Quelques erreurs communes sur le chemin de l’autoédition

L’autoédition a le vent en poupe et chaque jour, de nouveaux titres sont publiés sur KDP. Mais il y a des erreurs qui se retrouvent dans le parcours de beaucoup d’indés, des erreurs qui parfois, leur sont fatales.

J’ai choisi de vous en présenter 5 parmi celles que j’ai moi-même commises. Peut-être trouveront-elles un échos chez vous ?

Penser que publier est suffisant.

erreurs commises par les autoédités

J’avoue avoir commis cette erreur au tout début de mon aventure KDP. J’ignorais tout (mais vraiment tout) et pensais naïvement qu’en publiant Le choix de sa vie, j’avais fait le plus gros. Je croyais que les gens découvriraient mon livre naturellement et que ça marcherait tout seul.

Il est évident que si les choses étaient aussi simples, personne n’aurait de problème de visibilité sur Amazon. Tout le monde trouverait son public de lecteurs et chacun serait satisfait.

Il m’aura fallu du temps pour comprendre qu’en tant qu’indépendante, il me revenait de faire ce qu’il fallait pour que mon livre soit vu, et lu. Je ne pouvais pas me contenter d’écrire. J’aimerais oui, parce que le marketing, la promotion, ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas mon truc, mais sans ça, rien ne se passe. La chance n’est pas un élément qui doit être pris en compte. Le hasard non plus.

Ne considérez donc pas que vous avez fait votre boulot à la seconde où votre bébé est en ligne, et en vente. Ou sinon, attendez-vous à avoir une mauvaise surprise, comme un tableau des ventes et de redevances dramatiquement plat.

Alors non : publier ne suffit pas !

Penser que vous pouvez tout faire seuls.

Cela aussi, je l’ai longtemps cru.  Et pour cause ! Jusqu’à une raison d’espérer j’ai pratiquement tout fait seule : écriture, réécriture, correction, couverture, site internet… par moment j’ai eu de l’aide, en particulier pour les couvertures, mais globalement, je m’y suis employée seule.

Je ne vais donc pas vous dire que c’est impossible. Je vous dirais en revanche que c’est une erreur. Personne ne peut être bon dans tous les domaines. Toucher à tout, même si ça dépanne, finit souvent par rimer avec exceller en rien.

Évidemment vous pouvez écrire et vous relire sans avoir besoin de personne mais alors vous vous exposez à deux sortes de problèmes :

  1. vous ne voyez plus les fautes parce que vous connaissez tellement votre histoire que vous sautez des mots en vous relisant ;
  2. vous n’avez ni le recul ni l’objectivité nécessaire pour savoir si vraiment ce que vous avez écrit tient la route.

Une raison d’espérer a été relu par une personne qui l’a jugé et commenté sans concession. Au début cela m’a ébranlée, m’a même mis un coup au moral, après tout c’était mon bébé, et je le pensais presque parfait, aujourd’hui pourtant, je sais que je lui en serai éternellement reconnaissante.

Vous faire relire par les autres, rémunérer quelqu’un pour qu’il vous corrige ou fasse la couverture de votre livre… faire entrer les autres dans votre petite bulle n’est pas un aveu de faiblesse comme je le pensais. C’est plutôt approcher votre activité d’auteur autoédité de manière professionnelle et donner à votre livre bien plus de chance de réussir à percer et à plaire.

Avoir des attentes peu raisonnables.

erreurs commises par les autoédités

Eh oui, ce n’est pas parce que vous avez fait tout le boulot et que vous l’avez bien fait que vous serez numéro 1 du top 100 et  attirerez tous les regards. Ne vous attendez pas à ce que tout à coup les plus grosses maisons d’édition frappent à votre porte et vous offrent le contrat d’édition dont vous rêviez. Ne croyez pas non plus que votre livre va vous rapporter tellement d’argent que demain vous pourrez démissionner et ne plus vous consacrer qu’à cela.

Cela arrive mais c’est comme pour tout : beaucoup d’appelés pour très (très) peu d’élus.

Vous avez le droit de viser la lune et de tout faire pour l’atteindre, mais réalisez que cela ne se fera pas en un jour. Ayez aussi conscience de ce que le monde de l’autoédition n’est pas celui dans lequel (toujours à quelques exceptions près) vous pourrez faire fortune.

Garder les pieds sur terre est primordial, tout comme être patient, lucide, et persévérant.

Soyez raisonnables dans vos attentes, fixez-vous des paliers et faites les évoluer en même temps que vos objectifs sont atteints.

Se fondre dans la masse plutôt que marquer sa différence.

erreurs commises par les autoédités

C’est vrai. Que vous écriviez de la non-fiction et plus encore (surtout) de la fiction, il faut se rappeler que les lecteurs ont déjà lu un tas de livres traitant du même sujet.

Une histoire de vampires ? Une romance contemporaine ? Une aventure extra-terrestre ? Quoi que vous ayez écrit, il est peu probable que vous soyez le seul à l’avoir fait. Du coup, quel serait l’intérêt pour le lecteur de vous lire ? Si vous ne répondez pas à cette question d’emblée,  il va se dire « oh c’est comme Twilight » et passera son chemin.

En revanche, si vous mettez l’accent sur ce qui distingue votre histoire, ce qui la rend différente, plus attrayante ou originale, sa curiosité sera piquée. Vouloir faire « comme » en pensant que parce que ce livre a marché, le vôtre marchera aussi, est une stratégie mais pas nécessairement payante.

C’est votre voix qui importe, ce que vous apportez de spécial. Une dark romance ? Du BDSM ? Depuis le succès de Fifty shades, ce genre littéraire a le vent en poupe et forcément, nombreux sont ceux qui se précipitent dans cette direction. Payant ? A court terme peut-être. A long terme, les pâles imitations sont rarement saluées. Rien ne vous empêche de surfer sur les vagues, mais sachez mettre en évidence ce qui vous diffère de l’original et vous rend, à votre tour, original.

J’écris de la romance, une catégorie hyper compétitive. Ma différence ? Mes héroïnes sont des femmes placées dans des situations pas toujours évidentes et peu traitées en littérature contemporaine (alcoolisme, sortie de prison, violences etc).

Ne pas croire en soi.

erreurs commises par les autoédités

Je pourrais écrire un roman (!) là-dessus.

Croire en soi est le nerf de la guerre si je puis dire. Si vous ne croyez ni en vous, ni en votre livre, où pensez-vous trouver la force de le lire, de le relire, de le corriger pour la énième fois ? Où vous imaginez-vous puiser les ressources pour aligner les mots, les phrases et tendre peu à peu vers le mot FIN ? Même si vous êtes entouré, chaque jour encouragé, c’est de vous que tout doit partir. C’est vous qui donnez l’élan et le tempo. Vous qui endurez, souffrez, vous épuisez parfois. Qui envisagez de baisser les bras parce que vous rencontrez des obstacles qui vous semblent insurmontables. Vous qui tentez, expérimentez, chercher à ouvrir les portes, ou passer par les fenêtres. Si vous vous en pensez incapables, la probabilité que vous abandonniez en chemin est grande.

Songez que ce que vous faites, des milliers d’autres le font chaque jour. Si vous voulez être de ceux qui franchissent les étapes, et atteignent la ligne d’arrivée, alors vous aussi, croyez en vous.

L’aventure de l’autoédition est longue, pénible, exigeante, parfois décourageante… soyez préparés. Mentalement, soyez prêts.

Nous faisons tous des erreurs. Elles nous aident à avancer et à progresser. Elles servent aussi à tester notre résistance et nos motivations. En commettre n’est donc pas une mauvaise chose. Apprendre de celles des autres non plus… pourvu que dans les deux cas, nous sachions en tirer les leçons.

Apprend des erreurs des autres. Tu ne peux vivre assez longtemps pour toutes les faire toi-même.

Eleanor Roosevelt

 

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

cinq × un =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.