Vous vous regardez dans un miroir et…

… vous vous dites quoi ?

Moi, je ne vois que mes défauts, mes imperfections. Mon nez trop gros, les poches et cernes sous mes yeux, les petits boutons… Le fond de teint apaise un peu mes tourments, mais il n’empêche : je ne suis pas devant ma glace à me sourire en me disant que je suis belle.

Peu de gens aiment les miroirs à cause de l’image qu’ils leur renvoient d’eux-mêmes.

Peu de gens s’aiment devant un miroir.

Dans mon roman Un second souffle, Rachel a un vrai problème avec ça. Elle est incapable de se regarder nue devant la glace. Elle n’a pas un souci au niveau de son nez ou de son grain de peau ni un problème de rondeurs. Elle a des cicatrices sur la poitrine et un seul sein ; l’autre lui a été retiré au cours d’une mastectomie.

Ses imperfections sont causées par la maladie. Mon nez trop gros résulte de ce que plus jeune, j’étais casse-cou et j’ai (mal) sauté d’un panneau de basket sur lequel je n’aurais jamais dû grimper. Bilan des courses : nez fêlé, trajectoire nasale légèrement déviée.

Il y a toujours une raison mais le résultat est le même : on se regarde dans le miroir, on se trouve bof, moche, indigne parfois d’amour, persuadée que le regard que les autres porteront sur nous sera forcément négatif. Les autres nous paraissent toujours plus beaux.

Et puis parfois, vous découvrez des personnes qui remettent en question vos certitudes.

Dernièrement, j’ai fait la connaissance de Lizzie Velasquez, “la femme la plus moche du monde” d’après une vidéo publiée sur YouTube. Son physique malheureux a poussé des gens, cachés derrière leur ordinateur, à suggérer qu’elle se tire une balle dans la tête. À la traiter de monstre. À fustiger sa maman de l’avoir mise au monde. À cette époque, Lizzie a 17 ans. Imaginez un peu le choc pour cette jeune femme qui en bavait déjà pas mal.

On ne va pas se mentir, ce n’est pas un canon de beauté. Elle non plus, devant sa glace, ne doit pas se trouver affriolante. En même temps, elle est atteinte d’une maladie génétique très rare qui empêche son corps de produire et d’assimiler des graisses. En gros, des jambes au visage, elle n’a que la peau sur les os (et d’autres complications).

Lizzie Velasquez vit l’épreuve au quotidien. Comme Rachel, comme vous et moi, elle n’a pas le moyen de fuir son propre corps.

Et pourtant, elle ne s’arrête pas de vivre. Figurez vous qu’elle a décidé de faire de sa faiblesse une force. Quand d’autres à sa place (moi y compris), se seraient terrées chez elle, elle, elle se montre que ce soit dans des conférences, sur YouTube, dans un film tiré de son histoire (A brave heart),ou dans des livres. Rien n’est rose pour elle, mais elle avance malgré tout, elle se donne une chance de vivre et d’inspirer les autres.

Et figurez-vous que ça fonctionne.

Sur sa chaîne YouTube, elle a 850 000 abonnés. Son parcours, ses difficultés, résonnent dans le cœur de milliers de personnes.

Lizzie Velasquez a fait un Ted Talk, Comment vous définissez vous ? qui affiche près de 10 millions de vues. Je vous partage l’un des moments forts de son intervention : ” Vais-je laisser les gens qui m’ont traitée de monstre me définir ? Vais-je laisser ceux qui ont dit “brûlez la” me définir ? Non. Je vais laisser mes objectifs, mes succès et mes réalisations me définir. Pas mon apparence extérieure.

Ça donne à réfléchir, ne trouvez-vous pas ? À voir son nez pas top, sa poitrine abîmée, son éventuel surpoids ou ses cicatrices, autrement.

Plutôt que d’en faire un handicap ou un complexe, on pourrait travailler ce qui peut s’améliorer, et accepter le reste. Nous accepter en fait, telle que nous sommes. Ce qui nous définit, est-ce vraiment notre tour de taille ou de poitrine ? La longueur de nos cheveux ? La couleur de nos yeux ? La perfection de notre visage ou de notre enveloppe corporelle ? La maladie ?

J’ai plutôt envie, comme Lizzie Velasquez de laisser mes accomplissements me définir et vivre aussi pleinement et sereinement que possible ma vie. Ne pas laisser un miroir, un jugement, une croyance, me freiner, me décourager, entamer mon moral ou mon humeur.

Rachel finira par le comprendre elle aussi.

Et vous ? Qu’en dites-vous ?

Si vous voulez visionner le Ted Talk de Lizzie Velasquez voici le lien. Il dure moins d’un quart d’heure et est sous titré en français.
Ted Talk

Si vous avez envie de découvrir le combat de Rachel contre les miroirs, c’est ici : Un Second Souffle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

14 − 6 =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.