Une seconde chance

Elle pensait que l’enfer était en prison, elle découvre vite qu’il est aussi à l’extérieur. 

Après des mois derrière les barreaux, Christelle sort enfin de prison. Elle est traumatisée, brisée et dévorée par la culpabilité. De sa famille, il ne lui reste que son père, un homme amer, déçu, malheureux, qui lui tend la main parce qu’il n’a pas vraiment le choix. La cohabitation s’annonce difficile, d’autant que Christelle peine à se réinsérer.  Dos au mur, Christelle répond à une offre d’emploi de coiffeuse, et déménage dans le sud de la France.  Hélas, son passé la suit jusque là-bas...

Déterminée à se reconstruire, Christelle réussira-t-elle son pari malgré les remords et les souvenirs ? S’autorisera-t-elle à ouvrir à nouveau son cœur ?

Malgré ses erreurs passées, Christelle a-t-elle doit à une Seconde chance ?

Rémi a tout pour être heureux et réussir. Adjoint au maire de Lacourt-sur-Mer, il est charmant, séduisant et respecté de ses concitoyens. Mais il cache une blessure qui l’empêche de retenir les femmes de sa vie. Lorsqu'il rencontre Christelle, qu’il trouve bien trop discrète et effacée pour une coiffeuse, sa curiosité est éveillée, son intérêt, marqué.

Rémi percera-t-il le secret de la jeune femme ? Quelle sera sa réaction ? Les habitants de Lacourt-sur-mer accepteront-ils de côtoyer une femme qui sort de prison ?

Dans ce roman de Maude Perrier, romancière spécialisée dans la fiction contemporaine mêlant intrigue amoureuse et condition féminine, vous invite à suivre le parcours de Christelle, et à réfléchir à la notion de pardon, de droit à une seconde chance.

Avis de lectrices

Cette histoire m'a bouleverse, m'a fait verser une larme.
Très touchante cette histoire, la boule au ventre, on pense qu'elle ne sera pas surmonté son passé, mais une nouvelle vie s'ouvre à elle. Je recommande ce livre et bravo de nous faire découvrir des histoire magnifique.

Florence
J'ai beaucoup aimé. J'ai trouvé certaines scènes un peu crues, ce qui m'a semblée inutile pour ce thème. La suggestion peut faire autant d'effet. Ce livre m'a aussi fait prendre conscience de la difficulté du milieu carcéral.
J'ai pleuré aussi ! C'est un livre qui mérite sa chance et qui ne peut pas laisser indifférente

Client Amazon
Je ne saurais par où commencer tellement ce livre m'a bouleversée. Je pense même que c'est un des meilleur de l'auteur. On ressent même pas la quantité de pages tellement l'écriture est fluide et on a pas envie de le lâcher. J'en dirais pas plus. Vous pouvez foncer sans problème. Bonne lecture
Antonio

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Chapitre premier

Lorsque la porte se referma derrière elle, elle resta figée sur le trottoir, incapable de faire le moindre pas. L’angoisse, l’appréhension, la prirent à la gorge. Tournait-elle vraiment le dos à l’enfer se demanda-t-elle, ou lui faisait-elle face ? Il est derrière toi Chris, s’invectiva-t-elle en y mettant autant de conviction que possible. Le cauchemar est terminé ! Avance, fais un pas, tu es libre. Enfin, tu es libre ! Forçant son courage, Christelle traversa le trottoir et, suivant les indications écrites sur la feuille qu’elle tenait à la main, tourna à droite, en direction d’un arrêt de bus. Elle devait se rendre à la gare, et prendre un aller simple pour Reims. C’était son plan. Son seul, son unique plan. Elle ignorait l’accueil qu’elle recevrait là-bas, mais dans l’immédiat, elle n’avait aucune alternative.

Se retrouver à marcher sur le trottoir, son maigre baluchon à l’épaule, lui fit un drôle d’effet. Elle avait presque le tournis. Et tous les passants qu’elle croisait augmentaient son malaise. Ils savaient se répétait-elle sans cesse. Ils savaient d’où elle venait.

La tête baissée pour éviter d’autres regards, la jeune femme pressa le pas jusqu’à l’arrêt de bus. Lorsqu’elle y arriva, elle se mit un peu à l’écart, et fixa un point invisible droit devant elle. Elle ne vit même pas la voiture qui se garait sur l’emplacement réservé aux bus.

— Christelle !

Imperturbable, totalement perdue dans ses pensées, Christelle ne réagit pas. Ce n’est que lorsqu’elle sentit quelqu’un lui tapoter l’épaule qu’elle se retourna en sursautant.

— Ce monsieur vous klaxonne depuis une minute au moins, expliqua une femme, visiblement agacée.

Elle suivit la direction qu’elle pointait, et reconnut presque immédiatement la Ford Focus noire, ainsi que son conducteur. Ses yeux inexpressifs jusque-là, s’arrondirent de surprise.

— Papa ?

Maurice Carpentier, un sexagénaire au visage froid, aux yeux clairs, glacés, se pencha vers la vitre passager.

— Monte, ordonna-t-il sans une once de chaleur dans la voix.

Il lui fallut un instant pour comprendre. Un instant pour réaliser que son père, la dernière personne qu’elle se serait attendue à voir, avait fait deux heures de route pour venir la chercher. Ses affaires serrées contre sa poitrine, elle se pencha à son tour, et le regarda droit dans les yeux.

— Tu es sûr ?

— Monte, avant que je ne change d’avis.

Leurs regards se rencontrèrent, mais très vite, la jeune femme détourna le sien. Elle ouvrit la portière et se laissa glisser sur le fauteuil passager.

— Merci, souffla-t-elle après de longues minutes d’un silence intenable, c’est gentil à toi d’être venu me chercher.

— Je l’ai fait pour ta mère, lui retourna son père, sur un ton aussi tranchant qu’une lame. S’il n’y avait eu que moi, je t’aurais laissée te débrouiller.

Discrètement, Christelle jeta un coup d’œil au profil du retraité. Il fixait la route, la mâchoire crispée, les mains serrant si fortement le volant qu’il en avait la jointure des doigts toute blanche.

Avait-elle vraiment quitté l’enfer ? Rien n’était moins sûr…

Ils roulèrent dans un silence de plomb, que la jeune femme trouva rapidement insupportable. Pourtant, elle venait de passer seize mois dans une cellule, parfois seule, parfois en compagnie de codétenues qu’elle avait hâte d’oublier. Seize mois au milieu de la fureur, des cris, des hurlements, d’une hystérie collective. Seize mois au cours desquels elle avait chéri le moindre moment de calme, et de silence, la plus petite minute de quiétude. Mais, dans cette voiture, avec son père, elle chercha par tous les moyens à le rompre.

— Tu m’emmèneras la voir ? osa-t-elle, les yeux sur la voiture qui les précédait.

— Je t’indiquerai où elle est.

— Papa…

— Je ne veux pas parler de ça Christelle, d’accord ? Je ne veux pas te parler plutôt. Je sais que tout ce qui est arrivé n’est pas entièrement de ta faute, je le sais, mais je n’arrive pas à te pardonner. Ce que tu as fait a détruit notre famille, a détruit ta mère, m’a détruit moi… J’ai besoin de temps, de beaucoup, beaucoup de temps.

— Je suis détruite moi aussi, murmura Christelle, une larme dans la voix. J’ai tout perdu… Il ne me reste plus que toi.

Maurice quitta brièvement la route des yeux. Dans son regard bleu clair, il lut tous les sentiments qui l’habitaient, des sentiments tous plus sombres les uns que les autres.

— Je ne peux rien pour toi, décida-t-il en se concentrant à nouveau sur sa conduite. Je sais que tu es abîmée, par ce qui s’est passé et par la prison, mais pour le moment, je ne peux pas te tendre la main. C’est au-dessus de mes forces.

À ces mots, Christelle se mordit la lèvre jusqu’au sang.

— Je comprends, assura-t-elle. Cela ne fait que trois mois qu’elle est partie…

— Trois mois, six jours, et cinq heures.

— Trois mois, six jours, et cinq heures, confirma-t-elle en fermant les yeux pour se souvenir du visage de cette femme qui lui avait donné la vie. Je ne pourrai jamais me le pardonner non plus, tu sais ?

En guise de réponse, son père fit un léger signe de tête avant de se plonger dans un mutisme total, qui dura tout le reste du trajet. Renonçant à l’en sortir, Christelle cala sa nuque contre l’appui-tête de son siège, et ferma une nouvelle fois les yeux. Il y avait encore quelques heures, elle se rongeait les ongles dans une petite cellule triste, grise, dont les murs étaient couverts d’insultes, et là, elle était dans la voiture, avec son père, en route vers ce qui avait longtemps été sa maison, un petit pavillon indépendant dans l’un des quartiers les plus calmes de Reims. Elle peinait encore à le croire.

Pourtant, lorsque la porte du garage s’ouvrit, et que la Ford entra, elle comprit qu’elle n’était pas dans un rêve. Elle était bien sortie de prison.

— Tu viens ?

Le ton peu amène de son père cessa de l’émouvoir.

— J’arrive, murmura-t-elle, les yeux sur la bâtisse qui l’avait vue grandir. J’arrive… J’ai juste besoin d’un peu de temps…

— Tu n’as pas eu assez de temps quand tu étais là-bas ? Allez, dépêche-toi de rentrer à l’intérieur, je n’ai pas envie que tout le quartier sache que tu es revenue.

— Je m’en fiche complètement.

— Toi peut-être, pas moi. Et c’est moi qui vis ici, je te le rappelle.

La tête baissée, Christelle rentra dans la maison. Il y régnait un silence pesant, presque douloureux. Sans y réfléchir, elle posa ses mains sur ses oreilles, comme pour les protéger d’un bruit qui n’existait pourtant pas. Du coin de l’œil, elle vit son père secouer la tête.

— Qu’est-ce que tu as ? Pourquoi tu te couvres les oreilles comme ça ? Ma parole, tu es devenue cinglée ?

Christelle laissa aussitôt retomber ses bras le long de son corps.

— Non rassure-toi, je suis toujours normale… Enfin autant qu’on puisse l’être après seize mois passés derrière les barreaux.

Le visage marqué de son père se tordit en une moue dubitative.

— Ça ma petite…

Elle ne voulut pas entendre la suite, elle ne la connaissait que trop bien. D’un pas déterminé, elle le planta au milieu de l’entrée pour traverser le salon, et se diriger vers le jardin, derrière la maison.

Devant la grande porte-fenêtre, elle se figea. L’endroit qu’elle avait toujours connu parfaitement entretenu et très joliment fleuri, était envahi par les herbes folles ; les meubles de jardin étaient couverts de terre, souillés de fientes d’oiseaux.

— Ma pauvre maman, formula-t-elle, la gorge nouée par l’émotion.

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