez-vous, essayez de vous reconnecter à votre histoire (si vous aviez un plan, ce serait plus facile…), prenez un peu de recul sinon, allez faire un tour, oxygénez-vous. Vous reprendrez un peu plus tard (pas trop tard non plus !).

Si ce que vous avez lu vous déplaît ou vous fait horreur, restez zen. Vous allez avoir l’occasion de retravailler, de peaufiner, d’améliorer, de réécrire… toutes ces étapes viendront en temps et en heure.

Pour le moment le plus important est de poser votre histoire sur le papier, comme elle vous vient. L’immense soulagement que vous éprouverez lorsque vous aurez réussi à la sortir de votre tête vous reboostera pour la suite.

Ne lâchez donc rien. Jamais !

Conclusion

Voilà mes huit principales règles d’or, celles que j’applique personnellement (donc, je peux en parler) et qui me sont bien utiles. Certaines relèvent du bon sens, d’autres des techniques d’écriture, ensemble, elles forment ces habitudes que j’ai intégré désormais et qui m’accompagnent à chaque fois que j’écris un nouveau roman. En vous les partageant, j’ai essayé de vous donner de quoi démarrer votre processus d’écriture dans de bonnes conditions – physique et mentale. Si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à me les signaler. L’écriture est un acte solitaire mais je le conçois aussi comme un acte de partage, avec le lecteur, et également avec les autres auteurs.

8 réponses pour “Mes règles d’or d’écrivain”

  1. Bibicheandco11 janvier 2018 à 21 h 03 minRépondre

    Merci ! Merci beaucoup pour cet article qui est une mine d’or de bons conseils car je ne te caches pas que je me suis lancé sans plan, et qu’à des moments je rame.

    1. Maude12 janvier 2018 à 9 h 43 minRépondre

      Un plan, même succinct aide beaucoup, au moins comme fil rouge. Je te conseille d’en faire un. et puis tu sais, même si cela prend du temps de l’élaborer et de réfléchir à l’histoire en amont, tu gagneras beaucoup de temps après 🙂

        1. Maude12 janvier 2018 à 11 h 33 minRépondre

          Si tu as besoin d’un petit coup de main, n’hésite pas 🙂

          1. Bibicheandco12 janvier 2018 à 11 h 38 min

            Merci. Je t’embêterais certainement pour la relecture pour avoir un œil de pro. ?

          2. Maude12 janvier 2018 à 15 h 29 min

            Avec plaisir (dans la mesure de mes compétences) 😉

  2. Shalimar12 janvier 2018 à 14 h 17 minRépondre

    Je te remercie de tes conseils avisés. Sur le point 3 “donner au lecteur ce qu’il veut”, je m’interroge néanmoins. Que faire lorsqu’on a tendance à mélanger les genres et qu’on n’arrive pas à faire autrement ?
    Par exemple, dans Emma, je me suis débrouillée malgré moi pour mélanger le roman réaliste, le thriller et la chick lit :-). Dans mon 3ème roman “les dieux tombés”, c’est un mélange de thriller, de critique sociale et de dark romance…Y aller à fond dans les 3 genres? Ou au contraire, faut-il privilégier un seul genre?

    1. Maude12 janvier 2018 à 15 h 35 minRépondre

      Mélanger les genres devient compliqué ensuite quand il faut classer le livre sur une étagère. Ou alors tu le retrouves dans trois étagères différentes, ce qui est une bonne idée pour avoir un lectorat assez large. Toutefois je pense que dans un roman, il y a un genre qui prédomine, même si tu y ajoutes des touches d’autres genres, par ex de l’humour ou de la romance pour un thriller.
      Personnellement, je n’ai pas trouvé qu’Emma était chick ou thriller, mais roman réaliste oui.
      Tu as terminé Les dieux tombés ?

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