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Découvrez une histoire contemporaine où le regard des hommes est implacable.

Camille a une double vie. Le jour, elle est secrétaire médicale. Le soir, elle est escort-girl. Deux vies que la jeune femme s’efforce de maintenir bien parallèles. Mais un jour, elles se télescopent et tout s’accélère. Camille parviendra-t-elle à faire face ? En sortira-t-elle indemne ? Consciente que sa liberté est à ce prix, saura-t-elle faire les sacrifices qui parfois s’imposent ?
Le prix à payer est une histoire sentimentale pleine d’émotions qui vous invite à ne pas juger sur les apparences.

Avis de lectrices

Un récit réaliste, une écriture fluide, une héroïne attachante, tout y est ! J'ai aimé le regard bienveillant que l'auteur porte sur le personnage de Camille et sur toutes celles qui ont fait des choix de vies similaires.
Camille
Merci pour ce voyage, qui m'a fait entrevoir le travail d'escort ; une histoire qui se termine bien, cela met du baume au coeur.
Véronique
J'ai aimé l'héroïne de ce récit qui est forte et courageuse et malgré les aléas de la vie aussi elle est très touchante. Un grand plaisir de lire la plume de l'auteur
Letichat

Trailer

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Prix : 8,00 €

Lire un extrait

Chapitre premier

Le sourire dans la glace était bien le sien.

Meg Ryan.

Tout le monde au cabinet, ses collègues, les médecins et même certains patients, disaient qu’elle lui ressemblait. À la Meg Ryan d’avant la chirurgie esthétique. À celle des comédies romantiques. À cette jolie blonde aux yeux bleus et aux traits fins qui dégageait à l’écran une certaine fragilité, une vulnérabilité aussi et beaucoup de douceur.

En soi, être comparée à une actrice américaine était plutôt flatteur, et Camille accueillait toujours la remarque avec le sourire.

S’ils savaient qu’à l’image de Meg Ryan, elle aussi était actrice, une bonne, une très bonne actrice même…

Camille termina de s’apprêter puis elle se regarda une dernière fois dans la glace, étudiant son look impeccable, mais sexy, son chemisier cintré rose fuchsia, son jean moulant noir qui lui faisait une silhouette de rêve et ses jolis escarpins à talon. Elle retira ensuite de son sac à main son badge professionnel et y mit à la place son tube de rouge à lèvres, un paquet de lingettes intimes et une boîte de préservatifs.

Cette fois c’était bon, elle était prête.

Un ultime coup d’œil dans le petit miroir devant sa porte d’entrée pour répondre au sourire charmeur de Meg Ryan, puis elle sortit de son appartement et descendit au parking récupérer son Nissan Juke d’un beau rouge vif. 

Depuis plusieurs mois, cette voiture lui coûtait un bras. Entre les traites mensuelles du crédit, l’essence et les séjours au garage, il pesait lourdement sur son budget, et sur sa vie. Elle aurait pu le revendre bien sûr et acheter un autre véhicule d’occasion beaucoup moins cher, mais elle n’avait jamais pu s’y résoudre. Dès qu’elle l’avait vu chez le concessionnaire, elle avait eu un coup de foudre pour son design si atypique et sa couleur flamboyante. Elle l’avait voulu dès le premier regard. Et de toutes les manières, l’argent qu’elle aurait économisé n’aurait jamais suffi à rembourser ses crédits. Dans ces conditions, autant se faire plaisir.

Lorsqu’elle pressa le bouton sur la clef, les phares du Juke s’allumèrent comme pour lui dire bonsoir. Camille grimpa aussitôt à l’intérieur et mit en marche l’autoradio ; les Quatre Saisons retentirent bientôt dans l’habitacle et l’accompagnèrent tout le long de son trajet jusqu’à Magny-le-Hongre et la très belle villa d’Éric.

Elle connaissait Éric depuis quatre mois, depuis qu’il l’avait contactée et qu’elle avait accepté de le voir. Éric avait quarante-cinq ans et était président et actionnaire principal d’une entreprise située à Torcy qui fabriquait des pièces destinées à l’aéronautique. Lorsqu’elle l’avait rencontré, il venait de divorcer. Sa femme, sans travail, avait récupéré leur appartement cossu du huitième arrondissement de la capitale et un énorme chèque à six chiffres. Impitoyable en affaires, Éric avait fait preuve d’élégance tout au long de la procédure, acceptant de perdre, en même temps que son épouse, une partie de ses biens, préférant lui céder et se racheter une jolie maison d’architecte dans l’une des villes nouvelles de Marne-la-Vallée, en Seine et Marne. Plutôt que d’entamer un combat long et largement perdu d’avance.

Camille se remémora la première fois où ils s’étaient vus. Encore inexpérimentée, encore vulnérable, elle lui avait proposé un verre dans un bar à l’ambiance agréable. Ils y étaient restés quarante-cinq minutes à discuter de tout et de rien, à faire connaissance, à s’appréhender. Puis Éric l’avait emmené chez lui. Il avait pris sa douche puis ils avaient couché ensemble. Il avait été exigeant, mais tendre et l’avait rappelée un autre soir, puis un autre. Et encore un autre. En quelques soirs seulement, Éric était devenu un personnage central de sa vie nocturne.

Comme à son habitude, il l’accueillit sur le pas de sa porte, une rose rouge dépourvue d’épines à la main.

— Bonsoir Camille.

Camille accepta la fleur et le baiser dans le cou.

— Bonsoir.

En suivant ce qui était devenu leur rituel, Éric lui prit la main et après avoir refermé sa porte d’entrée, la conduisit dans le salon. Au pied d’un superbe canapé en cuir blanc cassé, sur une petite table basse, un seau à champagne, un magnum hors de prix et deux flûtes attendaient sagement.

Camille ne perdit pas de temps. Pendant qu’Éric sablait le champagne, elle déboutonna son chemisier et le laissa glisser à terre. Puis elle passa la rose dans l’armature de son soutien-gorge et tira sur la tige jusqu’à n’avoir que la fleur entre les seins.

Du coin de l’œil, elle vit Éric l’observer. Alors, avec une lenteur et une sensualité parfaitement étudiées, elle retira son jean pour ne rester qu’en fine lingerie.

— Toujours aussi superbe, commenta ce dernier en lui adressant un regard approbateur. Un nouvel ensemble ?

— Oui, sourit Camille pendant qu’il s’asseyait sur le canapé et ouvrait grand les jambes. Il te plaît ?

— J’aime beaucoup ce violet foncé. Il te rend terriblement sexy. 

Il lui tendit une flûte de champagne pour lui permettre de trinquer avec lui ; aussitôt après, Camille s’installa entre ses jambes et s’attaqua à sa braguette.

Elle sentit ses doigts s’enfoncer dans ses cheveux, la pression de sa main derrière sa tête et guetta ses premiers râles. Puis elle leva les yeux vers lui pour observer le plaisir qu’il prenait, le plaisir qu’elle lui donnait.

Elle ne s’était jamais imaginé pouvoir faire autant d’effet à un homme. À vingt-six ans, elle n’avait pas connu grand-chose de l’amour, ni surtout du sexe. Elle pouvait compter ses petits amis sur les doigts d’une seule main. Sa dernière relation en date, celle avec Damien, avait certes duré quatre années, mais pendant tout ce temps, leurs rapports intimes n’avaient été que très banals. Obsédé par le jeu, les paris sportifs et le poker, Damien avait passé plus d’heures devant son écran d’ordinateur qu’au lit avec elle. Et lorsqu’il montait se coucher, à une heure fort avancée de la nuit, il était si épuisé qu’il s’endormait aussitôt. Autant dire que dans ces conditions, leurs rapports physiques s’en étaient trouvés réduits au strict minimum, et que là aussi, Camille aurait pu compter sur les doigts d’une seule main le nombre de fois où, par mois, il lui avait fait l’amour.

Contrainte de développer rapidement ses connaissances dans un domaine qui lui était pour ainsi dire totalement étranger, la jeune femme avait puisé sur Internet et dans les livres, la connaissance qui lui avait fait défaut. Et en quelques semaines, elle était devenue cette femme diablement sexy, capable de procurer du plaisir et de faire jouir un homme sans poser une seule main sur lui.

— Camille, soupira Éric en accentuant la pression de sa main derrière sa nuque.

Camille sut qu’il était prêt. Alors, tout doucement, elle se dégagea et offrit la rose rouge à sa jouissance.

Puis elle posa la fleur dans le seau à champagne, et s’installa sur le canapé à côté de lui.

— C’était vraiment bon, murmura Éric d’une voix un peu alanguie, une main sur sa cuisse. J’ai adoré.

La jeune femme se contenta de lui sourire. Il disait la même chose à chaque fois.

— Comment s’est passée ta journée ? lui demanda-t-elle alors qu’il la caressait un peu distraitement.

Le travail. L’un des sujets de conversation préférés d’Éric. Le poste qu’il occupait était stressant et chronophage, mais il le passionnait et, Camille l’avait bien compris, il adorait en parler.

— J’ai des problèmes avec un sous-traitant. Il a fait n’importe quoi si bien qu’une grosse partie de ma marchandise est impropre. Il va falloir tout refaire.

— Hum. Tes commandes seront-elles honorées dans les délais ?

Un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres tandis qu’il l’allongeait sur son canapé.

— Tu me connais. Nous y passerons le temps qu’il faudra, nous dépenserons ce qu’il faudra, mais nous aurons ces fichues pièces à temps. Je ne vais pas laisser un microbe planter un contrat de plusieurs millions.

Le corps de Camille eut un léger soubresaut lorsqu’elle le sentit enfoncer ses doigts en elle.

— C’est toi le plus fort, pas vrai ? souffla-t-elle.

Éric riva ses yeux assombris par un désir primal aux siens.

— C’est moi le plus fort, confirma-t-il en déroulant un préservatif. Tu me fais du bien, Camille. Tu le sais n’est-ce pas ? Tu es si belle. Si excitante. J’aime tellement te posséder…

Camille ne le quitta pas des yeux tandis qu’il la pénétrait d’abord doucement, puis d’un coup sec. Gentiment, elle l’attira contre sa poitrine et répondit par des gémissements et des petits soupirs aux coups de reins de plus en plus violents qu’il lui assenait.

Soudain elle l’entendit pousser un cri rauque avant de le voir retomber pantelant, le visage sur sa poitrine. Elle sentit son souffle rapide et chaud sur sa peau et malgré elle, elle grimaça. Elle avait encore du mal à tout accepter.

Mais à la seconde où elle vit Éric lever son visage vers le sien, elle se para d’un masque impénétrable et le gratifia de son plus beau sourire de façade. Une très bonne actrice, comme Meg Ryan.

— Ma belle Camille, susurra Éric, l’œil brillant, lascif. Il se releva et, en gentleman qu’il était, lui offrit la main pour l’aider à se redresser. Veux-tu encore du champagne ?

Camille accepta en lui souriant avec quelque chose qui ressemblait à de la bienveillance.

— Tu mériterais de te retrouver une femme Éric, ou une maîtresse. Quelqu’un que tu n’aurais pas à payer. Tu as tout pour toi.

Éric lui tendit sa flûte et s’assit à côté d’elle.

— Tu ne veux plus de moi ?

À ces mots la jeune femme osa un éclat de rire.

— Tu es mon client préféré, et de loin. C’est juste… Enfin, tu n’as pas besoin de payer pour avoir le peu que je t’offre. Je suis persuadée qu’il y a dehors une femme qui serait enchantée de te l’offrir, et par amour.

— Tu ne me coûtes pas si cher. J’ai été marié cinq ans avec une femme qui m’a coûté beaucoup plus et qui, en retour, ne m’a rien donné. Je préfère passer une soirée comme celle-là, avec quelqu’un comme toi, plutôt que de m’entendre reprocher sans arrêt que je suis absent. Oui je travaille énormément et oui, j’aime le golf. Ce sont les deux plus grandes passions de ma vie. J’aime le sexe aussi, mais je n’aime pas les contraintes qui vont avec une femme ou une maîtresse. J’ai déjà donné et cela ne m’a mené nulle part. Je ne veux plus avoir de compte à rendre. Je ne veux plus encombrer mon cerveau déjà bien rempli, de tracasseries de ce genre. C’est terminé. Je n’ai déjà pas beaucoup de temps à consacrer au plaisir, si en plus celui-ci doit être gâché en querelles stériles, je préfère passer mon tour. 

— Toutes les femmes ne sont pas forcément comme ton ex.

Éric haussa les épaules.

— Pour être franc, je n’ai ni le temps ni le désir de chercher, de séduire, et d’entretenir une flamme qui tôt ou tard vacillera quand même. Venir en troisième position n’est pas très gratifiant, je le sais bien, et comme cela n’est pas prêt de changer… Ce que je vis avec toi deux fois par semaine me convient parfaitement, assura encore Éric en enroulant un doigt dans les boucles blondes de la jeune femme. J’ai d’ailleurs une proposition à te faire.

— Camille posa sa tête contre son torse. Il passa un bras derrière son épaule pour l’attirer à lui, et guida sa main vers son entrejambe.

— Je t’écoute, murmura-t-elle tout en suivant la cadence qu’il imprimait à son mouvement.

Elle vit se caler dans le canapé pour se détendre et savourer ses caresses.

— Je vais aller au Texas dans quelques semaines avec plusieurs copains de golf. Nous faisons ça plusieurs fois par an. Nous nous retrouvons pour une semaine ou un week-end pour nous amuser, nous défier et assister à des évènements sportifs. Ce sont les seules fois où je ne suis pas dans mon entreprise et où je peux enfin en profiter un peu. Je voudrais que tu viennes avec moi.

Sous l’effet de la surprise, Camille se redressa, délaissant ses caresses. Presque aussitôt il grogna sa désapprobation et l’obligea à reprendre.

— Tu veux que je vienne avec toi au Texas ? Combien de temps ?

— Une semaine… C’est ça… C’est très bien ce que tu fais là, surtout continue.

Camille essaya de se concentrer sur sa main qui l’enserrait avec vigueur, mais elle avait du mal tant ce qu’il venait de lui annoncer la déstabilisait.

— Éric, commença-t-elle. Je suis flattée que tu aies envie de m’emmener en Amérique, mais je n’ai jamais été aussi longtemps avec un client. Enfin, je veux dire… Ce serait une première.

Éric caressa ses lèvres avec une grande douceur.

— Pour moi aussi. Mais j’apprécie beaucoup ta compagnie, dans nos moments coquins comme dans nos instants de discussion. Tu es intelligente, élégante, et pour ce que j’en ai vu, cultivée. Tu ne détonnerais pas parmi les compagnes de mes amis, ou alors si, mais parce que tu serais mieux qu’elles. Ce séjour est le premier break réel depuis mon divorce et j’ai très envie d’en profiter pleinement. Je te veux rien qu’à moi pendant sept jours. Est-ce envisageable ?

— J’ai un travail, un travail à plein temps, tu le sais. Je suis secrétaire médicale.

— N’as-tu pas des vacances ? Des jours de congé à solder ?

— Si j’ai des vacances bien sûr.

Camille vit son visage se tordre, entendit son souffle s’accélérer. Elle interrompit la discussion pour le laisser se consacrer exclusivement à son corps et aux sensations qu’il éprouvait.

Lorsqu’il se relâcha, elle attrapa la serviette rouge bordeaux sur la table basse et l’essuya.

— Une semaine serait hors de prix, observa-t-elle en lui adressant son plus beau sourire, celui qui le faisait fondre. Même pour toi.

— J’ai joui trois fois en une heure et quart grâce à toi, et j’ai fait le vide dans ma tête. C’était bon, vraiment. Alors si tu veux m’accompagner au Texas, ton prix sera le mien, décida Éric en trempant ses lèvres dans le champagne. L’argent n’est pas un problème.

Une heure et quart. Il lui restait donc encore un quart d’heure. Camille enfouit sa tête dans son cou et embrassa sa peau parfumée par une eau de toilette très chère. Elle passa ensuite un genou de chaque côté de ses jambes et s’assit sur lui pour le laisser jouer un moment avec sa poitrine, ses fesses, et son intimité.

— Réfléchis d’accord ? insista Éric en la pénétrant une dernière fois de ses doigts.

Pour lui, elle se cambra en arrière, offrant à sa vue son ventre plat, en profitant pour jeter un coup d’œil à la pendule murale dans l’entrée. Cette fois c’était bien l’heure.

Sans donner l’impression de se précipiter, Camille tendit le bras vers sa chemise et s’en empara. Puis, toujours sur lui, elle la reboutonna ; Éric comprit immédiatement le signal. Il embrassa une dernière fois ses tétons avant de la libérer et de la laisser se rhabiller tranquillement.

— Je vais y réfléchir, formula la jeune femme tandis qu’elle rassemblait ses affaires.

Elle savait qu’elle allait dire oui, l’opportunité de gagner beaucoup d’argent, pour elle qui en avait si cruellement besoin, était trop belle. Elle n’aimait pas ce qu’elle faisait, elle n’aimait pas non plus Éric, mais les instants passés avec lui n’étaient pas si pénibles que cela ou du moins ils l’étaient moins que certains moments passés avec d’autres clients.

— Réfléchis ma belle d’accord, réitéra Éric en lui tendant des billets de cinquante euros. Et donne-moi ta réponse.

Camille profita de ce qu’il lui tourna le dos pour compter scrupuleusement son argent.

— En quel honneur les cinquante de plus ?

— Tu as été très, très bonne ce soir, et cet ensemble violet est vraiment chouette.

Elle ne répondit pas. Comme s’ils étaient un vieux couple, elle passa un bras autour de sa taille et se laissa escorter jusqu’à sa porte d’entrée. 

— Fais attention sur la route… On se voit jeudi ?

— Oui, jeudi. Bonne chance avec tes sous-traitants.

— Et toi avec tes patients impatients et tes médecins stressés.

— Ils se gèrent, assura Camille avec un joli sourire, un de ceux que Meg Ryan avait dû offrir à Tom Hanks pour le séduire. L’effet fut immédiat. La flamme se ralluma dans les yeux noisette d’Éric.

— Je te veux avec moi au Texas ma belle. Je veux te voir danser la country en string et Santiags et pouvoir accrocher des billets de cent euros sur tes jolies fesses.

Malgré elle, Camille éclata de rire, mais comme tout le reste de sa personne, ce rire était élégant.

— Je te tiens au courant, promit-elle en lui offrant sa joue pour un dernier baiser.

Sur le chemin du retour, elle calcula combien elle pourrait demander pour une telle prestation. Lentement un sourire s’étira sur ses lèvres. Avec une somme pareille, elle pourrait rembourser au moins l’un de ses crédits. Elle n’en aurait pas assez pour arrêter de monnayer son temps et son corps contre de l’argent, mais c’était un pas de plus dans la bonne direction se dit-elle en garant sa voiture au parking. Elle avait tout de même eu de la chance de rencontrer un homme comme lui, à la fois seul, riche, propre et bien élevé.

Alors qu’elle fonçait sous la douche, elle repensa à sa proposition. Qui pourrait refuser un séjour tout frais payé au Texas ? Quelle personne dans sa position, pouvait se permettre d’envisager même le refus ? C’eut été stupide d’autant qu’il y avait plusieurs milliers d’euros à la clef et que la seule contrepartie était de passer du temps, quelques moments intimes, avec un homme qui jusqu’à présent avait respecté chacune de ses règles : la protection systématique, uniquement les actes qu’elle lui avait listés lors de leur premier rendez-vous, et aucun baiser sur la bouche.