Quel rôle pour l’écrivain dans notre société ?

Je ne sais pas si c’est une bonne idée que de parler de ça, seulement c’est quelque chose qui ne me laisse pas insensible, alors, tant pis, j’en prends le risque.

Est-ce que dans nos romans, les héroïnes de couleur sont assez présentes ? Dans nos romances ? Nos comédies ? Nos policiers ?⁠

⁠Est-ce qu’elles ont le premier rôle ? ⁠

⁠A la lumière des événements qui agitent les Etats-Unis et le reste du monde, je me suis posé la question.⁠

Et j’ai regardé de mon côté (il est toujours bon de balayer d’abord devant sa porte).⁠

⁠Dans ma collection de roman Une femme, un destin, j’ai 15 héroïnes.⁠

Malia et Tessa sont les seules à la peau noire.⁠

⁠2 sur 15⁠. Certains trouveront que c’est peu, d’autres diront que c’est déjà ça.⁠

⁠Je ne sais pas.⁠

En tant que romancière, j’ai comme principale mission de vous divertir, de vous offrir un moment d’émotion et d’évasion. Je ne suis pas là pour faire de la politique ou donner des leçons.

En même temps, l’écriture est un moyen pour moi de faire passer des messages et des valeurs qui sont les miennes : l’amour, la solidarité, la tolérance, le respect et la résilience. A ma manière, en faisant vivre à mes héroïnes des situations parfois très douloureuses dont elles sortent grandies, j’essaie d’apporter ma petite part d’humanité au grand tout qu’est le monde dans lequel nous vivons. ⁠

Ecrire une oeuvre de fiction est avant toute chose un travail de l’esprit. C’est une création originale. Néanmoins, qu’on le veuille ou non, elle est calibrée pour un certain public. Une fan de policier n’aimerait pas qu’il n’y ait aucun crime dans son bouquin. Une addict de romance serait dépitée si l’histoire d’amour se terminait mal.

Mais que l’héroïne soit Back, Blanche ou Beurette y changerait-il quelque chose ? Les émotions ressenties ou transmises seraient-elles différentes ?

Je ne le crois pas. Reste que souvent, en tant que lectrice, on a tendance à s’identifier, à se projeter. Ce n’est pas forcément intentionnel, après tout, c’est un des rôles de la lecture que de nous faire vivre mille et une vies (pour paraphraser Georges RR Martin et sa célèbre phrase Un lecteur vit mille vies avant de mourir).

Du coup, en tant que lectrice, pourrais-je de prime abord m’identifier à une Océane Rose (avec ou sans handicap) ou une Tessa même si je n’ai pas la peau noire ? Pas sûr du tout. Nous avons tous ce biais qui nous pousse à aller d’abord vers ce qui nous ressemble ou nous sommes plus familier.

Pourrais-je en revanche faire abstraction de son apparence pour ne suivre que la femme et ses aventures ? Pleurer ou vibrer avec elle ? Carrément.

Alors, devrais-je en faire plus ? Mettre à l’honneur davantage d’héroïnes issues, pour être politiquement correcte, de la diversité ? Qu’en pensez-vous ?

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