Elle ne jure que par l’alcool, mais jusqu’à quand ? 

Lucie ne conçoit pas la vie sans un verre d'alcool. Malgré les avertissements de sa meilleure amie, elle boit plus que de raison à toute heure de la journée, et finit ses soirées dans les bras de n'importe qui. Mais Lucie s'en moque, elle est heureuse, désinhibée, et profite de la vie. Ce que la jeune femme ignore, c'est qu'elle pensait l'alcool son allié ; il va se révéler son pire ennemi.  Saura-t-elle prendre le taureau par les cornes, faire face à ses démons et remonter la pente ?

Gregory est un ancien alcoolique qui tend la main aux autres, notamment lors de réunions d’alcooliques anonymes. Il refuse cependant de s’impliquer émotionnellement avec les participants, de peur de récidiver. Mais Gregory pourra-t-il résister à la femme qui lui fera un si grand effet dès leur première rencontre ?

Dans Sans modération, Maude Perrier vous invite à toucher le fond avec une jeune femme qui se voile la face, avant de vous relever. Y résisterez-vous ?

 

Avis de lectrices

Ce que j'aime chez Maude Perrier c'est qu'on aborde toujours des sujets délicats. Dans ce livre nous faisons la connaissance de Lucie une jeune femme brillante, mais qui se voile la face fasse à son comportement.
J'ai vraiment appréciez le combat de Lucie, à lire l'histoire on a presque l'impression de lire du vécue.
Je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas vous gâché la lecture. Mais je vous le recommande 😀
Aurélie

J’aime tout ce qu’écrit cette auteur , donc j’attends avec impatience le suivant ..... merci pour ces bons moments passés en votre compagnie
Zochetto

Comme d’habitude, une histoire qui vous prends aux tripes parce qu’elle peux arriver à l'un d'entre nous. J'adore les sujets traités par Maude. Ils le sont toujours avec brio, sincérité et sensualité.
Bravo à l'auteure. Hâte de lire le prochain
Angélique

Lire un extrait

Chapitre premier

— Vous pourriez avancer vers le fond s’il vous plaît ? Il y a encore de la place.

Le dos collé à la porte du wagon, Lucie subit, impuissante, la marée humaine qui s'écrasa d'un coup sur elle.

— Pardon, s'excusa du bout des lèvres un adolescent en la regardant à peine, alors que son sac à dos venait de lui comprimer la poitrine.

Lucie lui tapota l'épaule pour l'obliger à la regarder. Il abaissa son énorme casque audio et la regarda, l'air bourru, mal réveillé.

— Si vous n’aviez pas eu la flemme de poser votre sac à terre, mes seins vous en auraient été plus que reconnaissants. Votre mousqueton a réduit en charpie mon téton droit !

Dans le wagon, il y eut des pouffements, des gloussements moqueurs, et quelques rires francs. Une flambée de chaleur empourpra les joues du jeune homme qui fit aussitôt glisser son sac entre ses jambes.

Arrivée à sa station, Lucie se fraya comme elle le put un chemin pour arriver sur le quai. Au passage, quelques voyageurs lui souhaitèrent une bonne journée, et un bon rétablissement, ce qui la fit sourire. Malgré l'épreuve du métro, qui aujourd'hui s'était apparentée à un parcours du combattant, sa bonne humeur était demeurée intacte.

Elle arriva à l’agence bancaire en chantonnant, et se dirigea vers son bureau, saluant au passage ses deux collègues déjà arrivés, Guillaume et Fatou, sa meilleure amie.

— Salut ma belle.

Fatou leva les yeux de son téléphone portable pour répondre à la bise de son amie.

Hello you !

— Je vais me faire un café, et je reviens tout de suite.

— Déjà ?

— Ben oui, et j’en ai bien besoin ! Quelle horreur le métro ce matin ! Tu es passée à travers toi, moi non, en plein pendant la panne de signalisation.

Sans attendre, Lucie se pressa pour aller poser ses affaires dans le bureau voisin, avant d’aller se chercher un café. Elle retourna ensuite à son bureau, et ouvrit le dernier tiroir. D’une main avide, elle saisit la flasque à moitié pleine, et dévissa le bouchon ; quelques gouttes d'un liquide ambré coulèrent dans son gobelet de plastique. Avec sa touillette, elle mélangea le breuvage, et but aussitôt une gorgée. De plaisir, ses yeux se fermèrent.

— Bon sang ce que ça fait du bien, exhala-t-elle à haute voix.

Elle savoura en toute quiétude la moitié de son café avant d’aller retrouver Fatou.

— C’est ce midi le pot de Guillaume ?

Les yeux rivés sur son gobelet de café, Fatou hocha la tête.

— Oui.

— Tu ne veux pas qu’on aille faire quelques courses en supplément ? Histoire d’être sûres qu’il y ait assez de ravitaillement ?

Cette fois-ci, son amie croisa les bras sur sa poitrine et se cala dans son fauteuil. Elle chercha le regard doré, pour le fixer sans complaisance.

— Par ravitaillement, je suppose que tu parles de bouteilles d’alcool ?

Lucie haussa les épaules.

— Alcool, petits fours, cotillons ! On va faire la fête non ?

— C’est juste un pot Lucie, ça ne va pas prendre toute l’après-midi. On boit un verre, on lui offre sa carte cadeau et chacun retourne bosser. On ne va pas danser ni boire jusqu’à plus soif. Nous avons tous des rendez-vous après, et nos objectifs mensuels sont loin d’être atteints. Je ne sais pas toi, mais moi je rame comme une dingue pour arriver à vendre un contrat d’assurance-vie ou un livret d’épargne en ce moment.

— Normal, c'est la crise. Faut être réalistes, les gens n’ont pas un rond à mettre de côté.

Fatou grinça des dents.

— Tu expliqueras ça à Stéphane lorsque tu l’auras en face de toi pendant ton éval'.

— Pff, fut tout ce que Lucie trouva à répondre avant de terminer rapidement ce qu'elle appelait pudiquement, un café amélioré. J’irai quand même chez Nicolas ce midi, deux pauvres bouteilles de mousseux, ça ne va vraiment pas le faire !

Son amie la considéra avec un mélange d'agacement et d’inquiétude, mais elle ne pipa mot.

Pour affronter son premier rendez-vous de la matinée, un nouveau client qui venait de changer de banque, Lucie se servit un second café amélioré. Ensuite, elle alla le chercher à l'accueil, un sourire éclatant sur les lèvres. Lorsqu'il la vit arriver, l'homme sauta sur ses pieds, et la détailla sans se cacher. Consciente qu'avec son mètre soixante-dix, son visage aux traits réguliers encadré par un dégradé de cheveux châtains, ses yeux dorés, et sa silhouette qu'un tailleur-pantalon très ajusté mettait en valeur, elle était à son avantage, Lucie le laissa faire en continuant de sourire.

— Monsieur Chômet ? Bienvenu chez Omega Banque. Bienvenu chez vous.

C’était le slogan de la banque, celui que devait entendre chaque nouveau client qui franchissait le seuil de l’une de ses agences. En bonne employée, Lucie s'attacha donc à tout faire pour qu'Armand Chômet se sente à l'aise au sein de la famille Omega.

— Si vous voulez bien me suivre jusqu’à mon bureau.

Couvant du regard ses longues jambes fuselées mises en évidence par ses hauts talons, ce dernier ne se fit pas prier.

— Souhaitez-vous un café ?

Il n’en avait pas franchement envie, mais rien que pour la voir le lui apporter, il opina.

— S’il vous plaît. Avec du sucre si vous avez.

— Je vous apporte ça.

Lucie l'abandonna juste le temps de sortir lui chercher son café, et de le lui apporter.

— Votre accueil est bien meilleur que celui des autres banques, observa alors Armand Chômet en ne la lâchant pas des yeux. D’ordinaire on vous propose un peu d’eau, et on vous reçoit dans un espace ouvert où la confidentialité n’est matérialisée que par un paravent…

Consciente de lui faire de l'effet, Lucie n'hésita pas à en jouer. S’il fallait user de son sourire et battre des cils pour lui faire ouvrir un compte ou souscrire un contrat d’assurance-vie, elle était toute disposée à le faire, sans l'ombre d'un scrupule.

— La banque Omega n’est pas une banque comme les autres. Elle a moins de clients, mais chacun d’entre eux est particulier. Nous nous faisons le devoir de les chouchouter au-delà de leurs espérances. C’est là notre différence. Vous n'êtes pas qu'un numéro de compte, ou de contrat.

— J'espère être bien plus que ça en effet. Je déteste n'être qu'un numéro observa son vis-à-vis, volontairement tendancieux.

Lucie se contenta de lui sourire de plus belle.

— Votre sourire est magnifique s'enhardit-il aussitôt.

Cette fois, Lucie eut un petit rire gêné.

— Je vous en remercie.

— Mon ancien conseiller était un type déprimé et déprimant. Comprenez que je trouve ce changement des plus sympathiques.

— Vous allez finir par me faire rougir, Monsieur Chômet, ce n’est pas très gentil.

— Pardonnez-moi, lui retourna-t-il, le regard charmeur.

Lucie le laissa encore un peu planer sur son petit nuage, puis, avec beaucoup de subtilité, elle entra dans le vif du sujet. Elle lui exposa les avantages d’une banque comme Omega, et lui présenta la gamme de produits qui, du moins le pensait-elle, pourrait l'intéresser.

— Si vous regardez les performances de nos contrats d’assurance-vie, surtout ceux avec l’option agressive, il n’y a pas photo je pense. Nous sommes parmi les plus performants du marché.

— En effet, reconnut Armand Chômet, les yeux braqués sur le comparatif qu’elle lui avait glissé sous le nez. Il resta un moment à l’étudier, puis il leva les yeux vers elle.

Son expression se fit amusée.

— Qui vous dit qu’un produit agressif me tenterait davantage qu’un produit sécuritaire ?

Il semblait vouloir jouer l’ambiguïté, peut-être pour la déstabiliser, mais Lucie ne perdit pas pied. Rompue à cet exercice depuis cinq ans, elle n’était pas aussi facilement impressionnable.

— Vous êtes à la tête d'une start-up très rentable, qui conçoit des applications pour téléphones et tablettes, et vous avez à peine trente ans si ma mémoire est bonne. Cela démontre de l’ambition, et de la prise de risques. De plus, votre portefeuille de titres est composé pour une grande partie de valeurs spéculatives. Et je ne parle ni de vos warrants ni de vos turbos. Vous êtes un investisseur agressif et vous êtes un preneur de risques.

Armand Chômet était impressionné, et ne manqua pas de le lui montrer.

— Bravo, vous avez fait correctement vos devoirs.

— Je fais toujours correctement mes devoirs, en particulier lorsque les sommes en jeu sont conséquentes confirma Lucie, pas peu fière d'elle.

— En quoi une assurance-vie à support en actions serait un plus pour moi ? J’ai déjà un gros portefeuille boursier.

— C’est vrai, mais il y a peu de valeurs étrangères. Un support axé sur une zone géographique en particulier, l’Asie, ou l’Afrique, peut-être même le Moyen-Orient, pourrait s’avérer très intéressant.

— J’en conviens. Ce sont des zones qui m'ont toujours fait de l'œil. Vous vous y connaissez dans ce domaine ?

Lucie secoua la tête sans se départir de son sourire commercial.

— Nous avons des gestionnaires spécialisés, les plus à même d’intervenir à votre place sur ses marchés. Je suis votre interlocutrice principale, mais je ne gère pas cette partie-là.

— Dommage… Enfin, tant que je n'ai de rapport qu'avec vous, et pas avec une dizaine d'autres services, cela me convient. Avez-vous une brochure ?

— Je peux vous donner bien plus qu’une brochure. Je peux vous ouvrir immédiatement une assurance-vie, et vous laisser le choix entre nos différentes formules. Lorsque vous aurez décidé, vous reviendrez me voir pour que nous finalisions l’ensemble. Je vais aussi vous sortir la convention de compte. Elle regroupe plusieurs prestations, dont la surveillance de votre compte courant, et un moyen de paiement à tarif privilégié. Elle vous permet aussi de cumuler des points échangeables contre des cadeaux.

— Des parapluies ou des tire-bouchons estampillés Omega ?

Lucie leva un sourcil un peu espiègle.

— C'est toujours pratique un tire-bouchon. On a toujours quelque chose à fêter non ? Ceci dit nos petits cadeaux sont un peu plus sympas que ça.

Son interlocuteur la considéra presque béatement.

— OK je suis convaincu. Je signe la convention et la carte avec les points. Et je réfléchis pour l'assurance-vie. On fait comme ça ?

— On fait comme ça.

Lorsqu'il se leva, Lucie l'imita et le reconduisit jusqu'à l'entrée de l'agence, où elle le remercia d'une poignée de main ferme. Armand Chômet garda sa main emprisonnée dans la sienne quelques brèves secondes supplémentaires, avant de disparaître dans la rue.

— Yesss, s'écria aussitôt la jeune femme en serrant le poing.

— Il a l'air cool celui-là, observa Béatrice, la chargée d'accueil. Et pas mal en plus.

— Il me mange déjà dans la main en tous les cas.

— J'ai vu ça…

Très satisfaite, Lucie retourna à son bureau, et prit la bouteille dans son tiroir pour se désaltérer. Un sentiment de complète euphorie et d'invincibilité l'enveloppa. Tout de suite ? Elle aurait pu convaincre n'importe qui de souscrire à un de ses contrats. Elle aurait pu en vendre deux peut-être trois à la même personne.

SANS MODERATION

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